Cahors – Le Montat : le lycée agricole face au défi de son avenir

La Chambre régionale des comptes d’Occitanie vient de rendre public son rapport sur l’EPLEFPA de Cahors – Le Montat pour la période 2019-2024.

Rattaché au ministère de l’agriculture et situé dans la commune du Montat, l’établissement comprend deux pôles d’activité : un lycée professionnel agricole et une exploitation agricole, composée d’une station expérimentale sur la culture de la truffe et d’une exploitation viticole.

Il accueille également dans ses locaux une unité de formation d’apprentissage, rattachée au centre de formation d’apprentis agricole du Lot. Les effectifs de l’établissement sont composés de 69 personnes,
dont 16 sont salariés par l’EPLEFPA, les autres étant pris en charge par l’État et la Région.

  • La carte de formation du lycée ne répond que partiellement aux besoins de prise en charge de la dépendance des personnes âgées et de renouvellement des exploitants agricoles qui caractérisent le territoire.

Deuxième département le plus âgé de France, le Lot est confronté à un besoin croissant d’accompagnement des personnes âgées dépendantes. Si le lycée dispose de formations en matière de services à la personne. celles-ci souffrent cependant d’une moindre attractivité depuis la crise sanitaire. Le lycée subit également la concurrence des établissements voisins et pâtit de l’absence de formation post-bac.

  • Avec près de la moitié des exploitants agricoles âgés de plus de 55 ans, le territoire fait également face
    au besoin de renouvellement des professionnels de ce secteur d’activité, qui représente encore 7,5 %
    de l’emploi local.
    Si le lycée dispense un baccalauréat professionnel dédié à la gestion des milieux
    naturels et de la faune, sa carte de formation n’inclut pas de baccalauréat spécialisé dans la production
    agricole.

Alors que l’établissement a connu une diminution de son nombre d’élèves, passé de 214 en 2018-2019
à 187 en 2024-2025, une réflexion sur le rôle dans le développement territorial et les moyens d’assurer
la pérennité de son modèle éducatif doit être conduite, en lien avec ses partenaires. Elle pourrait
aboutir à la formalisation d’un projet d’établissement, que la chambre lui recommande d’adopter,
conformément à la loi

Le modèle économique et pédagogique de l’exploitation agricole doit être revu.
Alors que, dans le modèle de l’enseignement agricole, l’existence d’une exploitation adossée au lycée
doit permettre aux élèves de mettre en pratique les enseignements théoriques, à Cahors, le lien
pédagogique est insuffisant. Si des efforts sont constatés s’agissant de l’exploitation viticole, les
activités de la station trufficole sont orientées vers les amateurs et professionnels de la filière et ne
bénéficie pas aux élèves de l’établissement.

Bien que la situation se soit relativement améliorée en 2024, l’établissement a connu des difficultés
financières
au cours des dernières années, qui a justifié la mise en place d’un plan de redressement.
Ces difficultés sont en grande partie dues aux déficits de l’exploitation agricole, qui n’a plus atteint un
résultat équilibré depuis 2019, alors même que sa gestion doit être assurée comme celle d’une activité
économique concurrentielle.


Dans ce contexte, l’établissement a pris acte de la nécessité de restructurer le domaine viticole en
réduisant la surface dédiée à la vigne pour diversifier les cultures et en plantant des cépages plus
adaptés. Il prévoit également de se séparer de la station trufficole, dont la gestion pose un certain
nombre de difficultés qu’a relevées la chambre, en particulier en matière de gestion des ressources
humaines

La rapport d’observations définitives est disponible ici

Photo @cahors-lemontat.