Commémoration du 21 mai 1944 à Frayssinet-le-Gélat

Commémoration du 21 mai 1944 à Frayssinet-le-Gélat

1 commentaire pour “Commémoration du 21 mai 1944 à Frayssinet-le-Gélat

  1. jevouslis
    dimanche, 14 mai 2017 à 10:30

    Avant de commettre les massacres d’Oradour sur Glane le 10 juin 1944 (642 abattus ou brûlés vifs) et de Tulle, le 9 juin (99 pendus), un groupe de SS: la 2e division SS Das Reich le 21 mai investit Fraysinet Le Gélat, trois femmes sont pendues et onze hommes fusillés, dont un instituteur qui s’était proposé d’être pris en otage en échange des autres et qui a été rajouté aux autres.
    Témoignage de Januario Fernandes, alors âgé de 15 ans:
    Le 21 mai 1944, Mon Père, manuel DA SILVA FERNANDES, m’avait donné des sous pour que j’aille chercher son tabac à Goujounac. A l’époque, il avait une carte pour son tabac.
    Avant d’aller à Goujounac avec mon copain Charles WERKMEISTER, nous sommes passés à Pomarède voir deux copines qui étaient réfugiées de Marseille.
    Elles étaient venus là pendant la guerre, car rester à Marseille devenait trop dangereux ….
    De là, nous sommes repartis vers Goujounac, nous avons acheté le tabac, bu le café. Nous avions un vélo pour deux. A la sortie de Goujounac, de suite, mon copain Charles voit la colonne des Allemads qui était là. Nous nous arrêtons de suite et je dis à mon copain : “écoute, au lieu d’aller vers eux, la meilleure solution est de faire demi-tour et de retrouner à Goujounac puis repartir plus tard à Frayssinet-le-Gélat”.
    Charles me répond : “non, ne faisons surtout pas ça, je connais bien le Allemands puisque nous sommes venus d’Alsace pour Frayssinet-le-Gélat en 1939 avec mes parents qui ne veulent pas que l’on s’occupe d’eux.”
    Nous reprenons le vélo, redescendons vers Frayssinet-le-Gélat”, mais de suite, nous nous faisons arrêter par les Allemands.
    Ils nous demandent où nous habitons. Nous leur répondons “à Frayssinet-le-Gélat”. Ils me demandent : “savez-vous s’il y a des terroristes ?”, je répond que je ne sais pas, que je peux rien dire.
    Combien de fois, j’ai pensé et pense encore aujourd’hui (j’ai 86 ans), heureusement que je ne le savais pas, j’étais si jeune et si apeuré. Les Allemands nous ont fouillé, pris le tabac, les cigarettes de mon pauvbre père, plus les quatre sous qu’il me restaient, nous ont mis en ligne avec mon copain Charles. Il y avait cinq soldats Allemands, ils nous menaçaient avec leurs fusils, j’étais en culotte courte, mon copain aussi, ils ont vu que nous étions jeunes, je me suis mis à pleurer. Ont-ils eu pitié de nous ?
    Ils nous ont laissé partir en disant “raus ! allez, partez plus bas !” Nous sommes repartis, il y avait des camions, de soldats tout le long de la route entre Goujounac et Frayssinet le Gélat, ils attendaient, nombreux. C’était toute une colonne qui était là, ils disaient des mots que je ne comprenais pas bien sûr. En arrivant à Frayssinet, devant la maison LUGAN, nous avons vu une forme enroulée dans une couverture. Les Allemands étaient là, partout dans le village, nous sommes malgré tout allés boire un coup avec mon copain Charles, au café GRATADOU sans néanmoins nous attarder.
    Mon copain Chares me dit qu’il part vers le couvent j’entend les Allemands qui lui demandent de s’arrêter, il ne le fait pas, ils tirent mais ne l’on pas eu, ni ne l’on rattrapé…
    Là, tout commence ! à droite, à gauche, les solats Allemands commencent à rassembler sur la place du village, tous les gens qui étaient là. Ils ont pris à peu près tout le monde, dans tous les coins.
    J’avais rendez-vous avec Renée VIALLARD pour garder les moutons, je la “fréquentais un petit peu” à l’époque, je suis parti sur la route de CAZALS, la rejoindre. En arrivant devant chez les CAILLAU, j’aperçois ma mère, Diamentine DA SILVA FERNANDES, entre deux soldats Allemands. Ils m’ont arrêté et nous ont refoulé tous les deux vers la place. Nous sommes arrivés au moment où d’autres soldats amenaient aussi, mon père, Manuel DA SILVA FERNANDES et la famille MUSQUI, qui revenaient de Fumel.
    Nous nous somems tous retrouvés sur la place de Frayssinet-le-Gélat.
    Les Allemands nous posaient beaucoup de questions, ont commencé à prendre des hommes qu’ils ont aligné devant la maison DELORD.
    J’étais devant, j’ai baissé la tête, je pensais qu’ils allaient me prendre, mais ils pris une autre personne derrière moi.
    En suite, ils nous ont fait rentrer dans l’église, nous, les enfants, les femmes. J’ai eu une crise de nerf, je suis tombé à terre avec tout ce que je venais d’endurer, de vivre si jeune et en si peu de temps.
    Pendant ce temps, nous entendions fusillerles innocents !une horreur, une vrai terreur !
    Longtemps après, les portes de l’église se sont ouvertes. Nous sommes partis avec les deux frères MOLINE et leur gand mère, nous étions quatre, nous sommes allés nous réfugiés dans la maison de leur grand-mère, près du cimetière, sur la route de Pomarède (je ne me souviens plus de cette maison, je n’y suis jamais retourné).
    On y a couché et le lendemain, nous somems revenus à Frayssinet dans le village. Les Allemands étaient partis, laissant derrière eux, horreurs, massacres, sauvageries, désolation … de pauvres gens qui n’avaien rien fait de mal en cette journée du 21 Mai 1944.

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