Cahors: Une semaine d’hommage au mime Marceau

Initiée par la municipalité et les institutions culturelles, et pour la première fois à Cahors, une semaine d’hommage au mime Marceau aura lieu du 20 au 24 novembre. Une belle reconnaissance pour un grand artiste.

Cela fait plus de 10 ans que le mime Marcel Marceau, est décédé, le 22 septembre 2007, à Cahors.

.

 Célèbre mime reconnu mondialement, légendaire avec son personnage de Bip, salué par les plus grands chefs d’États, il a traversé tous les continents, tout en prônant de nobles valeurs à travers son art. Tel un véritable artiste, il a su toucher le cœur de tant de personnes.

Marceau est un poète du geste et des silences qui en disent long. Il a écrit, peint mais excellait dans l’art du mime. Aujourd’hui, grâce à Anne Sicco (Cie l’œil du silence), à ses filles Aurélia et Camille Marceau, son œuvre continue de perdurer à travers les générations.L’an dernier, pour les 10 ans de la disparition de leur père, dans le cadre d’un hommage à la médiathèque de Toulouse, Camille et Aurélia remettaient en dépôt toute la cinématographie de leur père (35 mm, 16 mm et vidéo une grande filmographie restée en sommeil mais témoin de sa grande carrière internationale). Tout un héritage de mémoire vivante de l’œuvre de leur père durant sa vie d’artiste.

Aujourd’hui, en concertation avec le maire de Cahors, Jean-Marc Vayssouze-Faure, Françoise Faubert, Anne-Laure Czapla et les institutions culturelles de la ville, pour la première fois un hommage sera rendu du 20 au 24 novembre 2018

à Marcel Marceau. C’est tout naturellement qu’Anne Sicco, Camille et Aurélia ont répondu à cette demande proposant sur quatre jours des animations diverses s’adressant à tout public.

Artiste et poète

Pour Anne Sicco, qui a partagé de longues années à ses côtés, dans son école, au cours de ses voyages, lorsqu’elle l’a mis en scène, se souvient que Marcel Marceau « aimait vraiment beaucoup le Lot. Dès qu’il pouvait il venait. C’était un homme du spectacle vivant qui toute sa vie a cherché le vivant, toutes les traces, les rencontres. Ce qui m’a complètement interpellé, c’est que Marceau a su réinjecter du silence dans ce monde de submersion de la parole. D’où l’importance de lui rendre hommage à travers cette création « Fractales temps zéro » qui est la première étape d’un travail qui devrait nous conduire jusqu’au centenaire de sa naissance (il est né 22 mars 1923). Ce temps zéro nous ouvre tous les horizons, et en même temps les cycles de vie, la mort, la naissance ».

Fractales temps zéro

Dans ce spectacle, qui ouvrira la semaine d’hommage à Marcel Marceau, mardi 20 novembre, à 20 h 30, au théâtre de Cahors, Anne Sicco a « voulu élaborer une création qui le présente, qui montre qu’est-ce que l’art du silence dans une époque de bruit et de fureur, de paroles ininterrompues qui devient mortifère, assourdissant où les gens ne trouvent plus leur place, y compris les jeunes. Ils sont happés, absorbés, dévorés vivants. Ce qu’on veut démontrer dans le spectacle qui comprend très peu de textes de Marceau, c’est l’importance du silence. Des traces du silence sont partout dans mon travail, de ce qu’il m’a légué non pas au niveau du mime mais plus au niveau du théâtre du corps. C’est une ballade pacifiée, pacifiante et en même temps très bouleversante dans ce qu’on veut démontrer des traces du vivant. Il faut qu’on reste humain. C’est ma manière à moi de dire qui est l’homme, ce qu’il nous a transmis comme valeur scénique, artistique et comme valeur humaniste. ».

Fractale a été mis en chantier l’an dernier, et a fait l’objet d’une résidence de création au théâtre durant 15 jours en septembre. Entièrement adapté et retravaillé sur l’espace scénique de Cahors. C’est une première. Et à la fin du spectacle, le public pourra rencontrer, échanger avec les artistes. Une ouverture sur le monde comme aimait Marceau. Tarif : de 8 à 25 €. Réservations et informations : 05 65 20 88 60.

Pimporello

Ce conte réaliste et fantastique a été écrit et peint par Marcel Marceau. Il l’a écrit pour ses filles. Aurélia a réadapté le texte et le présentera, mercredi 21 novembre 2018 à 17 h, à la médiathèque, pour la première fois pour les 70 ans du personnage de Bip. Les peintures « chagaliennes » de Marcel Marceau projetées en écho à la lecture de la comédienne, l’accompagnement instrumental, et le double miroir des évocations de l’univers du cirque et de la pantomime, font toute la force de ce conte. À découvrir en famille. Entrée libre.

Rencontre vivante

Maître incontesté du geste, inventeur de la marche contre le vent qui avait inspiré la dans « Moonwalk » de Michael Jackson et influencé le danseur Rudolf Noureïv, Marcel Marceau a porté l’art du mime à une perfection inégalée, et accédé à une notoriété planétaire. Sur scène, comme dans la vie, les filles du célèbre magicien du silence perpétuent l’héritage de l’artiste-poète, et proposent une évocation familière, argumentée et sensible de ce destin hors du commun. Rencontre avec les intervenantes Camille et Aurélia Marceau, samedi 24 novembre 2018, à 16 h 30 à la médiathèque du Grand Cahors. Tout public : entrée libre.

Film Marcel Marceau

Le film réunit plusieurs de ses sketches tournés par Dominique Delouche du vivant de l’artiste : Bip à Paris, Bip marchand de masques, Les Sept pêchés capitaux… Il se termine par Don Juan que Marceau a joué entouré de sa troupe, issue de l’école du mime qu’il a créée afin d’assurer une postérité à son art. Dominique Delouche a tourné ses images en 1964 avec Marceau mais un différend entre les producteurs en bloqua l’exploitation. Ce n’est qu’en 2017 que Delouche put acquérir les droits sur ses images pour en établir le montage et la numérisation. C’est cette version inédite qui est présentée pour la première fois. Samedi 24 novembre 2018, à 18 h 30 au cinéma Le Quercy. Tarif : 6 €.

À grand homme, vibrant hommage pour un homme de cœur et un artiste engagé.

M-F Plagès Actu Lot


Commémoration des 10 ans de la disparition de Marcel Marceau

Le Programme de la saison culturelle à Cahors

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.