Festivals et changement climatique
Il y a trois jours, le festival Ecaussystème a été annulé par arrêté préfectoral pour risque aggravé de feux de végétation et de forêts (le département est classé en risque sévère de feux de végétation).
Depuis le mois de juin, beaucoup de festivals, petits ou grands ont été annulés (et le seront peut-être encore) pour raisons climatiques
Des coups durs pour les organisateurs, les artistes, les techniciens, les prestataires, les bénévoles tout comme pour les festivaliers privés de ces rendez-vous, sans parler des conséquences que l’économie locale. Commerces, restaurateurs, loueurs, etc … comptent sur ces festivals pour dynamiser leur activité, font des stocks en prévision…A Gignac, aujourd’hui ils font appel à la solidarité pour écouler ce qu’ils ne peuvent retourner aux fournisseurs.
Les coûts cachés du changement climatique pour les festivals
Renforcement des dispositifs de prévention( multiplication des points d’eau par exemple), achat ou location de ventilateurs, climatiseurs, brumisateurs, glacières, fontaines à eau, consommation électrique, location de matériel ou transports supplémentaires.
La hausse des températures génère des dépenses accrues de personnel (travail de nuit, des heures supplémentaires, des renforts de sécurité, des pauses renforcées), mais aussi des investissements spécifiques pouvant atteindre jusqu’à 5 000 euros d’équipements de protection individuelle et 17 000 euros pour un bungalow climatisé destiné aux équipes techniques.
Sans parler de la baisse sensible de la fréquentation, des annulations et reports plus nombreux
« Des surcoûts difficiles à absorber dans un contexte de réductions budgétaires drastiques des aides publiques aux festivals »
Dans le baromètre 2025 du ministère de la culture réalisé auprès de 3 200 festivals, 30 % d’entre eux déclaraient avoir rencontré « un peu » de difficultés et 8 % « beaucoup » en raison des aléas climatiques.
Ces annulations qu’elles soient ou non à la dernière minute, poussent à s’interroger sur le cadre et sur l’avenir même de ces manifestations.
Certaines manifestations de grande ampleur, accueillant des publics nombreux en plein air et exposées aux mêmes conditions climatiques ont pu se tenir, alors que d’autres ont été annulées.suscitant une profonde incompréhension »
La question des assurances devient primordiale pour les organisateurs qui sont le plus souvent assurés pour les annulations mais redoutent qu’à l’avenir une clause supplémentaire [ne] soit ajoutée aux contrats pour assurer spécifiquement les dangers liés à la canicule.
Pour les gros festivals ces contrats oscillent entre 1,5 % et 4 % de leur chiffre d’affaires. Par contre les petits festivals sont plus souvent peu ou mal assurés et se retrouvent devant d’importantes difficultés financières.
A la recherche d’un cadre clair
Le 9 juillet dernier, au cours d’une réunion entre les services du ministère de la culture et une quinzaine de représentants de la filière musicale, des festivals et des organisateurs de concerts en plein ont évoqué « l’iniquité des décisions prises à la dernière minute », les conséquences économiques très graves pour la filière, les inquiétudes sur un renchérissement des assurances.
Le Ministère de le Culture veut mettre en place d’ici à 2027 un protocole unifié avec les préfets pour clarifier les conditions d’annulation des festivals et confier une mission au Centre national de la musique sur les risques assurantiels en cas de canicule.
Le ministère de la culture est formel : « Nous n’avons pas les moyens d’aider financièrement les festivals » et rappelle qu’il les accompagne depuis trois ans pour s’adapter aux aléas climatiques.
Fin septembre, il réunira un groupe de travail chargé d’une première enquête sur l’impact des très fortes chaleurs sur ces festivals.
Pour le remboursement des places du festival ecaussystème voir : https://www.ecaussysteme.com/category/actualites/
Sources : le monde- la dépêche


