BTP: Diminution des commandes de la part des collectivités

btpLes entreprises du secteur des travaux publics s’élèvent contre la diminution des commandes de la part des collectivités. Dans un contexte de dégradation d’infrastructures obsolètes, elles s’adressent à l’usager, considéré comme «client final».

C’est un véritable cri d’alarme qui est lancé. Sur l’une des affiches disposées aux quatre coins de Cahors, on peut lire «Sans entretien des réseaux d’eau, l’eau sera beaucoup moins courante». Une campagne de communication choc qui vise à sensibiliser le grand public. «Nous ne sommes pas entendus. Or nous parlons de quelque chose qui est à usage du plus grand nombre», justifie ainsi Thierry Le Friant, président de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP).

Le national prime sur le local

Le secteur accuse depuis longtemps une baisse de la demande en construction auprès des entreprises locales. Le constat est d’ailleurs sans appel pour Jean-Luc Séguy, directeur de l’antenne FRTP sur le Lot : «Nos élus ne nous donnent pas de travail. Ils ont peur que le local fasse un peu moins bien». En effet, si la majorité des financements de travaux publics sont dirigés vers des sociétés de notre département, c’est l’arbre cache la forêt. «La majorité des entreprises soi-disant locales sont en fait les grosses nationales qui se sont implantées. Pas les plus petites», regrette-t-il. La concurrence s’étant renforcée, la baisse des prix et l’accélération des délais de construction sont encouragées. Une situation sur laquelle ne peuvent s’aligner les entreprises lotoises.

Aussi, un autre aspect de la situation semble inquiéter les acteurs de la construction publique. Les infrastructures routières, d’eau potable et d’éclairage commencent à vieillir et se dégradent. «Entre 20 et 30 % de l’eau potable fuit dans les canalisations», alerte Thierry le Friant, tandis que le Département a diminué de 3 % la somme injectée pour l’entretien.

Peu de projets en cours

Une reprise des chantiers n’est pas à l’ordre du jour. «Avant chaque élection, nous nous attendons à un regain d’activité. Pour les dernières élections (municipales de 2014, ndlr) ce n’était pas le cas», affirme le président de la FRTP. L’ensemble des acteurs de la construction espère un étalement de la baisse des dotations, «plus que sur trois ans comme aujourd’hui», afin d’encourager les collectivités à investir. Mais aussi relancer des projets qui sont aujourd’hui lettre morte. «On vit au jour le jour. Quand j’ai besoin d’un gars, je prends un CDD de 4 à 6 mois, pas plus», soupire Jean-Luc Séguy. La reprise espérée n’est pas encore sortie de terre.


Une inquiétante perte d’activité

Le Lot ne comptait que 699 salariés dans le secteur Travaux publics au dernier trimestre 2014, un chiffre en baisse annuelle de 5 %. Dans le même temps, le nombre d’intérimaires recrutés est en hausse de 35 % par an (source : CRC- BTP). Un recours à une main d’œuvre temporaire qui illustre toute la difficulté financière des entreprises locales. De plus, sur les 14 millions d’euros d’investissement votés par le Département pour l’année en cours «on ne devrait pas dépasser les 4-5 millions» assure Christian Estève, secrétaire à la Fédération lotoise des TP. Une baisse significative de frais engagés qui s’explique par le retard et le frein mis sur les projets dans le département.