l’évêque de Cahors “éloigne” le curé de la cathédrale

Dimanche 3 mars 2019, au début de la messe de 10 h 30, en l’église Saint Barthélémy de Cahors, Mgr Laurent Camiade, évêque de Cahors, a pris la parole pour lire le communiqué suivant :

« J’ai demandé à l’abbé Ronan de Gouvello, suite à des accusations sérieuses de manquements à ses engagements sacerdotaux, de se retirer le temps nécessaire.

Dans le contexte actuel, je tiens à préciser qu’il ne s’agit en rien de pédocriminalité et que l’absence d’infraction pénale a été vérifiée par la Justice.

Pour les mois à venir, la coordination de la vie paroissiale des paroisses de Cahors, Pradines et Mercuès va être portée par les prêtres, les diacres et des laïcs déjà actifs sur place (des précisions seront données rapidement sur les membres de ce comité et leur mission).

L’abbé Mathias Leclair, en tant que doyen, accompagnera cette période.

Concernant les 900 ans de la cathédrale, les projets en cours sont maintenus. La responsabilité de la « Clé Église » est portée par l’équipe de coordination pilotée par Mlle Jeanne Dumont. Cette équipe est accompagnée directement par l’évêque et le vicaire général.

Au moment où nous allons entrer en carême, portons dans la prière et la pénitence ce temps d’épreuve. Qu’il nous aide tous à purifier notre attachement à Jésus-Christ. »

La lecture de ce communiqué s’est déroulée dans une ambiance d’enterrement et a été suivie d’un temps de silence, plongeant l’assemblée dans l’interrogation et la stupéfaction.

C’est une peine immense pour tous les paroissiens que d’apprendre une telle nouvelle, sans même qu’aucune précision n’ait été donnée, au-delà de la lecture de ce communiqué.

Des larmes et des larmes,… pour seul écho au désarroi qui a envahi le cœur des paroissiens, et sûrement bien au-delà…

J-C Bonnemère ActuLot

Commentaire
Si les reproches portés à l’encontre du prêtre, ne donnent pas lieu à des poursuites pénales, cela veut dire qu’il n’y a pas d’infraction au regard du droit pénal et de la société. Simplement, l’Eglise locale, en tout cas l’évêque de Cahors, n’a pas voulu laisser passer un comportement, à ses yeux, « inapproprié », dirons-nous, au regard de ce que l’Église attend d’un prêtre. (Jean-Claude Bonnemère)

 

17 commentaires pour “l’évêque de Cahors “éloigne” le curé de la cathédrale

  1. Mireille
    mardi, 5 mars 2019 à 07:49

    Bien dommage
    Je n’ai rencontré ce père qu’une fois. Son charisme, son ouverture d’esprit et son dynamisme évident m’avaient décidée à me rapprocher de l’église. Douche froide freinant mon envie

  2. jean pierre j
    mardi, 5 mars 2019 à 23:07

    https://www.editionsddb.fr/livre/fiche/obeir-en-homme-libre-9782220066110

    Quelques explications supplémentaires ne seraient pas inutiles tout de même.

  3. jevouslis
    mercredi, 6 mars 2019 à 12:28

    Le trouble plutôt le séisme produit par la mise à l’écart de l’abbé Ronan de Gouvello, le curé de la cathédrale, par l’évêque de Cahors Mgr Laurent Camiade a surpris les Lotois et les a laissés avec des interrogations sans réponse. Quelles sont ces accusations sur des manquements aux engagements sacerdotaux du prêtre qui ont poussé sa hiérarchie à le démettre et à engager une enquête canonique ? Depuis la publication sur le site de l’évêché de ce communiqué reprenant le texte prononcé par l’évêque pendant l’office dominical, MgrLaurent Camiade ne s’est plus exprimé. Le grand silence, pas de conférence de presse, hier l’évêché était injoignable, on tombait sur un message enregistré à chaque appel.
    « Un comité de soutien à Ronan ? »

    Forcément, le brouillard entourant cette affaire inédite dans le clergé lotois, ne se dissipe pas. Sur les réseaux sociaux, le sort réservé au père de Gouvello a ému une majorité d’internautes. Certains ont émis l’idée de lancer « un comité de soutien à Ronan ». Beaucoup lui souhaitent « plein de courage pour la suite ».

    En ville, au café, dans la rue, chacun avance une explication, affaire interne, jalousie mais là non plus pas de condamnation. Le capital de sympathie, dont jouissait le curé de la cathédrale reste apparemment intact.
    En fait, la situation engendrée par le retrait de Ronan de Gouvello a surtout interpellé les responsables de l’association des 900 ans de la cathédrale, qui ont appris ce rebondissement dimanche soir. Sylvain Ginier ne cache pas la stupéfaction qui a été la sienne à ce moment-là. « Nous avons pris acte de la décision de l’évêché et de la désignation de Jeanne Dumont pour remplacer Ronan, pour tous les évènements liés au diocèse. Elle participait déjà à l’élaboration du programme depuis le début».

    Sylvain Ginier assure que le report d’une semaine du lancement des animations fixé au 12 mars, n’a rien à voir avec les derniers évènements ,le décalage serait uniquement liée à la météo. Le responsable de l’association l’affirme : «Le 900e anniversaire de la cathédrale est fait par tous et pour tous. Ce qui est arrivé est une totale surprise mais cela n’aura pas d’influence sur le programme». L’Etat, la ville de Cahors, l’église comme la société civile sont associés dans ces cérémonies qui se déclineront jusqu’au 8 décembre. Mardi prochain, le jour du lancement sur le parvis de la mairie de Cahors, chaque partie aura une clé pour ouvrir symboliquement les festivités en espérant que l’affaire ne vienne pas gripper le mécanisme.

    Jean-Michel Fabre La Dépêche

  4. CG
    jeudi, 7 mars 2019 à 18:29

    J’ai appris que ce prêtre dont il se parle, n’était pas accusé de pédophilie, et c’est déjà une bonne chose!! aurait-il eu une relation avec une femme?? c’est ce que j’ai cru comprendre!! mais cela ne regarde que le sein de l’église et cela ne devrait pas venir sur la place publique. Chrétien et Catholique non pratiquant car j’en ai trop mangée dans ma jeunesse, le Pape et ses “apôtres” n’ont qu’à donner la liberté aux prêtres pour se marier s’ils en ont envie. Il faudrait que cette religion évolue.Je suis pour défendre ce prêtre.

  5. jevouslis
    vendredi, 15 mars 2019 à 09:52

    à partir du moment où quelqu’un s’est plaint auprès de l’Ordinaire, en ce cas de figure l’évêque de Cahors, celui-ci s’est retrouvé contraint d’ouvrir une enquête préalable.extrait de “ActuLot

  6. AnnLM
    dimanche, 17 mars 2019 à 18:37

    Quelqu’un sait-il s’il y a un comité de soutien à l’abbé?ainsi qu’un comité pour écrire à l’évêque qu’une enquête canonique (interne à l’église…) ne s’annonce pas lors d’une messe, question de dignité…?on peut se poser la question du pouvoir de la hiérarchie (vu que la désobéissance à son évêque fait partie des “manquements à son devoir de prêtre”….), de la jalousie, médisance et non bienveillance pour un prêtre exceptionnel qui a touché beaucoup de non-croyants à Rocamadour.Nous voudrions exprimer notre remerciement à l’abbé (et beaucoup d’autres, non lotois) pour le rayonnement spirituel de Rocamadour, pour ses visites 22h/24h extraordinaires, le pélé VTT, l’encadrement des jeunes bénévoles qui ont afflué et qui ont beaucoup reçu.Nous avions trouvé bizarre que l’abbé, si adapté à Rocamadour, soit transféré ailleurs, 6 mois après l’arrivée du nouvel évêque. Comment sont formés nos évêques?de quels pouvoirs peuvent ils user?ont-ils le droit de “casser” un homme, avant que soit vérifiés les fondements d’une accusation?la manière de présenter les choses a un impact grave sur l’opinion publique…la “hiérarchie” n’en avait -elle pas conscience??Je n’ai, pour ma part, qu’un “Mon Seigneur”….

    • calice
      samedi, 30 mars 2019 à 09:36

      Il faut prendre garde à la part d’ombre chez toute personne ,surtout une personne charismatique .
      On ne connait jamais bien les gens .
      Regardez ces proches et familles qui défendent becs et ongles des accusés :ils se seraient fait couper un bras pour lui et maintenant la vie secrète (et les tourments secrets ) de leur proche est dévoilée ils n’en reviennent pas .Il est sage de rester prudent dans ces affaires .

      Il n’y a pas là la volonté de casser un homme , et si l’enquête ne donne pas de suite , tout sera comme avant pour lui .Il faut bien annoncer aux paroissiens la nouvelle .

      • jean pierre j
        dimanche, 31 mars 2019 à 22:07

        https://www.youtube.com/watch?time_continue=9&v=iB-DVXIUSF4

        “Il” est éloigné, mais encore bien présent sur Internet. Ah….les réseaux sociaux….

      • jean pierre j
        jeudi, 4 avril 2019 à 17:46

        Lu ce 4 Avril sur le site de La vie ,un article de Marie Cécile Kubacki

        “Un air de changement souffle à la Conférence des évêques de France. Dans un contexte marqué par la crise des abus sexuels et l’espoir d’un renouveau de l’Église catholique, c’est un véritable choix d’avenir qui a été posé mercredi 3 avril, avec l’élection du nouveau président, Éric de Moulins-Beaufort, archevêque de Reims, âgé de 56 ans. Signal fort aussi dans le choix de ses deux adjoints : Dominique Blanchet, 53 ans, évêque de Belfort Montbéliard, et Olivier Leborgne, 55 ans, évêque d’Amiens.”

        Allez y, chers amis, sur Internet, tapez donc cette recherche “Leborgne Ruffin “, (video MRJC à voir ….) , et Mgr EMB, photo avec les gilets jaunes sur Twitter, (un peu comme Mgr Ginoux à Montauban d’ailleurs). Cà n’empêche pas aussi de rechercher la Sainte Coiffe de Cahors .

  7. jevouslis
    lundi, 25 mars 2019 à 12:56

    Atterrés par les scandales de l’Eglise, des catholiques veulent du changement
    L’idée que l’Eglise traverse une crise profonde gagne du terrain chez certains fidèles qui sentent « une perte de confiance dans la hiérarchie ».
    Le refus par le pape François de la démission du cardinal Philippe Barbarin aura été le coup de grâce. En un mois, l’accumulation des informations liées à des scandales a laissé bien des catholiques groggy. Ils ont successivement appris que l’ancien cardinal américain Theodore McCarrick, accusé d’agression sexuelle sur un mineur, avait été défroqué ; la mise en cause du nonce apostolique – l’« ambassadeur » du pape en France – dans une affaire d’atteinte sexuelle ; la sortie du film de François Ozon sur les victimes du père Preynat ; la publication du livre Sodoma de Frédéric Martel (Robert Laffont, 638 pages, 23 euros) sur l’homosexualité, pourtant peccamineuse aux yeux de l’Eglise, de nombre de ses hiérarques ; la diffusion d’un documentaire sur Arte montrant l’ampleur des viols de religieuses par des prêtres ; la condamnation à six ans de prison, en Australie, du cardinal George Pell, numéro trois du Vatican, pour agression sexuelle sur mineur….
    « Aujourd’hui, les évêques organisent leur diocèse en fonction des prêtres disponibles. Il faudrait plutôt réfléchir en fonction des besoins des communautés. Se demander : de quoi les catholiques ont-ils besoin pour vivre leur foi dans une société où ils sont minoritaires ? Ce n’est pas seulement de prêtres. »

    D’ailleurs, « a-t-on besoin d’autant de diocèses, d’administration territoriale lorsqu’on est en terrain missionnaire, comme aujourd’hui ? », interroge Arnaud Bouthéon.

    La place des laïcs à des postes de décision à tous les niveaux est réclamée par beaucoup. Celle des femmes aussi, même si la plupart ne veulent pas ouvrir, à ce stade, la question du sacerdoce pour elles. Il y a quelques jours, l’archevêque de Poitiers, Pascal Wintzer, a provoqué un certain émoi en évoquant favorablement la possibilité d’ordonner prêtres des hommes mariés – une hypothèse d’ailleurs à l’étude au Vatican.
    Le monde daté du 26-3

  8. jean pierre j
    lundi, 25 mars 2019 à 20:51

    Un religieux d’origine lotoise rencontré en 1957 à l’abbaye de Tournay
    https://www.cahors.catholique.fr/eglise-pratique/temps-forts-celebrations-sur-l/sur-l-autre-rive/Deces-du-P-Jean-Gabriel-Delsol

    Un autre religieux rencontré en 1955 à Tournay, https://boutique.barroux.org/monachisme/2489-dom-gerard-calvet-1927-2008-9782372880077.html

    tout ceci pour montrer que cela a toujours bouillonné dans l’Eglise, où à côté mais en ce moment le bouillon a une saveur particulière …..

  9. allonsy
    samedi, 13 avril 2019 à 09:03

    La séparation de l’église et de l’état est elle respectée? Le curé de Figeac est accusé de mélanger religion et politique.
    L’église du Lot est décidément dans la tourmente. À Figeac, un collectif de citoyens et d’associations qui défend le principe de laïcité dénonce l’organisation de conférences par le prêtre de la paroisse, portant notamment sur les élections européennes.
    A Figeac, une vingtaine de citoyens et membres d’associations font cause commune pour défendre la laïcité et appeler à la plus grande vigilance. Tous issus de divers horizons (dont AFFIRMEE, EELV, FCPE 46, Figeac Insoumis, Planning familial 46, PCF, Solidaires 46, Vivre Figeac….) sont vent debout contre l’initiative du curé de la paroisse, le Père Guillaume Soury-Lavergne, qui a récemment organisé deux conférences en invitant à Figeac des personnalités issues de la Manif pour tous.

    La première qui a eu lieu le 18 mars portait sur la procréation avec Charline D’Arcimoles, présidente de la branche Occitanie de la Manif pour Tous. La seconde, le 8 avril, faisait intervenir Philippe Desmoulins-Lebeault, vice-président de l’ONG Europe For Family, sur l’Europe et les élections européennes.
    Le collectif tient à rappeler que « la France est un Etat laïque, et l’Eglise n’a pas à intervenir en ce qui concerne les droits et choix de chacun.e, catholiques et non-catholiques. Elle n’a pas à décider de la loi : principe de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans ce contexte, alors que des élus locaux viennent de s’abstenir lors du vote pour l’attribution du nom de Simone Veil à la future maison de santé de Figeac au prétexte qu’ils ne sont « pas d’accord avec tout ce qu’elle a fait », et à quelques semaines des élections européennes, nous, citoyens du Figeacois et militants associatifs dénonçons toutes les formes de prosélytisme de régression sociétale et d’intolérance ».
    « Ce qui nous interpelle et fait que le consensus s’est vite établi entre nous au-delà de nos propres sensibilités, c’est le mélange du politique et du religieux, souligne Antoine Soto, adjoint au maire de Figeac (EELV). Tenter de faire pression sur les citoyens et de peser sur les consciences n’est pas admissible ».

    Le représentant de la France Insoumise rejoignait Antoine Soto, et s’insurgeait : « Cela touche les valeurs fondamentales de la République et nous resterons vigilants contre ces dérives. La vitesse à laquelle s’est constitué ce collectif prouve que malgré ce qui nous sépare, nous nous retrouvons sur l’essentiel ».

    Pour Chantal Bergès du groupe Vivre Figeac : « La laïcité ne se discute pas. Nous voulons éviter les dérives et combattrons toujours le prosélytisme. Nous interpellons les Figeacois, pour qu’ils restent toujours vigilants. Nous ne voulons pas d’une Europe intolérante, homophobe et rétrograde ».

    Le Père Guillaume répond à la polémique “paisiblement”
    Pour le père Guillaume Soury-Lavergne, la prise de position de ce collectif est « incompréhensible ». Dans un long communiqué, il répond « paisiblement » à la polémique. Extraits:

    « Comme prêtre de Figeac, j’assure tous les membres de ce collectif de ma prière et leur garde ma porte toujours ouverte, comme pour tout paroissien ; je constate que personne n’a cherché à me rencontrer, ni avant, ni après ce communiqué. Le simple fait d’informer les paroissiens – majeurs ! – sur des questions de politiques publiques n’est en rien répréhensible, et ne saurait s’assimiler à une quelconque orientation politique, quel que soit l’engagement civique des intervenants. Dans ma charge de curé, je n’entends pas subir de pressions ou me laisser dicter le choix des intervenants et des sujets abordés, au nom du libre exercice de la liberté d’expression, fondé par la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 […] Je rappelle que les nombreuses conférences organisées sont annoncées et ouvertes à tou.te.s. Libre à chacun de s’y rendre, ou pas. »

    Audrey Lecomte
    La Dépêche

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