L’avenir des trains intercité: encourageant pour nous, dramatique pour d’autres?

poltLe député PS Philippe Duron a remis ce mardi au gouvernement les conclusions de la commission sur l’avenir des trains Intercités. Réduction des fréquences, du nombre d’arrêts, suppression de lignes remplacées par des autocars, la potion est amère.

Par contre notre ligne POLT «régénérée», renforcée, structurante serait préférée à la LGV Limoges-Poitiers avec de bonnes nouvelles pour Cahors.

L’instauration d’un terminus à Brive planait ces derniers mois. Or les recommandations qui seraient formulées par la Commission, feraient de l’effort de modernisation de la ligne POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse) une priorité.

La régénération du matériel roulant (les voitures ont une quarantaine d’années) et des infrastructures électriques qui doit être poursuivie nécessiterait selon la commission TET des investissements conséquents qu’elle estime à 1,5 milliard d’euros sur 10 ans. En toute logique, cette modernisation aurait l’avantage de favoriser un relèvement des vitesses jusqu’à 200 et même 220 km/heure sur certains tronçons de la ligne POLT, diminuant les temps de parcours.

Attention, ces prévisions sont fragiles car dans l’ensemble, la commission est très sévère pour les lignes Intercité.

Les trains Intercités, vieillots et surtout ultra-déficitaires, vont faire l’objet d’une restructuration drastique.

Après avoir rappelé que personne, ni Etat, ni collectivités locales, ne veut financier le déficit de ces liaisons Intercités qui pèsent lourdement sur le portefeuille des contribuables , «le réseau n’a pas bénéficié des investissements nécessaires en particulier le renouvellement de son matériel roulant» dont l’essentiel n’a pas été changé depuis 30 ans. Conséquence, «la qualité de l’offre s’est continuellement dégradée (…), les temps de parcours ont sensiblement augmenté et la régularité a régressé».

Pire, le réseau des liaisons Intercités – plus connues sous le nom de trains Corail – «n’ont pas été adaptées à l’évolution des besoins de mobilité des voyageurs», selon le rapport Duron. Si les lignes au départ de Paris -Paris-Rouen-Le Havre ou Paris-Clermont -demeurent compétitives, des dessertes transversales, comme Bordeaux-Nice ou Lyon-Bordeaux, sont pénalisées par des temps de parcours trop long et certaines liaisons interrégionales, telles que Toulouse-Hendaye ou Caen-Tours, semblent condamnées par la concurrence autoroutière. Quant aux trains de nuit, leur modèle économique n’est tout simplement «plus viable», lit-on dans le document.

En conclusion, «la commission estime donc nécessaire de mener de manière détaillée une analyse ligne par ligne, pour les dessertes de nuit comme de jour (…) afin d’identifier quelles dessertes devraient être maintenues, voire renforcées et quelles dessertes devraient être allégées». Sur les lignes «à fort potentiel», la commission propose de «renforcer l’offre TET» et d’investir dans des trains neufs et, pour les autres, de supprimer des arrêts pour en améliorer les temps de parcours.. «Sur les lignes faiblement fréquentées», en revanche, le rapport suggère de réduire la voilure et «le cas échéant de transférer le service sur route». En clair, de remplacer les liaisons ferroviaires par des lignes d’autocars encouragées par la loi Macron. Visées dans le rapport les lignes Caen-Le Mans-Tours, Clermont-Ferrand-Béziers , Charleville-Metz ou Toulouse Hendaye.

Des propositions qui vont dans le sens de la SNCF

En conclusion notre ligne POLT ferait parti des lignes sauvegardées et même améliorées, mais attention, on voit que c’est plutôt le critère de rentabilité que celui d’aménagement du territoire qui fait le partage.

Soyons sur nos gardes et prenons le train.

La dépêche

Suppression des lignes Toulouse-Cerbères et Toulouse-Bordeaux La dépêche

Le Parisien