La DNC (ou Dermatose Nodulaire Contagieuse)
La DNC a été détectée en France, pour la première fois, le 29 juin 2025 en Savoie. Cette maladie virale, douloureuse pour les animaux, peut potentiellement entraîner jusqu’à leur décès.
Depuis plusieurs jours la colère et l’opposition d’éleveurs du Sud Ouest montent contre les mesures d’abattages de l’ensemble de leur troupeau, alors même que certains de leurs animaux ne présentent pas de signes de la maladie. Selon les vétérinaires et les scientifiques une des difficultés pour éradiquer le DNC vient de ce qu’un animal peut-être porteur du virus sans manifester aucun signe d’atteinte. Le laisser en vie dans un troupeau infesté ne pourrait que conduire à prendre le risque de continuer à propager la maladie.
Si le Lot, n’est pas un département atteint, il n’en reste pas moins qu’avec les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, notre région est impactée.
Ainsi, vendredi 12 décembre, des agriculteurs de la Coordination Rurale et de la Confédération Paysanne ont manifesté devant la préfecture du Lot puis devant la Chambre d’agriculture et la MSA.
Claire Raulin (préfète), a reçu une délégation et en a appelé « à la responsabilité » en rappelant que si la maladie se propage, la mortalité peut atteindre jusqu’à 10% des bovins, avec des conséquences graves pour l’avenir de l’élevage français qui compte actuellement 17 millions de bovins.
C’est cette stratégie d’abattage qui fait partie de la stratégie mise en place par l’Etat en concertation avec les scientifiques, les vétérinaires, les syndicats et d’autres acteurs qui est remise en cause par les manifestants.
Pour la FDSEA-JA46 « l’urgence est d’agir en gardant la tête froide »
« Face à cette progression rapide de la DNC en Occitanie et à l’apparition de foyers en dehors des zones réglementées, notre organisation FDSEA-JA46 tient à réaffirmer son engagement total auprès des éleveurs. Depuis le début de cette crise sanitaire majeure, nous défendons une ligne claire : agir avec responsabilité, s’appuyer sur les données scientifiques et protéger l’ensemble de la filière bovine française. Aujourd’hui, la situation se détériore. Plusieurs cas supplémentaires ont été confirmés, et nous constatons que le protocole officiel n’est pas appliqué strictement sur le terrain. Des transports illégaux d’animaux par exemple, compromettant l’efficacité des mesures de lutte et mettant en danger toute la filière. Face à ce constat, nous demandons à l’État :
- d’intervenir immédiatement avec une communication claire, fondée sur la réalité du terrain et appuyée sur des faits scientifiques incontestables.
- de faire appliquer strictement les règles qu’il a lui-même établies avec des contrôles,
- de prendre pleinement ses responsabilités face à l’urgence sanitaire.
Par ailleurs, une réflexion profonde doit être engagée sur la mise en place d’une zone vaccinale élargie.
L’évolution de la situation montre que la stratégie actuelle, limitée à des périmètres restreints, n’est plus adaptée à la dynamique réelle de la maladie. Les foyers identifiés hors zones réglementées démontrent la nécessité de repenser l’approche territoriale.
En conclusion, Les connaissances scientifiques disponibles montrent que le virus de la DNC peut être présent dans les croûtes, bouses et divers matériaux contaminés, qui peuvent persister dans l’environnement et contribuer à la diffusion du virus.
Dans ce contexte, multiplier les déplacements en zone infectée accroît mécaniquement les risques de transport involontaire de matières contaminées et complique les efforts déjà engagés pour contenir la maladie. Limiter strictement les accès est donc une mesure de bon sens, de responsabilité et de protection collective. Les éleveurs n’ont plus le temps d’attendre. Des décisions rapides, cohérentes et assumées sont indispensables pour rétablir la confiance, soutenir les professionnels et stopper la progression de la maladie. Enfin, nous rappelons un principe essentiel : Ne pas confondre combat idéologique et défense de l’élevage. Les différentes crises notamment sanitaires ont toujours été contenues et maîtrisées par une grande responsabilité de chacun dans l’intérêt général de notre agriculture Notre priorité reste la même : protéger nos troupeaux, protéger nos éleveurs, protéger notre filière. »
Carole Delga , (Présidente de la région Occitanie) a rappelé le plein soutien de la Région Occitanie à la filière et la commission permanente vient de décider d’un dispositif d’urgence, doté de 300 000 €, complémentaire au dispositif de l’Etat, pour reconstituer les cheptels et éviter la disparition d’exploitations essentielles à l’équilibre rural et à la souveraineté alimentaire de notre pays.
La ministre de l’agriculture Annie Genevard a réuni à Toulouse le 15 décembre l’ensemble des représentants des professionnels agricoles locaux. Les échanges ont porté sur la stratégie sanitaire pour éradiquer la DNC et le déploiement de la vaccination en Occitanie, à la suite de l’annonce, le 12 décembre, de la création d’un cordon sanitaire vaccinal autour des Pyrénées, visant à protéger le cheptel occitan et, plus largement, l’ensemble des cheptels bovins français.
La Ministre ayant ouvert le dialogue pour un ajustement de la délimitation de la zone vaccinale, les représentants des professionnels se sont engagés à lui transmettre une demande d’extension de ce cordon sanitaire vaccinal à deux autres départements, le Tarn et l’Hérault.
Elle a également décidé la constitution d’une cellule de dialogue scientifique dès ce 16 décembre, composée de représentants professionnels proposés par Monsieur le Préfet de région Occitanie et Madame la Présidente du Conseil régional d’Occitanie et de scientifiques de structures reconnues pour leur expertise en santé animale. Cette instance aura pour mission d’examiner au plus vite, et en toute indépendance, les propositions formulées en Occitanie, au regard de l’impératif de protection des cheptels.
Les membres scientifiques experts seront désignés au sein de la Société nationale des groupements techniques vétérinaires (SNGTV), de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), du centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) et de l’Ecole nationale vétérinaire de Toulouse (ENVT).
Pour rappel, la DNC est une maladie strictement animale, virale non transmissible à l’être humain, ni par contact avec des bovins infectés, ni par l’alimentation de produits issus de ces animaux (viande, lait, fromage), ni par piqûres d’insectes. Elle se propage entre bovins par les mouvements d’animaux infectés ou via des insectes « vecteurs » (taons et mouches piqueuses / stomoxes).
Consulter le point de situation sur la DNC
> Face à l’urgence sanitaire qui frappe les Pyrénées-Orientales, l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, la présidente Carole Delga souhaite rappeler le plein soutien de la Région Occitanie à la filière agricole et aux éleveurs. Sur sa proposition, une aide exceptionnelle pour soutenir les éleveurs touchés par la DNC vient d’être votée par les élus régionaux, réunis en commission permanente ce vendredi 12 décembre. Un dispositif d’urgence, doté de 300 000 €, complémentaire au dispositif de l’Etat, pour reconstituer les cheptels et éviter la disparition d’exploitations essentielles à l’équilibre rural et à la souveraineté alimentaire de notre pays. Elle a également demandé à la ministre de l’agriculture Annie Genevard d’ouvrir sans attendre un dialogue avec les représentants de la profession agricole en Occitanie. Ce travail doit permettre d’envisager un nouveau protocole adapté en fonction des analyses scientifiques du ministère de l’Agriculture, de l’Agro-alimentaire et de la Souveraineté alimentaire et des propositions des syndicats
Source : medialot – agriculture.gouv
Image en avant @Xavier Remongin/agriculture.gouv.fr



Bien que le Lot ne soit pas atteint, nous apprenons que la mobilisation agricole s’installe maintenant dans le Lot où les agriculteurs bloquent l’autoroute A20 pour protester contre l’abattage systématique des bêtes. La Coordination rurale compte ainsi installer un campement jusqu’au 1er janvier. A suivre