Cotton Queen
COTTON QUEEN VO
Soudan / Allemagne / France 2026. Un drame de
Suzannah Mirghani avec Mihad Murtada, Rabha
Mohamed Mahmoud, Talaat Farid…
Durée : 1h33
Dans un village cotonnier du Soudan, l’adolescente Nafisa grandit en écoutant les récits héroïques de la lutte contre les colonisateurs britanniques racontés par sa grand-mère. Mais l’arrivée d’un homme d’affaires étranger ravive les douleurs du passé et promet de bouleverser l’avenir de Nafisa et de son village…. Prenant conscience de sa propre force, Nafisa se lance dans une quête pour sauver les champs de coton – et elle-même. Ni elle ni sa communauté ne seront plus jamais les mêmes.
Les horaires
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| 20H45 VO | 20H45 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.5/5 , SensCritique : 7.1/10
« Conte moderne, profondément féministe et anticolonialiste, « Cotton Queen » aborde subtilement et sans détour tous ces thèmes sensibles. Un premier long-métrage à ne pas rater..»
«.Le premier long-métrage de la réalisatrice, et premier long-métrage réalisé par une femme soudanaise, propose une réflexion nuancée sur les rapports de force patriarcaux, capitalistes et coloniaux par le biais d’un récit quasi-merveilleux.»
«Délicate et mélancolique fable de passage à l’âge adulte et d’émancipation, Cotton Queen est le premier film soudanais à être réalisé par une femme.»
«.Au Soudan, les femmes ont toujours été les principales cueilleuses de coton : elles ont ainsi noué des relations profondes et durables avec cette matière vitale. Autant dans le domaine de l’industrie textile que dans son utilisation dans la vie quotidienne, le coton est inscrit dans l’histoire sociale et culturelle du pays.
De nos jours, dans un village cotonnier vit Nafisa, une jeune fille de quinze ans. Avec ses amies, elle mène sa vie d’adolescente ordinaire, largement occupée par la cueillette dans les champs, consacrant ses moments de repos à la baignade, à l’abri des regards, dans les eaux peu profondes de la rivière ou aux discussions sur les garçons, téléphone portable à la main. Son béguin secret pour un jeune paysan du coin, qui passe son temps libre à réparer une petite barque, l’inspire à écrire de la poésie et à rêver d’une traversée romantique sur le Nil en sa compagnie… Nafisa habite naturellement avec sa famille : son père, petit propriétaire d’une plantation locale, sa mère, qui la presse tous les matins de se mettre en quête d’un homme… riche évidemment, et sa grand-mère, Al-Sit, au visage et aux mains marqués de longues et profondes cicatrices qui pourraient être les lignes de l’histoire de toute une vie, pour celle qui fut jadis désignée comme la Cotton Queen ! Un destin riche en secrets et en mystères, dont Nafisa aime écouter le récit, tentant à chaque fois d’en reconstituer la chronologie et les faits.
Mais cette existence somme toute paisible va bientôt être bouleversée par l’arrivée de Mr Tajini, un homme d’affaires soudanais vivant à l’étranger, qui souhaite non seulement l’épouser, mais aussi s’approprier tous les champs du village afin de transformer ce coton naturel et pur en un produit génétiquement modifié censé augmenter la productivité mais qui, à terme, rendrait l’économie locale dépendante de grands fournisseurs internationaux. Contrairement aux autres filles, qui succombent au charme du bel inconnu, Nafisa se méfie de ses avances et de ses manigances… Ainsi, comme sa grand-mère Al-Sit à son époque, qui a dû se battre pour survivre et répondre à la violence du colonialisme anglais, elle choisit de tracer son propre chemin vers l’indépendance.
« Peu de films ont été tournés au Soudan, il n’y a donc pas eu beaucoup de représentations cinématographiques des femmes soudanaises et des différents rôles qu’elles jouent dans la société. Dans ce film, j’ai pris soin de les dépeindre et de les faire dialoguer au sein d’un même foyer. Il y a celles qui détiennent un pouvoir extrême, comme la matriarche Al-Sit, ainsi que celles qui sont encore en train de trouver leur voie / voix et d’explorer leur propre force et leur identité, comme la jeune Nafisa. » dit la réalisatrice Suzannah Mirghani.
Superbement éclairé par la directrice de la photographie tunisienne Frida Marzouk (Sous les figues, Bye bye Tibériade, Promis le ciel…), Cotton Queen dresse le portrait intime d’une jeune ouvrière agricole soudanaise déterminée à contrôler sa vie tout en documentant une nouvelle forme de domination prédatrice, celle des grandes entreprises productrices d’OGM. Subtilement, à travers des séquences d’une grande délicatesse – parfois baignées d’une atmosphère au bord du fantastique –, la réalisatrice aborde aussi le sujet sensible de la tradition plus ou moins persistante dans les campagnes soudanaises de l’excision ou des mariages forcés…
Cotton Queen n’est jamais misérabiliste, et c’est la tête la haute que se présentent les femmes africaines, reines du coton, prêtent à prendre leur destin en main, combattives et solaires.»
