A Swedish Love Story
A SWEEDISH LOVE STORY VO
Suède 1970 (ressortie 2026). Un drame de Roy Andersson avec
Ann-Sofie Kylin, Rolf Sohlman, Björn Andrésen…
Durée : 2h
Pär et Annika se croisent dans le parc d’un hôpital où leurs
familles respectives viennent visiter l’un des leurs. Avec l’ingénuité et la
fraîcheur de leurs 15 ans, c’est le coup de foudre immédiat. Mais entre
les adultes prisonniers de leurs conventions et de leurs frustrations, et
leur bande de potes où l’amour est une émotion peu commune, il n’est
pas facile de construire une relation. Malgré tout, dans la beauté d’un
été suédois, leur idylle va tenter de s’épanouir, à l’encontre de l’adversité
qui les entoure…
VENDREDI 18 SEPTEMBRE À 18H30 :
La séance sera suivie d’un pot de l’amitié offert par
l’association cinématalante
Les horaires
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| 18H30 VO | 21H00 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 4.2/5 , SensCritique : 7.2/10
« Filmée dans des cadres lumineux et nimbée de musiques douces, la love story pourrait friser la mièvrerie si Roy Andersson n’en faisait pas l’antithèse de ce qu’il y oppose : la médiocrité des grandes personnes..»
«.…) On retient de son [Roy Andersson] premier long l’incroyable fraîcheur qui se dégage de cette histoire d’amour entre deux adolescents. (…) on retrouve ici quelque chose de la magie bergmanienne (…).»
«.Roy Andersson n’a décidément jamais été un grand optimiste : il exalte un amour de jeunesse, mais pour mieux montrer que cet état d’innocence et de bonheur est tristement passager.»
«On a découvert le suédois Roy Andersson avec Chansons du deuxième étage, puis Nous les vivants. Deux fables hyper-stylisées et grinçantes sur un monde englué dans ses immobilismes et ses hypocrisies. Son premier film, totalement différent est resté mystérieusement longtemps inédit chez nous : une chronique tout en demi-teintes et légèreté. C’est beau comme le bonheur d’aimer…
Pär est venu voir son grand-père à la maison de repos. Il a quinze ans, une moto, un blouson et des airs de caïds que déjouent un sourire franc et des yeux rieurs – quel est donc l’enfant qui se meut dans ce corps de jeune adulte ? Annika est venu voir sa tante Eva. Elle a un grand chapeau à turban, un chien, une robe dans le vent. L’espace d’un instant, lors d’un buffet campagnard, leur regard se croise. Tout est dit, tout est suggéré : il a suffit de quelques plans pour que Roy Andersson relève la gageure de la scène du premier regard et nous raconte le mouvement amoureux, terriblement simple, de deux êtres qui se voient et semblent se reconnaître. Montage précis, alternance de champ contre-champ, chassé croisé des regards : la caméra, serrée en gros plan sur les visages d’Annika et de Pär, capte tout, par petites touches précises et fortes, et dessine les contours émus d’une rencontre.On a rarement vu un tel effet de réalisme, une telle coïncidence émotionnelle entre les personnages et la situation dramatique. Le désir, la honte, l’innocence, parfois la souffrance, se concrétisent dans l’évidence des situations. Rien n’est outré, tout se justifie. Le style tranché et net, d’une justesse imparable, fait penser à Pialat ; l’univers visuel, stylisé par une lumière douce, à un autre film suédois qui traitait également de l’amour de deux adolescents : Monika. Comme dans le film de Bergman, les deux adolescents se soustraient à la médiocrité du monde pour pouvoir vivre leur amour. Pendant ce temps les adultes offrent souvent le spectacle pitoyable et grinçant de gens englués dans leur étroitesse d’esprit. Alors que l’on fête l’écrevisse dans la maison de campagne des parents de Pär, le père d’Annika, commercial raté, cherche à refourguer un frigo. Le ton monte. Les masques tombent : chacun est un peu le clown grimé de son voisin ou le miroir déformant de son propre échec.
Les adolescents d’un côté, les parents de l’autre. L’amour, la vie, l’innocence, face à la honte, le désœuvrement et l’échec. Les tableaux sont fortement typés – et il est aisé de sentir que la caricature deviendra plus tard un des outils dramatiques de Roy Andersson. Mais dans A swedish love story, on se prête au jeu de cette alternance, de ce va-et-vient oscillant entre innocence juvénile et désespérance adulte, car il nous donne envie de croire en Pär, Annika, et leur amour fragile qui éclate à l’écran comme une première fois.»
