Digger
DIGGER VO / VF
États-Unis 2026. Une comédie dramatique de Alejandro
González Iñárritu avec Tom Cruise, Sandra Hüller, Riz Ahmed…
Durée : 2h07
L’homme le plus puissant au monde se lance dans une mission effrénée pour s’ériger en sauveur de l’humanité avant que la catastrophe, qu’il a lui-même déclenchée, n’anéantisse la planète.
Les horaires
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| 21H00 VF | 18H30 VO | 21H00 VF | 21H15 VF | 20H45 VO | 20H45 VF | 21H15 VF |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.6/5 , SensCritique : 6.9/10
« Georgis Grigorakis signe un premier film impressionnant de maîtrise, d’une grande justesse dans sa description d’une réalité sociale complexe. Il se révèle également d’une grande beauté et témoigne de la naissance d’un cinéaste paysagiste, dont le style rappelle celui de Jeff Nichols..»
«.Au-delà du schéma relativement classique du solitaire taiseux qui lutte contre l’emprise du monde industriel, les atouts de ce film hivernal sont son atmosphère (…)..»
«.Le premier film de Georgis Grigorakis séduit autant par son esthétique que par sa sensibilité.»
«.Eastwood disait, dans Le Bon, la brute et le truand : « Le monde se divise en deux catégories ; ceux qui ont un pistolet chargé et ceux qui creusent. Toi tu creuses » . Digger – qu’on pourrait traduire justement par « celui qui creuse » – se présente donc comme l’exact contraire de cet adage Leonien : celui qui creuse n’est plus le faible, il est le roi, le grand pourvoyeur de l’or noir qui structure notre civilisation depuis le début du XXe siècle. Mais voilà, il a tellement creusé, Digger Rockwell, creusé partout sur la planète, qu’il ne lui reste plus que les pôles pour étancher sa soif de richesse. Eh bien ! Qu’à cela ne tienne : creusons dans l’Arctique, creusons dans l’Antarctique, creusons encore, creusons toujours ! Et c’est là que tout va partir en sucette. Car à force de défoncer les strates et s’enfoncer sous la banquise, les équipes de forage du magnat du pétrole provoquent une crevasse énorme, gigantesque, qui s’élargit de plus en plus, qui va bientôt devenir incontrôlable. Et comme s’il n’était pas suffisamment catastrophique qu’un bloc de glace de plusieurs kilomètres carrés menace de se détacher et de dériver vers le continent européen, il se trouve que le réchauffement climatique (ce sacré farceur) a eu comme effet de libérer sous la calotte glaciaire des tonnes de méthane, tout prêt à s’enflammer au contact du moindre cigare mal éteint ! Vous l’aurez compris, Iñárritu s’attaque avec son nouveau film à la problématique ô combien sensible, ô combien d’actualité du bouleversement climatique en cours – et à l’immobilité crasse des puissants qui nous gouvernent. Il met en scène ce film catastrophe – au plein sens du terme – avec une maestria qui nous a laissés sur le cul (si vous me passez l’expression). On ne révélera rien ou presque de la façon dont il choisit de raconter cette histoire, dantesque, sidérante, pour en ménager toutes les surprises et ne pas vous gâcher le plaisir.
Lorsqu’il ne met pas complaisamment ses pectoraux saillants, sa mâchoire carrée et son regard d’acier au service d’une kyrielle de films d’action interchangeables, Tom Cruise est un comédien étonnant. Doublé d’un producteur au flair assez exceptionnel… Entre deux blockbusters, on l’a vu déployer des trésors de jeu insoupçonnés pour se rendre crédible dans des films à haute valeur cinéphilique ajoutée signés Martin Scorsese (La Couleur de l’argent), Stanley Kubrick (Eyes wide shut), Paul Thomas Anderson (Magnolia), Steven Spielberg à son meilleur (Minority report), Bryan Singer (Walkyrie)… Il était logique que son chemin finisse par croiser la route du plus foudroyant des cinéastes mexicains – rapidement adoubé par Hollywood – de ce début de siècle, Alejandro González Iñárritu à qui l’on doit Amours chiennes, 21 Grammes, Babel, Birdman et enfin The Revenant en 2016, excusez du peu.
Fruit de cette rencontre au sommet, Digger est une réussite assez unique en son genre. Accent traînant du sud des États-Unis, bedaine à peine contenue et calvitie mal assumée, totalement méconnaissable, Tom Cruise casse son image de héros américain parfait, symbole d’une Amérique fantasmée qui serait la gardienne de la galaxie, pour incarner avec gourmandise un magnat du pétrole tour à tour roublard, grotesque, vil et minable (toute ressemblance avec un certain mafieux de l’immobilier devenu Parrain en chef du pays le plus puissant du monde n’est certes pas fortuite). Iñárritu signe une nouvelle fois une œuvre majeure, grandiose, baroque et sacrément jouissive : un brûlot écolo, un film d’anticipation aussi drôle que terrifiant, qui fait écho évidemment à notre présent climatique apocalyptique. Du grand cinéma états-unien comme on l’aime, brillant, intelligent, divertissant.»
