Régionales «Nouveau Monde» la liste des Verts et du Front de gauche

nouveau mondeLa campagne s’accélère pour les Verts et le Front de gauche, unis sur une liste commune baptisée «Nouveau Monde». Hier, les sept candidats du Lot ont été officiellement présentés. «C’est une liste associant toutes les forces progressistes de gauche et citoyenne qui veulent battre la droite et son extrême, faire gagner la gauche et mettre en œuvre des alternatives aux politiques austéritaires» a résumé Marie Piqué (PC), la chef de file départementale entourée par Francesco Testa (EELV), Chantal Grin (non encartée), Thierry Grossemy (PG) ainsi que de Viviane Iragnes-Colin (PC), Jean-Marie Lacaze (EELV) et Ouria Ackermann (non encartée). «C’est un rassemblement divers et pluriel, et une liste largement ouverte aux citoyens» a insisté Francesco Testa en réponse aux critiques formulées lundi par le mouvement citoyen de Cahors (lire ci-dessous). «Nous avons les mêmes valeurs à défendre» a rappelé Chantal Grin non encartée et en 3e position sur la liste. «Il faut redonner du pouvoir aux citoyens et les ramener dans les urnes» a souhaité Thierry Grossemy.

Emploi, égalité des territoires, Ethique et démocratie sont les axes prioritaires de la campagne résolument de terrain. En amont des réunions publiques*, les candidats lotois ont prévu de sillonner le département en allant sur les marchés et à la rencontre des associations et les syndicats.

* Quelques dates de réunions sont déjà communiquées : le 6 novembre à 20 heures salle Balène à Figeac, 13 novembre à 20 heures salle des Pargueminiers à Gourdon ou encore le 20 novembre meeting régional des candidats à l’espace C.Marot de Cahors.

La Dépêche

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ASSOCIATION MCDFG (MOUVEMENT DES CITOYENS)Un groupe de citoyens s’insurge aujourd’hui contre l’écart entre les intentions d’ouverture affichées par la liste “nouveau monde” pour la composition des listes et la mouture finale.

Ils ne se considèrent pas tout à fait du même monde que les membres de la liste «Nouveau monde» (lire ci-dessus)» et ils le disent avec la force de leurs convictions en plaçant le peuple au centre de leurs priorités sans rechercher d’autre intérêt que celui des citoyens. Ils estiment s’engager sur la voie de la sagesse sans chercher les faveurs des voix dans les urnes. Sincères ou naïfs ? L’avenir le dira, le peuple jugera.

 Le Mouvement citoyen des forces de gauche de Cahors et des environs (MCFDG), puis la Coordination et l’action citoyenne du Grand Figeac (CAC) qui ont signé «l’appel pour un rassemblement citoyen et politique», ont ensuite contribué à l’élaboration du programme baptisé «Le projet en commun». Ils s’insurgent aujourd’hui contre «l’écart entre les intentions d’ouverture affichées pour la composition des listes et la mouture finale».

Leur désaccord porte également sur «le refus de toute réflexion sur le mode et le critère de désignation des candidats, le dévoiement du mot citoyen, le défaut de représentativité des candidats et sur les tractations établies, dès juin, pour un accord de second tour entre Gérard Onesta et la liste PS de Carole Delga», énumère Jean-Luc Couderc, porte-parole du MCFDG.

«Dans le Lot, seule la logique de promotions des partis politiques a finalement compté», estime Jean-Luc Morestin, porte-parole de la CAC. Ces citoyens lotois, bien structurés, n’hésitent pas à parler de «simulacre de démocratique. Nous disons que la seule réponse alternative et d’avenir à ces dérives constantes repose sur la construction d’un puissant mouvement citoyen départemental, voire régional», ajoute-t-il. Les déçus sont nombreux.

«Nous avons entretenu un espoir avec le Front de gauche. Mais les partis ont repris leurs habitudes dès l’instant où il a fallu composer des listes», regrette Alain Charles, membre de ces nouvelles composantes.

La conseillère municipale Isabelle Eymes conteste, quant à elle, «la présence de Francesco Testa (EELV) et de membres du PC sur la même liste. Ce n’est pas crédible», lâche-t-elle soucieuse que «les partis s’ouvrent enfin aux mouvements citoyens».

La Dépêche

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En Midi-Pyrénées, Gérard Onesta mène la danse des gauches face au PS

En Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, l’écologiste et ancien vice-président du Parlement européen est à la tête de la seule liste proposant l’alliance d’EELV et de toutes les composantes de « la gauche de la gauche ».

Depuis six mois, il ne s’est offert qu’une soirée de libre pour aller voir en avant-première le film Seul sur Mars, à la Cité de l’Espace de Toulouse. Ironie : sur la planète politique, Gérard Onesta ne se sent pas seul, bien au contraire.

Une union « historique »

Pour les élections régionales de décembre prochain en Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon, le chef de file local d’Europe Écologie-Les Verts se voit même à la tête d’une union « historique ». Baptisée « Nouveau monde », elle rassemble, aux côtés d’EELV, les composantes du Front de gauche (le parti communiste, le parti de gauche), Ensemble !, la Nouvelle gauche socialiste née en juin dernier pour réunir les déçus du PS et Régions et peuples solidaire (RPS), qui fédère militants occitans et catalans.

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« C’est totalement inédit en France. Un véritable laboratoire qui démontre que l’alliance des forces progressistes est possible », s’enthousiasme l’écologiste. Si cet amateur de guitare ne trouve plus guère le temps de brancher ses instruments dans le petit studio d’enregistrement qu’il s’est aménagé chez lui, il n’est pas peu fier de la petite musique chorale que font entendre ses nouvelles troupes.

« Notre projet a été élaboré cet été à partir des contributions portées sur notre plate-forme collaborative, de façon publique et en toute transparence, souligne-t-il. Tout le monde assure aujourd’hui vouloir mettre le citoyen au cœur du débat, mais nous, nous le faisons. »

Une politique du compromis

La démocratie participative, c’est le grand dada de Gérard Onesta. La faire vivre à travers un attelage de formations politiques qui ne partagent pas forcément les mêmes visées sur des dossiers comme la Ligne à grande vitesse ou le nucléaire frise la gageure. « Aucun parti n’a le sentiment aujourd’hui qu’il a dû enlever quelque chose ou a été empêché de rajouter quelque chose à notre programme », jure-t-il.

Et n’allez pas le titiller sur le scepticisme vis-à-vis de l’Europe dont font montre nombre de ses alliés, alors que lui fut pendant dix ans (de 1999 à 2009) un très assidu vice-président du Parlement européen et un militant du « oui » au référendum sur le traité constitutionnel en 2005. « Pour avancer à plusieurs, il faut toujours partir de la part de soi que l’on reconnaît dans l’autre, philosophe-t-il. J’ai toujours travaillé ainsi au Parlement européen, et c’est sur cette base que nous avons construit notre projet commun. Je hais la compromission, mais j’adore le compromis. »

Une dynamique nouvelle

Des compromis, il a dû en passer quelques-uns pendant cinq ans à la vice-présidence du conseil régional de Midi-Pyrénées piloté par le socialiste Martin Malvy. De quoi développer son art de la diplomatie avec un orfèvre en la matière, mais aussi « confirmer que la concertation citoyenne n’est décidément pas dans le logiciel socialiste », attaque-t-il. Il n’empêche. Dans la perspective du second tour des régionales, son mouvement inscrit déjà au menu la fusion avec la liste PS-PRG-MRC de l’ex-secrétaire d’État Carole Delga. « Sur la base stricte d’une représentation proportionnelle sur la liste en fonction des résultats du premier tour, martèle-t-il. Le PS n’est pas en position de force. Ce n’est qu’ensemble que nous pouvons conserver cette région à gauche. Et je crois en une dynamique qui nous porte au-dessus du PS au premier tour. »

Les sondages, pour l’heure, prédisent le contraire. Crédité de 11 et 15 %, « Nouveau monde » est de 5 à 9 points derrière le PS et ses alliés. En bon cousin de Claude Onesta, le sélectionneur des Bleus du handball, l’écologiste sait qu’une partie se joue jusqu’au coup de sifflet final. Militant de la cause environnementale depuis 1979, Gérard Onesta en tout cas bat la campagne avec une énergie retrouvée, à 55 ans. « Je suis beaucoup plus en accord avec moi-même que durant toutes ces dernières années, conclut-il. Peut-être que nous allons nous planter, mais s’il fallait le refaire, tous ensemble nous le referions. »

Jean Luc Ferré (à Toulouse)  La Croix