Degel
DEGEL VO
Chili / Mexique / Espagne / États-Unis / France 2026. Un
drame de Manuela Martelli avec Maya O’Rourke, Saskia
Rosendahl, Maia Domagala…
Durée : 1h41
Chili, 1992. Le pays reste marqué par des années de dictature. Alors qu’elle est gardée par ses grands-parents dans leur hôtel en station de ski, Inès, 9 ans, se lie d’amitié avec Hanna, une jeune sportive venue d’Allemagne. Lorsque celle-ci disparaît sans laisser de trace, l’enfant cherche à comprendre…
Les horaires
| MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | ||
| 30 | 1er | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||
| 19H00 VO | 15H00 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.5/5 , SensCritique : 6.5/10
« .Le portrait poignant d’une enfant en manque de repères..»
«.Un film puissant sur l’absence, qui n’a pas peur du silence pour convoquer les spectres du passé.»
«Dégel » est un film d’atmosphère au rythme lent. Comme les héros du film, le spectateur est pris dans un brouillard qui se dissipe peu à peu. La réalisatrice crée une tension et installe par sa mise en scène un climat oppressant, amplifié par la musique.»
«.Voilà un étonnant thriller filmé à hauteur d’enfant qui, dans un même geste, réussit la prouesse de convoquer une atmosphère « suffocante au grand air » à la Shining de Stanley Kubrick, de décortiquer les fragiles désillusions du passage à l’adolescence et, pour couronner le tout, de poser un regard lucide sur le début de la décennie 1990 qui s’efforça, entre autres bouleversements politiques mondiaux, d’enterrer le Bloc « communiste » de l’Est et, en Amérique latine, de mettre sous le tapis les stigmates de la dictature de Pinochet. Nous sommes en 1992, à l’extrême sud andin du Chili, dans l’hôtel cossu d’une station de ski renommée, au cœur de l’hiver. La petite Inès vit là sous la garde de ses grands-parents, propriétaires du lieu – ou plutôt sous celle, bienveillante, des employées qui seules prennent le temps de s’occuper d’elle et de lui exprimer de la tendresse. Ses parents, eux, sont à des milliers de kilomètres de là, à l’Exposition Universelle de Séville, où ils accompagnent l’objet étonnant et imposant qui représente le Chili : un énorme iceberg que, prouesse technologique, les équipes chiliennes ont acheminé là depuis l’Antarctique. Un symbole d’union nationale, explique le père aux caméras, pour tourner la page des années noires sans faire de politique – ni évoquer les violences du proche passé… et encore moins l’insupportable absurdité écologique du projet !
Au cours de ses pérégrinations, dans l’hôtel, dans la montagne, Inès se lie avec Hanna, une graine de championne de ski qui vient « d’un pays qui n’existe plus » (la RDA) pour s’entraîner en compagnie de son coach intraitable. Entre la petite fille chilienne et l’adolescente est-allemande, une amitié se noue rapidement, faite de confessions et de petits cadeaux, une relation qui illumine la vie d’Inès et apaise celle d’Hanna, laquelle supporte difficilement la pression des entraînements. Tout bascule lorsqu’une nuit, Hanna disparaît mystérieusement. Les équipes de recherche parcourent inlassablement les pentes enneigées, tandis que la mère de la jeune skieuse, arrivée d’Allemagne, entreprend d’explorer les routes et les sentiers en compagnie d’Inès – partagée entre l’angoisse et la colère. Dans le même temps, les grands-parents de la fillette lui demandent de taire qu’elle a aperçu Hanna en compagnie de son cousin, Sebastian, la nuit précédant la disparition. Secrets, omerta, silences, méfiance, soupçons… la fonte des neiges, annoncée, pourrait précipiter le dévoilement de la vérité.
Dégel est d’abord la révélation d’une toute jeune actrice, Maya O’Rourke, irrésistible Inès avec sa coupe à franges, qui promène ce qu’il lui reste d’innocence dans l’hôtel labyrinthique, marches craquantes et couloirs feutrés. Ce personnage enfantin est évidemment le révélateur des vilains secrets, mensonges et turpitudes des adultes – entre ses grands-parents obsédés par la vente prochaine de leur établissement à des investisseurs madrilènes, les souffrances tues de la mère de la disparue… Et au-delà des histoires de familles, affleure tout un passé qui ne peut pas être effacé : la persistance des fantômes du régime Pinochet, la culture de la violence des policiers aux manières brusques, les images télévisées des charniers de la dictature que l’on dévoile jour après jour… Pourtant, rien ne semble devoir arrêter la normalisation du pays et le triomphe du libéralisme symbolisé par l’Exposition universelle. La réalisatrice Manuella Martelli mêle avec subtilité le drame intime aux lourds secrets de la grande Histoire. Remarquable..»
