« Fast fashion » : une loi pour freiner l’essor de la mode ultra-éphémère
Adopté par la chambre des territoires, ce texte cible les géants chinois de l’ultra fast fashion, comme Shein et Temu. Ces plateformes proposent près de 10 000 nouvelles références chaque jour, renouvellent de manière quasi permanente leurs collections et inondent le marché français avec plus de 600 millions de colis par an. Leur marque de fabrique : des produits dont la durée de vie est extrêmement courte.
Afin de freiner la déferlante de la mode express, plusieurs nouvelles dispositions ont été adoptées : *
- interdiction de la publicité pour les entreprises et les produits relevant de l’ultra fast fashion,
- introduction de sanctions pour les influenceurs qui en feraient la promotion,
- création d’un bonus-malus visant à taxer les marques les plus polluantes et à soutenir les plus vertueuses,
- mise en place d’une taxe de 2 à 4 euros pour les petits colis venant de l’extérieur de l’Union européenne
- ou encore l’obligation d’informer et de sensibiliser les consommateurs sur l’impact environnemental de la mode éphémère.
Cette proposition de loi doit désormais franchir de nouvelles étapes en commission mixte paritaire et devant la Commission européenne.
A savoir : La Commission européenne a engagé une action contre « les pratiques trompeuses ou abusives » de Shein, plateforme chinoise de commerce en ligne. Cette initiative fait suite aux enquêtes des services de contrôle de quatre États européens. Shein qui a un mois pour répondre aux constats de commerce déloyal encourt des sanctions financières.
Au-delà de ces mesures
Si la nécessité de réguler leurs pratiques, à coups de sanctions, apparaît comme une évidence transpartisane, le point le plus délicat se situe ailleurs. Faudrait-il responsabiliser davantage les Français, notamment les jeunes ?
Le plus simple serait, en effet, que les consommateurs ne commandent pas le tee-shirt à 3 euros, qui va voyager des milliers de kilomètres par avion pour terminer dans un incinérateur un mois plus tard.
Est-ce une question de pouvoir d’achat qui voudrait qu’on défende la fast fashion ? Mais « Défendre la fast-fashion au nom du pouvoir d’achat, c’est défendre la malbouffe » rétorque la sénatrice Sylvie Valente Le Hir, rapporteuse du texte de loi : « Le vrai progrès est de permettre d’acheter mieux, pas plus. »
Pour aller plus loin …
Qu’il s’agisse de l’impact de la fast fashion sur le marché de la revente, de son rôle dans le mouvement pour la durabilité ou du décalage entre les valeurs de la génération Z et leurs décisions d’achat, peu importe le contexte ou la perspective, la conversation autour de la fast fashion peut rapidement devenir passionnée.
Un article de Brittany Sierra (en angais ici) et traduit en français (dans le document ci-dessous) pour essayer de comprendre la psychologie qui est derrière ces achats.
Sources : fcb – vie publique- Journal le monde
image Usines de Fast Fashion | @iloasiapacific pour flickr.com


