la chambre régionale des comptes s’inquiète de la situation de l’hôpital de Cahors
Le centre hospitalier Jean-Rougier de Cahors, « pivot d’un département rural à la population vieillissante », est en difficulté financière. Dans un rapport de 66 pages publié le 26 octobre, la chambre régionale des comptes, qui a examiné les comptes 2019-2024, note une situation « fortement détériorée à compter de 2023 » : déficit de près de 7 millions d’euros en 2024 — dix fois celui de l’exercice précédent — pour un budget de 145 millions, et 8,9 millions attendus fin 2025. L’établissement ne finance plus ses investissements que par subventions et emprunt, sous des « tensions de trésorerie croissantes ».
En cause, des charges en hausse bien supérieure à l’activité : la masse salariale — deux tiers des dépenses — a bondi de 41 % en cinq ans, portée par les avancements de carrière et les revalorisations du Ségur de la santé, tandis que l’activité ne progressait que de 1,4 %, explique la directrice Sonia Neurisse, arrivée en janvier 2025 à la tête des 1 200 agents de l’hôpital.
Dès sa prise de fonction, un plan de redressement est lancé, centré sur la reconquête des patients qui fuyaient vers d’autres départements. Résultat encourageant : +26 % de séjours depuis fin 2024, avec de nouvelles activités comme l’unité de soins intensifs de cardiologie ouverte en mai 2026. La direction améliore aussi les parcours au sein du GHT du Lot, en transférant par exemple les patients de Gourdon vers les spécialistes cadurciens.
Des efforts constatés par la juridiction financière : « la démarche de performance relancée en 2025 commence à produire des effets ». Mais la directrice le reconnaît, « on ne reviendra pas à l’équilibre tout de suite ». Les prochains mois seront capitaux pour le principal hôpital du Lot, qui doit aussi séduire des spécialistes — radiologues en tête — encore trop rares dans le département.
Source : La dépêche


