Jim Queen
JIM QUEEN -12
France/Belgique 2026. Un film d’animation de Nicolas
Athané.
Durée : 1h25
Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un
étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde
lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune
homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité…
Les horaires
| MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | MER | JEU | VEN | SAM | DIM | LUN | MAR | ||
| 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | 30 | 31 | 1er | 2 | 3 | 4 | ||
| 21H05 | 19H00 |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 4.1/5 , SensCritique : 7.6/10
« .Jim Queen en fait trop, mais trop bien, méchamment satirique, férocement bien vu. Attention au virus contagieux de l’hilarité..»
«.Epopée d’erotic fantasy où une icône gay est subitement atteinte d’hétérosexualité, le film du génial studio français Bobbypills est drôle et survolté.»
«. les mille et une nuances de rose d’un délire parodique s’imposant comme mythe, avec son lexique, sa géographie (le labyrinthe du Louvre), ses fantasmes (nazis à talonnettes compris), sa violence, sa hiérarchie et ses archétypes : drags et kiffeurs, twinks maigrelets et bears en bedaine, avec un fort tropisme parisien.»
«Reste toi-même, les autres sont déjà pris ». Il voue un culte à son corps, il a les biceps bombés, les abdos hyper bien dessinés, il adore le sport, il est même affiché au fronton de sa salle de muscu préférée, le Temple Gym ; il adore danser et gare à celui qui convoiterait son podium perso au PowerBoyz, boîte de nuit 100 % gay où il passe ses soirées. Il s’appelle Jim Parfait et il est « influenceur ». Un cador dans sa partie, l’icône la plus sexy et la plus suivie de la scène gay parisienne. Jim adore de toute évidence sa vie boostée aux anabolisants et aux compléments alimentaires protéinés.
Or, un matin comme les autres où il se prépare pour sa séance de sport quotidienne, Jim, effaré, voit un de ses abdos disparaître ! Puis deux, puis trois… Plop ! Plop ! Plop ! Paniqué, il court à l’hôpital – et la sentence tombe : il a choppé l’hétérose, la nouvelle IST qui décime les rangs homosexuels, transformant les fiers homos en vulgaires hétéros. L’hétérose, c’est l’avachissement programmé, le « manspreading » instinctif, le « fashion faux-pas », l’intérêt obligatoire pour le tuning, la bière et le foot… Et puis la chute libre : une obsession pour la monogamie, un désir irrépressible de reproduction et enfin une phobie de certaines zones érogènes qui… que… bon… bref : l’horreur suprême. Tous les followers de Jim se désabonnent. Tous sauf un, énamouré : Lucien, charmant jeune homme fluet qui peine à s’assumer face à une effroyable mère catho-castratrice (qui n’est autre que la terrifiante Ministre de la Santé !), l’exact opposé des fantasmes de Jim. C’est ce duo mal assorti qui part à la recherche du mystérieux Dr Ragoult et de son hypothétique remède à l’hétérose : la « chloroqueer »…
Voilà un film qui ne prend pas de pincettes. Qui fonce dans le tas à tombeau ouvert, appelle un chat un chat, la prostate une zone érogène et l’Empereur breton réac des médias et du cinéma un Mogul fascistoïde – et ça fait un bien fou ! Un dessin animé (dé-)culotté, inventif, joyeusement féroce, écrit à huit mains par un quarteron de scénaristes sans filtres, adeptes des jeux de mots crus et nourris de solides références satiriques « bêtes et méchantes » (de Hara Kiri à Ralf König). Les plus anciens reconnaîtront là l’héritage du vétéran Picha (Tarzoon la honte de la jungle), les plus jeunes béeront et jubileront devant un spectacle auquel (hélas !) rien ni personne ne les a vraiment préparés (nous sommes quelques-uns à penser que Peepoodo, la « série éducative pour adultes » produite par le même studio Bobbypills, aurait toute sa place dans les programmes des lycées). Lucien, le newbie (débutant dans le milieu), nous guide dans la jungle des cultures et des chapelles gay qui sert de décor à une improbable relecture de conte de Grimm par un Tex Avery sous acide, avec ses héros, ses méchants, sa bonne fée drag, son Graal. Tour à tour décapant et bienveillant, Jim Queen balance autant sur les queerphobies de notre époque qu’il moque l’homo-normativité (culte du corps, âgisme, classisme…). Et ne prône en définitive qu’une saine attitude, quelle que soit son orientation : l’acceptation de soi. Pour Marco Nguyen, « l’humour, c’est la meilleure arme pour faire face à l’état du monde aujourd’hui. » On ne peut qu’abonder dans son sens et, le film à peine fini, on en redemande tellement on a ri et halluciné devant tant d’inventivité.»
