Congrès des élus du Lot: Baisse des dotations, disparition de services publics..

congrès des élusPour son premier congrès des élus dans le département, la préfète du Lot n’a pas été épargnée. Baisses des dotations de l’Etat, fermeture des services publics, réforme territoriale, voie d’avenir, désenclavement numérique, ou même interdiction du brûlage des déchets verts, Catherine Ferrier a été, à plusieurs reprises, interpellée par les élus présents. Chargée de conclure les débats, la représentante de l’Etat n’a pas éludé.

Avec une voix douce, elle a d’ailleurs tenu à «répondre et à passer des messages». Tout d’abord à Jean-Marc Vayssouze, président de l’association des maires et des élus du Lot qui avait rappelé la mobilisation du 19 septembre visant à dénoncer la baisse des dotations de l’Etat, la préfète a, chiffres à l’appui, fait les comptes. «Au niveau local, la baisse des dotations représente – 2,8 millions d’euros pour les communes lotoises soit – 1,6 % de vos recettes». Catherine Ferrier est rentrée dans le détail. «Le résultat est que pour 215 communes (96 600 habitats), la baisse est de moins de 9 euros par habitant ; pour 74 communes (78 000 habitants), la baisse est de moins de 20 euros par habitant, pour 5 communes (11 000 habitants), la baisse est de 50 euros par habitant et pour 46 communes, les dotations ont augmenté. L’impact dans le Lot est relativement faible» a-t-elle affirmé.

Autre sujet sur la table : l’intercommunalité. Il faut se structurer pour exister dans la future grande région, a défendu en substance la préfète. «Le Lot doit accrocher son wagon à cette locomotive, son char à cette étoile» a-t-elle lancé avant d’annoncer l’envoi prochain d’un document en ce sens à tous les maires.

Se poser «les bonnes questions»

«Je crois que le Lot avait de l’avance mais qu’elle est en train de le perdre. Le nombre de syndicats, plus de 100, sont potentiellement des sources de gaspillage d’argent public» a-t-elle indiqué. «Je n’ai pas choisi le confort, j’ai choisi l’ambition pour le Lot».

Face aux inquiétudes sur la disparition de certains services publics, Catherine Ferrier a joué la carte de la transparence. «19 milliards d’euros d’économie pour l’Etat, ça se traduira forcément par une baisse du nombre de fonctionnaires». Selon la préfète, il faut se poser «les bonnes questions» : «de quels services avons-nous le plus besoin ? D’une perception ou d’une station-service ? D’une petite école ou d’une maison pluridisciplinaire de santé ?».

Sur le dossier de l’emploi, un chiffre lui «fait peur». «Un chef d’entreprise sur deux a plus de 50 ans. D’ici 10 ans, 2 000 seront partis à la retraite. Oui il faut préserver les petites écoles mais il faut impérativement préserver ce tissu économique».

Un discours qu’elle a conclu en ces termes : «Restez unis, mesurez votre chance et soyez ambitieux pour vos territoires».

La Dépêche

Numérique : la grande priorité des élus

Pour sa grand-messe annuelle, l’association des maires et élus du Lot a choisi d’innover en ouvrant le débat sur l’enjeu du numérique pour le territoire. Un sujet résolument d’avenir.

Un vent de révolution… numérique a soufflé hier au congrès des élus du Lot. Même si comme de coutume la réunion a duré plus de quatre heures, les quelque 650 maires et élus présents au parc des expositions de Cahors sont restés «connectés» au débat qui a principalement tourné autour de l’enjeu du développement numérique pour le territoire. «Nous sommes face à un enjeu majeur pour éviter d’avoir à faire face, demain, à une vraie fracture» a posé en préambule Jean-Marc Vayssouze, président de l’association des maires et des élus du Lot qui a regretté que les responsables d’Orange, invités, n’avaient pu se libérer.

En sa qualité de président de la commission supérieure du service public des postes et des communications électroniques, le député Jean Launay a confirmé : «La transformation numérique du pays va redessiner nos territoires avec des impacts importants pour les communes (…) C’est à nous, élus, de comprendre ces enjeux pour préparer l’avenir de nos villages». Le département a donc fait du numérique, «la priorité numéro 1», a assuré Serge Rigal. Son vice-président André Mellinger a présenté le plan Lot numérique 2021 : d’ici 2021, 93 % des foyers lotois devraient avoir accès à un haut débit de qualité et près de la moitié à la fibre optique. Un investissement estimé à 60 millions d’euros. Pour éviter «la fracture territoriale entre la ville et la campagne», Martin Malvy a annoncé «la solidarité de la Région» qui consacrera 100 millions d’euros pour aider ces projets.

Pour que le sujet ne reste pas virtuel, des intervenants ont tour à tour pris la parole. L’exemple du Pays de Murat dans le Cantal a été présenté, tout comme le dispositif mis en place dans les écoles par l’inspecteur d’académie du Lot. Puis le chef d’entreprise de la société toulousaine SigFox, Ludovic Le Moan, a tenté de faire entrer les élus dans le monde connecté de demain. Pas simple pour certains dont la commune est toujours plongée en zone blanche. Le maire de Corn a rappelé que, dans son village de la vallée du Célé, le portable ne passait pas et qu’il était resté 30 jours sans téléphone filaire suite aux orages. Une étude précise sur le nombre de ces zones blanches est en cours sur le département.


Voie d’avenir, brûlage des déchets, accueil des réfugiés

Parmi les nombreux sujets abordés, le projet toujours en suspens du désenclavement du Nord du Lot a été largement évoqué par Christian Delrieu, très inquiet puis par Gérard Miquel qui ont demandé à la préfète du Lot de sortir de l’impasse. «Ce serait grave de ne rien faire» a déclaré Christian Delrieu. Catherine Ferrier a estimé qu’il fallait retravailler le projet, à partir de l’avis négatif rendu par la commission d’enquête publique.

Comme à son habitude, le sénateur Requier a fait une intervention remarquée qui a fait rire l’assistance. Il a même été applaudi quand il a demandé la fin de l’interdiction de brûler les déchets verts. La préfète du Lot a assuré que ses services travaillaient sur ce point mais qu’il s’agissait d’un problème de santé publique.

Enfin Geneviève Lagarde est montée à la tribune pour évoquer la mobilisation lotoise en faveur de l’accueil des réfugiés. Martin Malvy a précisé que la région participera à la solidarité en donnant aux communes, comme l’Etat, 1 000 euros par place mise à disposition. La préfète du Lot a, quant à elle, précisé que 10 communes lotoises étaient prédisposées à fournir un hébergement et que le Lot n’accueillerait pas de demandeurs d’asile mais des personnes qui auront déjà obtenu leur statut de réfugié.

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