CONSTELLATION BOBIN LEPREST à La Scénette le 13 juin à 21h00

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Création Avignon 2024

Proposition musicale et littéraire
Alain Klingler – Chant, jeu, piano

Durée 1h15

Regard extérieur et visuels : Christophe Roussel

« « Si mes phrases sourient, c’est parce qu’elles sortent du noir.
J’ai passé ma vie à lutter contre la persuasive mélancolie.

Mon sourire me coûte une fortune.»
Christian Bobin

À la manière des expositions Giacometti / Beckett, ou encore Bacon / Freud, qui tentent de mettre en
lumière les profondes parentés entre deux artistes, j’ai envie de faire dialoguer les oeuvres de ces
deux poètes, celle de l’ermite du Creusot et celle du témoin de la vie des autres d’Ivry-sur-Seine.
Je lis Christian Bobin et j’écoute Allain Leprest depuis trente ans. Deux alchimistes qui ont l’art de
transformer la boue en or. Avec des mots simple, ils frappent en plein coeur de cette part qui demeure
indemne en nous (du moins, je l’espère), cette part qui n’est pas pourrie par la corruption du marché,
qui n’est pas encore totalement recouverte par l’obscurité qui semble poindre.
À l’instar des personnages de Farenheit 451, j’apprendrai les textes de Christian Bobin par cœur.
À la manière des troubadours, je transmettrai la parole d’Allain et les musiques de Romain Didier
Donner la part belle à cet écrivain que le milieu et la critique littéraire, après l’avoir encensé, ait
cherché à abattre et qui, sans jamais avoir quitté le Creusot où il est né, sinon une poignée de jours, a
tout compris de l’humaine condition. « Tout est partout où on est ».
Chanter les mots d’Allain Leprest qui a su sublimer le dérisoire, le tragique et l’humour des piliers de
bistrots et se faire le portraitiste de l’humaine matière. Sans réduire l’œuvre à la vie des humbles,
Leprest reprenait leur phrasé, leurs expressions, un peu comme Georges Perros, avec panache.
La désillusion avec style.

Nu, j’ai vécu nu
Naufragé de naissance
Sur l’Ile de Malenfance
Dont nul n’est revenu

J’ai eu la chance de le connaître un peu, de l’avoir souvent vu vivre et mourir sur scène.
À la fois ange et puis filou. J’ai eu la chance de faire sa première partie.
En revanche, je n’ai croisé qu’une seule fois Christian Bobin. “Ce qu’on sait de quelqu’un empêche de
le connaître.” écrivait-il.

Tous les deux ont porté sur le monde le regard impitoyable des enfants qui savent de quoi il en
retourne. Et à qui on ne la fait pas . Et ces deux là demeureront deux vieux gamins qui jouent aux
indiens étrangement (même pour moi qui n’aime pas l’enfance). Deux frères de route nous délivrant
des phrases comme des viatiques sur lesquelles l’on peut toujours revenir.
Deux hommes qui peuvent parfois s’opposer : Bobin le mystique et Leprest l’athée, qui s’adresse à
Dieu toutes les trois chansons en le gratifiant d’un Je ne te salue pas.
L’un a écrit : Le nouveau-né a devant lui une forêt est en feu qui lui faudra traverser pieds nus.
L’autre a chanté : J’étais un gamin laid / Qui serrait des cailloux / Dans sa main sans ami
L’un et l’autre ont su creuser à l’os le désastre inhérent de toute vie et sa possible rédemption.
À la manière des impressionnistes ils ont su déposer les matières fragiles et brutales sur leurs toiles.
C’est violent. C’est ainsi.
« Il faut que le noir s’accentue pour que la première étoile apparaisse » écrit Christian Bobin. Nous
ferons donc le noir pour donner naissance à une galaxie. Celle qui peut relier Christian Bobin à Allain
Leprest, traversée de comètes amies. Une constellation donc, ouverte sur l’infini.
Il y aura Dieu et son absence, Pierre Soulages et Edith Piaf, le Creusot, des secrets échangés dans
la nuit, la Plus-Que-Vive, des phrases sublimes, des chagrins portés fièrement, des retraités qui font
de l’auto-stop, et d’autres choses bien sûr…
« Sans l’invisible nous ne verrions rien, nous serions dans le noir complet » Christian Bobin.
Nous plongerons dans l’abime des chansons et expérimenterons la présence pure des poèmes, et
inversement.
Comme un acte liturgique.

Création soutenue par le Département de l’Isère, la Communauté de Commune du
Grésivaudan, et le Grand Angle, qui a bénéficié de l’aide à la résidence du Département / CNM

PRESSE (extraits).

« C’est tout un univers qui en une heure de temps, tel un moment de joie intense, restera gravé dans votre
esprit très longtemps si ce n’est à jamais. »
Catherine Laugier / AVRIL 2024 / Sélectionsorties.net
« Pour « Constellation Bobin Leprest » Alain Klingler fait dialoguer les mots de Christian Bobin et les chansons
d’Allain Leprest. Au piano, dans une belle présence qu’il partage avec le public, le comédien-chanteur
s’empare des questionnements poétiques et philosophiques propres à l’auteur du Creusot.
Des mots essentiels sur la condition humaine teintés de mysticisme qu’il alterne avec ceux du chanteur athée
d’Ivry-sur-Seine, merveilleusement mis en musique par Romain Didier.
Econome de mots, à l’image des deux immenses poètes à qui il rend hommage, Alain Klingler propose avec
élégance un moment original entre récital, poésie et conversations. Le tout dans une ambiance intime et
chaleureuse. On est touché par autant de de sincérité.
Un bijou de grâce et d’intelligence qu’il ne faut surtout pas rater. »
Nicolas Arnstam Froggy Delight / Juillet 2024
« Doté d’une présence singulière, charismatique et toute en élégance, vêtu de noir avec des baskets rouges
et des bagues ornant chacun de ses doigts, il se tient devant le piano, prêt à nous emporter dans sonvoyage
où dès les premières notes, nous sommes suspendus.
Chaque accord résonne avec précision et grâce. Il joue et transporte l’émotion à travers les touches du clavier.
Mais ce n’est pas seulement son habileté technique qui nous touche, c’est aussi la profondeur et la sensibilité
qu’il insuffle à chaque morceau, comme s’il traduisait les mots de Bobin et les mélodies de Leprest en une
langue compréhensible par tous.
Et puis, il y a sa voix. Chaude, forte et douce à la fois, elle résonne dans la salle, et nous enveloppe d’une
aura de chaleur et de réconfort. C’est une voix qui porte les mots, les chansons avec une intensité émouvante
mais sans aucun excès. On ne peut s’empêcher d’être happé par la magie de sa voix et de son piano.On se
laisse également porter par la douceur et la force des phrases de Christian Bobin, sensibles à sa pensée
profonde et poétique. Et puis, soudain, les compositions fulgurantes de Leprest viennent nous frapper de plein
fouet, nous secouant de l’intérieur avec leur puissance brute. C’est comme si les mots et les mélodies étaient
des uppercuts en pleine face, nous rappelant la force et la fragilité de l’existence humaine. »
Fanny Inesta / AVRIL 2024 / Les Arts Liants
« Plus qu’un spectacle, Klingler nous a convié à un moment de partage d’une authenticité troublante et il rend
à ces deux auteurs un hommage qui est tout sauf princier : il nous tire jusqu’à eux, on devient camarades,
tous sous le même ciel, tous dans la même terre. Pendant une heure on aura ressenti les choses dites
minuscules avec une acuité d’une force inouie, grâce à Alain Klingler, son talent, son intelligence et son
humilité. Et on aura compris comment Bobin et Leprest ont chacun à leur manière tissé une oeuvre hors du
temps qui célèbre la vie plus grande, plus intense, plus profonde que celle qu’on nous propose.
Si ce récital littéraire et poétique passe près de chez vous, offrez vous ce compagnonnage, cet excédent de
vie.
Entrez dans la constellation Bobin-Leprest !
Adeline Avril / Juillet 23, 2024

ALAIN KLINGLER
Auteur | Compositeur | Interprète

Alain Klingler est auteur compositeur interprète. Il a publié cinq albums, s’est produit en
France, Allemagne, Suisse, Québec, à participé à un projet de poésie sonore.
Ces derniers temps, il s’est consacré à des expériences théâtrales.

Théâtre (Co-écriture et Mise en scène)
Je ne suis pas narcissique. Solo pour Chloé Mons. Le Lucernaire du 10 mai au 11 juin 2023.
Je n’ai rien contre le réveillon. Tricycle (Grenoble). 2016
Un chagrin administratif . Centre contemporain de l’Abbaye de Beaulieu. 2014.
Spectacles musicaux
Et si en plus il n’y a personne (2021) avec Hélène Gratet
Dalida sur le divan, avec Lionel Damei (Avignon 2022)
Amor Sulfurosa 15 CH, avec Lionel Damei (Avignon 2019)
Chansons d’Écrivains, avec Hélène Gratet (2017)
Le Cabaret des Garçons d’Honneur, avec Lionel Damei et Christophe Roussel ( Avignon2017)
J’étais là / Avant. Solo (2012)
Discographie
38470. Nouvel album studio sortie en septembre 2023. (Kuroneko)
Ce soir la nuit rentrera tard. Nouvel Album. Sortie 2018. ffff Télérama
J’étais là / Avant. 2012 (Bandcamp – Rue Stendhal) fff Télérama
Un Invisible Écrasement. 2011 (Rue Stendhal)
Chroniques d’ici, création sonore, lecture Arthur H., texte Anne Calas. 2009 (ITEM)
No Culture : 2005
Cercle d’amis : 2001 (Mélody)

Alain Klingler est auteur compositeur interprète et metteur en scène. Il a publié cinq albums,
s’est produit en France, Allemagne, Suisse, Québec, à participé à un projet de poésie sonore.

Alain Klingler est pianiste, auteur, compositeur et interprète.
Il a publié cinq albums dont :
Un Invisible Écrasement.(en 2011),
J’étais là / Avant (2012) fff Télérama,
Ce soir la nuit rentrera tard , avec Elisa Point (2018). ffff Télérama.
Son nouvel album studio 38470 est sorti en septembre 2023.
Il s’est produit en France, Allemagne, Suisse, Québec, ll a également participé à la création musicale d’un
projet de poésie sonore, Chroniques d’ici, lecture Arthur H., texte Anne Calas. Le 104 (Paris), Maison Rouge.
Depuis 2017, il forme un duo de scène avec Hélène Gratet, leurs deux créations littéraires et musicales,
Chansons d’Écrivains et Et si en plus il n’y a personne ( 2021) tournent actuellement.

Ces derniers temps, il s’est également consacré à des expériences théâtrales : deux pièces ont vu le jour, co-
écrites avec Sophie Rockwell, Je n’ai rien contre le réveillon créé au Tricycle (Grenoble) en 2016, et un solo

pour Chloé Mons, Je ne suis pas narcissique, dont il signe également la mise en scène, créé au Théâtre du
Gymnase (Paris) et au Festival d’Avignon en 2019, solo qui est repris en mai 2023 au Lucernaire (Paris) pour
25 représentations.

J’aime Alain Klingler parce qu’il sait manier le crayon et la gamme… La mine de son crayon est assez pointue
pour dessiner l’intimité des plaies, et la gamme assez forte pour nous faire croire que les blessures dont il
parle sont peut-être aussi les nôtres.

Romain Didier

« C’est un autre monde que celui de ce grenoblois, une subdivision de la chanson presque, niche confortable
et peu habitée, dans laquelle on se love. C’est à peine chanson sombre, très littéraire, à peine chanté, même
si c’est paroles, si c’est musiques. Comme une chanson en recherche d’elle-même, explorant une autre veine.
Comme un cinéma d’art et d’essai… »

Michel Kemper