Comme chaque année depuis 1976, l’heure change …
Ce n’est pas en avril mais bien en Mars, ce dernier week-end, (28/29) que nous passerons à l’heure d’été dans la nuit de samedi à dimanche.
A deux heures du matin les horloges avanceront de 60 minutes : il sera trois heures et on dormira « une heure de moins », à condition de se lever à la même heure que d’habitude. On gagnera, en revanche, une heure de luminosité en fin de journée.
Cette mesure, instaurée pour la première fois en 1916, abandonnée en 1944, a été réintroduite en septembre 1975. Provisoire elle avait pour but de limiter la consommation d’énergie en plein choc pétrolier.
Une directive européenne prévoit la suppression de cette mesure comme demandé par plus des 3/4 des français mais elle n’est pas encore appliquée en France. On peut se demander aujourd’hui si, avec la multiplication des appels à la sobriété énergétique, le changement d’heure ne serait pas salutaire ?
L’électricité
Selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), les gains énergétiques sont peu probants. Les économies en énergie et CO2 seraient « modestes ».
La sécurité routière
L’Association citoyenne pour une heure équitable et durable (Ached) milite quant à elle contre le changement d’heure évoquant « des augmentations des accidents de la circulation ».
La la Commission européenne, relève des « résultats souvent contradictoires », certains rapports « suggérant que le changement améliore la sécurité routière », grâce à une meilleure visibilité à certaines périodes de l’année et de la journée, d’autres « démontrant une augmentation potentielle des accidents de la route à cause des troubles du sommeil ».
En 2023, elle a cependant rappelé l’importance de se rendre visible sur la voie publique, avec « des dispositifs rétroréfléchissants (gilet, brassard, gants, bandes sur le sac à dos, le cartable, etc.) » juste avant le changement d’heure. Le nombre d’accidents impliquant un piéton augmente en effet de manière récurrente de 42 % en novembre, par rapport au mois d’octobre, selon les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière recueillies entre 2015 et 2019.
La santé
Une étude suédoise qui s’appuyait sur des statistiques du pays entre 1987 et 2006, constatait « une augmentation statistiquement significative du risque de crise cardiaque » dans la semaine suivant le changement d’heure, notamment lors du passage à l’heure d’été.
Une étude de septembre 2015, conduite par la Commission européenne, écrit que « la santé peut être affectée par le changement de biorythme du corps, avec de possibles troubles du sommeil et de l’humeur ».
Cependant, d’un point de vue scientifique, les perturbations induites par le changement d’heure ne s’expliquent à l’heure actuelle que par des hypothèses. Le monde médical reste « très partagé sur l’existence de troubles imputables à l’heure d’été ».
Vrai ou fantasmé, le risque médical a en tout cas été intégré par les potentiels malades : « 19 % des médecins [faisaient] état d’une augmentation de la consommation de médicaments et singulièrement de tranquillisants au moment du changement d’heure »…
Source : .lemonde.fr/les-decodeurs


