Gourdon: 300 personnes aux États Généraux de la ligne Polt

polt agPour le combat des associations Urgence sur la ligne Polt et Tous ensemble pour les gares, le bout du tunnel semble proche, avec de sérieuses avancées dévoilées hier à Gourdon. Explications…

Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (Polt) : la ligne qui a fait couler tant d’encre fera-t-elle encore rouler beaucoup de trains ?

En observant hier à Gourdon, dans la salle des Pargueminiers, une affluence aussi importante que dans un hall de gare un jour de grand départ, on peut imaginer que les défenseurs acharnés de cette ligne et des petites gares ont quasiment gagné cette lutte de longue haleine. 300 personnes, environ, étaient massées dans cette salle. Les ardents défenseurs restent plus que jamais vigilants sur l’action de l’état et les moyens engagés par celui-ci dans ce dossier majeur pour le Lot. Une motion détaillant le projet de modernisation a été votée à l’unanimité (lire notre encadré). Les débats passionnés ont mis en exergue un gros wagon d’arguments qui devrait peser lourd dans la balance.

Le Lot privé de dessertes ?

Jean-Claude Sandrier, président d’Urgence ligne Polt, appelle au bon sens de l’état et à la cohérence collective. «L’amélioration souhaitée de cette ligne va fort logiquement amener plus de voyageurs, il ne faut donc pas supprimer de dessertes. On ne peut pas en même temps, moderniser et supprimer», lance-t-il soucieux d’éviter cette situation paradoxale. Invité à débattre, le sous-préfet de Gourdon Afif Lazrak, avait un rôle difficile à tenir en tant que représentant de l’état. Il s’en est tiré avec les honneurs… et même sous les applaudissements. «Le débat, c’est le signe de la vitalité démocratique. Je suis ouvert à cela», affirme-t-il. évoquant les 330 millions de pertes de la SNCF en 2014, il a insisté sur la place des TET (Trains d’équilibre du territoire) et confirmé que «l’état est engagé dans une dynamique de renaissance des trains», sans écarter la nécessité de «maîtrise économique dans un tel dossier. Mais l’état prend toutes les mesures qui s’imposent dans le cadre de cette politique publique», rassure-t-il. Dominique Orliac, députée du Lot, acquiesce. «Un tel débat est constructif, à condition qu’il ne soit pas partisan. Nous devons tous aller dans le même sens, sans tenir compte de nos différences politiques. Le combat associatif, cette mobilisation et je l’espère la volonté au plus haut niveau de préserver les dessertes comme celles de Souillac, Gourdon et Cahors, procurent de sérieux espoirs», s’enthousiasme-t-elle. Pour confirmer la prise de conscience réelle de l’état, la députée annonce «la nomination d’un préfet coordonnateur de la ligne Polt en la personne de Laurent Cayrel. Je tiens à dire aussi que tous les trains Corail seront rénovés avant la fin de l’année», ajoute-t-elle. Tout un symbole. Enfin, Marie-Odile Delcamp, maire de Gourdon, rejoint sans nul détour l’optimisme ambiant et déclare avec philosophie : «L’intelligence est collective».


L’unanimité pour la modernité

«Nous, citoyens, usagers, élus parlementaires et des collectivités territoriales et locales, acteurs économiques et sociaux, demandons au gouvernement de déclarer prioritaire la modernisation de la ligne Polt sur toute sa longueur de Paris à Toulouse. De reconnaître l’ensemble de cette ligne d’intérêt national et d’aménagement du territoire», ont écrit les signataires de la motion, soumise au vote hier par Jean-Claude Sandrier et Serge Laybros. Ce dernier, pilier historique des deux associations de défense, avait revêtu le costume de «chef de gare» de ces états généraux. La motion a fait l’unanimité. Sur celle-ci, les signataires argumentent leurs propos : «C’est la plus longue des lignes des Trains d’équilibre du territoire (TET). C’est la troisième radiale nationale, véritable colonne vertébrale du pays. Elle dessert 4 des 13 grandes lignes métropolitaines, soit plus de 5 millions d’habitants, hors région parisienne, et comprend 8 nœuds ferroviaires. L’accident de Brétigny-sur-Orge est venu, de façon dramatique, rappeler l’urgence de traiter la modernisation de cet axe». Entre autres sollicitations, le «renouvellement du matériel roulant dans un délai de 3 à 4 ans est demandé», ainsi que «l’augmentation des crédits pour permettre une véritable modernisation des infrastructures et donc des gains de temps et de sécurité substantiels ». Au travail maintenant !