Quoi de neuf à Cahors, Mr Vayssouze?

cahors 004C’est un maire de Cahors offensif qui a développé, hier, lors d’un entretien exclusif de rentrée, les dossiers chauds. Caméras de vidéo-surveillance, cinéma, stationnement… Jean-Marc Vayssouze dit tout

Votre plan tranquillité, sécurité publique est-il bouclé ?

Oui. Vous connaissez le constat. Les incivilités, la délinquance touchent surtout les plus pauvres. La situation devient de plus en plus inacceptable. Ce plan de sécurité et tranquillité publiques était un engagement fort de ma campagne. Je le présenterai lors du prochain conseil municipal, le 21 septembre. Il est le fruit d’un partenariat avec l’État dans le cadre d’un comité de pilotage. Nous allons donc installer 19 caméras de vidéo-surveillance d’ici 2016. Soit un coût de 250 000 € avec une aide de moitié de l’État.

Où seront installées ces caméras ?

Elles seront sur les places Fènelon, Imbert, Chapou, place de la Libération. Mais aussi devant les établissements scolaires, dans le centre ancien (places Rousseau et Champollion notamment). L’État nous a demandé d’en mettre sur les ronds-points et les ponts.

Quel sera le fonctionnement de ces caméras ?

Elles seront en marche 24 heures sur 24. Les images seront supprimées au bout de 20 jours. Et nous ne serons pas devant les écrans toute la journée mais à des moments précis. Enfin, un comité d’éthique sera installé avec des associations comme la Ligue des Droits de l’Homme. Je suis socialiste et pragmatique. Et je garantis le respect des libertés publiques. Nous ne ferons pas n’importe quoi.

Où en est le projet de cinéma multiplex ?

Il avance bien. Les deux acteurs locaux, le Quercy et l’ABC ont travaillé avec un troisième acteur, le gérant du cinéma de Saint-Gaudens, un indépendant de grande qualité qui entre dans le projet. Nous allons lancer l’étude de programmation d’ici 15 jours afin d’affiner le projet sur le site de Bessières. Son coût total est évalué à 6 millions d’€.

Concernant le stationnement, pouvez-vous établir un premier bilan ?

C’est encore trop tôt. Le dispositif est vraiment entré en vigueur en août. Nous ferons un premier bilan en fin d’année. On constate simplement que les rotations sont plus nombreuses et qu’il y a davantage de places libres. Nous sommes passés de 180 cartes de résidents à 673 et de 40 à 95 pour les socioprofessionnels. Enfin, deux parkings gratuits, chemin du Périer (100 places) et à Roquebilière (80) seront bientôt disponibles. Et le parking de la gare en 2016 avec ses 100 places. Tous sont situés à moins de dix minutes du centre-ville.

Quelles sont les opportunités au niveau commercial ?

Au Leclerc, Jean-Paul Marty et ses équipes réalisent un magnifique équipement qui sera très utile au territoire. À Labéraudie, Klépierre va devoir bouger. Mais je serais vigilant pour ne pas déséquilibrer l’offre commerciale du centre-ville. Je veux d’ailleurs, plus que jamais, que le boulevard Gambetta reste une artère commerciale, vivante.

En termes immobiliers, les choses bougent-elles ?

Nous allons poser deux premières pierres. L’auberge internationale de jeunesse le 3 octobre et le campus universitaire le 18 septembre. C’est signe du dynamisme du territoire.

Des rumeurs vous prêtent l’intention de succéder à Gérard Miquel au Sénat en 2017…

Cette rumeur m’est revenue aux oreilles, c’est vrai. Je rappelle que la loi contre le cumul des mandats, que je soutiens et que je m’applique, entre en vigueur en 2017. La droite a dit qu’elle reviendrait dessus, si elle revient au pouvoir, ce que je n’espère pas. Je le réaffirme : fidèle à mes engagements, j’irai au bout de mon mandat de maire, en 2020, sans en briguer d’autres.


L’avertissement à l’État

Président de l’association des maires et des élus du Lot, Jean-Marc Vayssouze organisera son premier vrai congrès le dimanche 4 octobre, au Parc des Expositions de Cahors-Lalbenque. Au menu, le développement du numérique JMV estime pouvoir être «une chance pour les territoires ruraux».

Mais deux sujets nationaux préoccupent aujourd’hui fortement le président du Grand Cahors et la grande majorité d’autres élus : la réforme territoriale et la baisse des dotations de l’État. Sur le premier point, le maire de Cahors n’a pas tout compris : «on a voté la loi NOTRe mais à l’arrivée, on ne sait toujours pas quelle sera l’architecture de nos territoires demain ? Le département, qui devait être supprimé, a gardé toutes ses compétences. On nous parle de revoir les seuils des intercommunalités. On ne sait pas trop où on en est pour les communes nouvelles…»

Les moyens financiers ensuite. JMV a fait ses comptes : «Rien que pour le Grand Cahors, nous allons perdre 3 millions d’euros entre 2013 et 2017. Il faudrait augmenter la fiscalité de 62 % pour compenser. On ne peut plus fonctionner comme ça, la charge est trop violente pour des élus bénévoles, qui se dépensent sans compter. Je vais donc appeler à participer au mouvement national des élus le 19 septembre.»

1 commentaire pour “Quoi de neuf à Cahors, Mr Vayssouze?

  1. jevouslis
    dimanche, 6 septembre 2015 à 09:36

    L’installation d’ici 2016 de 19 caméras à Cahors, annoncée par le maire de la ville dans nos colonnes (lire l’édition du 4 septembre) suscite de nombreuses réactions. La députée PRG du Lot, Dominique du Lot approuve cette décision. «En tant que radicaux, nous n’avons jamais été timides sur ce sujet. Notre demande est ancienne. Les radicaux qui sont par essence politiques, républicains et pragmatiques, ont toujours recherché à garantir le droit fondamental des libertés individuelles et la sécurité qui est l’une des conditions mêmes d’exercice de ces libertés. Nous avions inscrit dans notre programme municipal de 2014 la vidéo-protection comme une des solutions à mettre en œuvre, au côté d’une présence humaine indispensable, pour garantir la sécurité publique, améliorer l’élucidation des délits, optimiser les moyens d’intervention. Nous sommes convaincus de la nécessité de mettre en place, en amont de l’installation de ces caméras, un comité d’éthique garantissant l’encadrement de la consultation des images vidéos, dont l’une des toutes premières missions serait la rédaction d’une charte éthique s’appuyant notamment sur l’expérience d’autres villes.»

    Au nom du groupe PRG du conseil municipal, Géneviève Lasfargues se félicite de l’aboutissement de ce dossier. «La vidéosurveillance avec 19 caméras sera un service utile pour les Cadurciens. La réflexion municipale menée conjointement en collaboration avec la préfecture, va permettre de doter certains secteurs en équipements qui auront pour vocation de prévenir et de mettre rapidement un terme aux troubles (…). À l’instar de beaucoup d’autres communes en France, il s’agit pour Cahors de prévenir, de rassurer, de protéger, le tout dans un cadre juridique et éthique qui ne peut que répondre aux exigences locales, le tout coordonné avec les forces de police nationale et municipale trop souvent appelées à résoudre de tels problèmes.»

    Pour le représentant du FN sur le Grand Cahors, Bruno Lervoire, l’efficacité de la vidéosurveillance reste encore à prouver. «Coûteuses et incapables de faire baisser à elles seules la délinquance, les caméras de surveillance ne forment qu’un outil de dissuasion. Elles vont simplement déplacer les problèmes d’un lieu à un autre. Les délinquants, qui savent très bien les repérer, n’auront qu’à réaliser leurs méfaits dans les endroits non surveillés.»

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