Polt, Paris-Toulouse, entretiens avec Jean-Noël Boisseleau et Michèle Coulombier, présidente de Tous Ensemble pour les gares

polt-1Les États Généraux de la ligne Polt se tiennent samedi à Gourdon. Élus et associations vont y soutenir la modernisation de la ligne nationale. Jean-Noël Boisseleau, expert ferroviaire et Michèle Coulombier, présidente de Tous Ensemble pour les gares sont interviewés par La Dépêche .

En mai dernier, dans le rapport que rendait la Commission Duron sur les «Trains d’équilibre du territoire», il était écrit «qu’il fallait avoir de l’ambition pour la ligne Polt». De quoi conforter l’action que mènent depuis des années sur le territoire, les associations et les élus et justifier la tenue des États Généraux de la ligne Polt samedi à Gourdon. Jean-Noël Boisseleau, expert ferroviaire et vice-président d’Urgence Ligne Polt explique pourquoi la ligne Paris-Orléans-Limoges-Toulouse mobilise tant.

Pourquoi des «États Généraux» de la ligne Polt ?

Je rappelle qu’il s’agit de la 3eme radiale du réseau ferré français, et la ligne la plus longue (713 km) de Paris à Toulouse.

Qui participera à ce rendez-vous ?

L’État avec la présence du sous-préfet de Gourdon, les représentants des conseils départementaux et régionaux, des maires, des présidents de communautés de communes, des associations d’usagers et de défense des gares, des associations de cheminots et ce, sur les 11 départements traversés. Nous attendons 300 participants. Jean Ghérida, le directeur des activités «Intercités» à la SNCF sera présent. La réunion est organisée conjointement par Urgence Ligne Polt présidée par Jean-Claude Sandrier, par l’association «Tous ensemble pour les gares» de Michèle Coulombier et par Dominique Orliac, députée du Lot et membre de la Commission Duron.

Vous avez choisi pour thème : Polt, ligne d’avenir, pourquoi ?

Cette ligne a été dans les années 1970, une ligne modèle du réseau ferré national. Depuis une trentaine d’années, nous constatons une dégradation des temps de parcours et la suppression de certaines dessertes. Il a fallu par exemple 6 ans pour rétablir l’intégralité des arrêts dans les gares de Gourdon et Souillac. Pourtant le rapport Duron précise que la ligne Polt dispose d’un fort potentiel de développement et qu’elle est à prioriser en matière d’investissement.

Comment la rendre plus moderne ?

Il faut aller au-delà du milliard d’euros prévu pour les investissements d’infrastructure afin d’accroître les performances de la ligne. Il faut renouveler le matériel roulant en optant pour un matériel de type Coralia Liner Alstom V 200 et écarter définitivement toute menace de suppression de train grande ligne et de desserte au Sud de Limoges vers Toulouse. Cela veut dire notamment maintenir le train Cahors-Paris (départ 6 h 41-retour 23 h 18) et le Cerbère-Cahors-Paris.

Et le confort des voyageurs ?

Certaines voitures ont 35 ans d’âge, c’est inadmissible. La SNCF a mis en place une solution provisoire en relookant les voitures Corail qui sont majoritairement utilisées. Mais nous souhaitons de nouveaux matériels roulants plus propres, plus confortables avec une plus forte capacité d’accélération et de décélération.

À quel horizon ?

Nous n’attendrons pas 7 à 10 ans. La modernisation doit intervenir dans les 3 à 4 ans eu égard au retard pris sur cette ligne et au flux de voyageurs.

1 commentaire pour “Polt, Paris-Toulouse, entretiens avec Jean-Noël Boisseleau et Michèle Coulombier, présidente de Tous Ensemble pour les gares

  1. jevouslis
    vendredi, 25 septembre 2015 à 09:51

    Interview de Michèle Coulombier, présidente de l’association Tous Ensemble pour les gares (TEPLG) par La Dépêche.

    Qui est invité à ces États généraux ?

    Nous avons voulu faire venir des participants de toutes compétences, de toutes opinions, pour débattre sur des idées, des suggestions. Cette réunion est ouverte à tous. Nous avons invité tous les élus, les parlementaires concernés par cette ligne de Paris à Toulouse. Nous avons convoqué tous les partis politiques, pour que tout le monde apporte sa pierre à l’édifice.

    À qui s’adresse cette réunion ?

    Elle s’adresse au gouvernement pour qu’il tienne ses promesses. Notre ligne a été reconnue et classée ligne prioritaire n° 1 parce que c’est une radiale qui traverse la France du nord au sud. Elle est au cœur du débat après la publication des deux rapports Duron. On nous a promis des moyens pour entretenir les infrastructures et le matériel roulant. Mais elle s’adresse aussi à tous les usagers, collectivités, élus, institutions, associations, syndicats… attachés à cette ligne, persuadés de son utilité pour nos territoires.

    Quels vont être les points forts du débat ?

    Le principal point est la ligne Polt comme ligne d’avenir. Son statut national doit être préservé et l’État doit pleinement assurer la responsabilité de sa modernisation en termes de trains, d’infrastructure, de dessertes et de sécurité, de service public. Malgré quelques avancées pour les travaux et la rénovation intérieure d’un certain nombre de trains, nous sommes encore loin du compte.

    Quel est l’objectif de cette matinée ?

    Notre objectif est triple : informer, échanger, mobiliser. Cela fait huit ans que TEPLG se bat pour que cette ligne vive, accompagnée depuis cinq ans par Urgence Ligne Polt (lire également notre édition d’hier, N.D.L.R.). Ce débat n’est pas nouveau. Si malheureusement des décisions importantes venaient à l’encontre de ce que les usagers attendent, nous serions prêts à manifester physiquement pas simplement à Gourdon ou à Souillac, mais depuis Paris. Il faut de l’ambition pour cette ligne.

    En présence du directeur Intercités

    Le programme des Etats généraux. A 9 heures : accueil par Marie-Odile Delcamp, maire de Gourdon, puis Michèle Coulombier, présidente de TEPLG, et Jean-Claue Sandrier, président de l’association Urgence Ligne Polt. Débats avec la participation de Dominique Orliac, députée du Lot et membre de commission Duron et Jean Ghedira, directeur des activités Intercités à la SNCF.

    ww.tousensemblepourlesgares.org ou 05 65 41 48 67.

    Propos recueillis par la correspondante de La Dépêche Muriel Nogier

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