La Chaleur
LA CHALEUR
France/Belgique/Italie 2026. Un drame de Stéphane
Demoustier avec Hadrien Hussein, Tristan Richard,
Martina La Manna…
Durée : 1h33
Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane, 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaître au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia…
Les horaires
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| 17H20 | 19H00 |
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Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.5/5 , SensCritique : 6.1/10
« .Hadrien Hussein joue cet adolescent qui ne s’abandonne à aucune émotion. Son personnage parle peu, il n’a pas beaucoup de texte, laisse le vide glisser sur lui. C’est un « être-là », muré dans son incommunicabilité, un bloc de pure présence.»
«.Le réalisateur de Borgo, (2024) démontre avec ce nouveau long-métrage sa capacité à renouveler son œuvre cinématographique. Avec sa mise en scène et ses dialogues naturalistes, le film évoque cette fois le cinéma de Rohmer, la gravité en plus.»
«.Avec une sobriété d’artisan (pas une once de frime ici, ni d’overdose symbolique), Stéphane Demoustier règle ce bad trip en horloger méticuleux mais aussi en fin psychologue.»
«La chaleur est bien là, au cœur de l’été landais. Le long d’une de ces immenses plages bordées de pins, dans un de ces campings familiaux géants généreusement équipés de piscines à toboggan – malgré la proximité de l’océan. Tout est conçu pour que les vacanciers sortent le moins possible de cet univers concentrationnaire à eux dédié : restaurants, supérette et boite de nuit permettent d’y vivre en quasi autarcie. Un ersatz consumériste et accessible de Paradis terrestre, idéal pour des familles qui ne veulent pas trop se poser des questions, privilégient le farniente et ne rêvent pas de vacances estivales aventureuses. Un Paradis de premier ordre pour les ados qui, du matin (disons de l’extrême-fin de la matinée, ça reste des ados) jusque tard dans la nuit, se retrouvent en bandes pour se baigner, chahuter, draguer et enchaîner les fêtes nocturnes – souvent très alcoolisées. Marouane, dix-sept ans, fait partie d’une de ces tribus. À ceci près qu’il est le timide de l’équipe. Renfermé, taciturne, pas vraiment adepte de la bronzette et des chahuts aquatiques : c’est celui qui reste à l’écart de la mêlée et des stupides concours de « binge drinking » (qui consistent à s’alcooliser le plus rapidement possible). Peu conscient des effets de son charme sur les demoiselles, en particulier sur Giulia, la jeune et belle Italienne qui le dévore des yeux, Marouane traine avec Noé – un brave garçon un peu rond, qui n’a qu’une obsession (assez drôlatique) : « conclure » façon Jean-Claude Dusse, via des applis de rencontre.
Mais le revers de la médaille, pour le second couteau un peu effacé d’une bande d’ados, c’est le harcèlement. C’est ce qui arrive à Marouane quand, rentrant tranquillement dans la nuit à sa tente, il se fait chahuter par Oscar, un garçon bien plus « populaire » qui lui pique sa pochette. Mots blessants, fuite, bagarre, bousculade… Oscar bascule d’une rambarde et fait une chute mortelle. Et Marouane, sans réfléchir, fait le mauvais choix : il enterre à la va-vite le corps sur la plage et se débarrasse du téléphone de la victime. Faisant basculer la douce chronique adolescente estivale du côté d’un film à suspense naturaliste, sec, lancinant, autour de la possible découverte du disparu.
Stéphane Demoustier a décidément un talent éclectique : après deux thrillers moraux très réussis (La Fille au bracelet et Borgo), suivis d’un ample et passionnant récit mettant en scène l’architecte adoubé par Mitterrand pour faire entrer Paris dans le 21e siècle (L’Inconnu de la Grande Arche), il revient avec La Chaleur, « film noir baigné de soleil » à la mise en scène volontairement simple, discrète, dépouillée, au service d’une intrigue qui est avant tout prétexte à portraiturer le côté obscur, mal-aimable de l’adolescence. Stéphane Demoustier décrit formidablement l’importance de la bande, la réputation, la hiérarchie, les caractères, l’omniprésence du désir et des premiers émois sensuels. Mais aussi les failles secrètes et, au-delà des airs bravaches, les blessures intimes et le poids des déceptions amoureuses. Il filme magnifiquement le décor, a priori synonyme de bonheur et d’insouciance, de sa tragédie en un acte, et parvient à rendre subrepticement angoissants ce camping et cette plage, avec son bunker renversé, ses baïnes qui piègent les baigneurs, témoins d’un drame que tout le monde ignore. Tout le monde, sauf Marouane – à qui le jeune Hadrien Hussein, révélation du film, prête son impénétrable charme solaire et son mutisme inquiétant.»
