La Fin D’Oak Street
LA FIN D’OAK STREET VO / VF
États-Unis 2026. Un film de David Robert Mitchell avec Anne
Hathaway, Ewan McGregor, Christian Convery…
Durée : 1h39
TOUT PUBLIC AVEC AVERTISSEMENT
Lorsqu’un mystérieux événement cosmique arrache Oak Street à sa paisible banlieue et la transporte vers un lieu inconnu, la famille Platt, désorientée dans ce nouvel environnement hostile, comprend vite qu’il leur faudra rester unis pour survivre.
Les horaires
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| 17H25 VF | 18H50 VF | 20H10 VF | 21H30 VO | 20H40 VF | 19H00 VF |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.1/5 , SensCritique : 6.1/10
« .Le film prend très vite la direction spielberguienne qu’on espérait, avec cette ambiance années 80 où bons sentiments font la paire avec une aventure que Jules Verne n’aurait pas reniée. […] David Robert Mitchell se différencie de ses pairs par une vraie patte qui passe par une cruauté surprenante lorsqu’il s’agit de décimer les résidents, surtout sur un film estampillé grand public (avec avertissement). […] Les dinosaures sont finalement de retour. Comme quoi certaines choses n’appartiennent pas qu’à la préhistoire !.»
«.Le film pourrait presque constituer une trilogie contemporaine aux côtés de Life of Chuck de Mike Flanagan et Here de Robert Zemeckis, deux autres films cerveaux où la confrontation entre l’infiniment grand et le quotidien à travers le vertige du temps donne lieu à de bouleversantes fresques humanistes. Ce regard candide impose au passage un pacte étonnant avec le spectateur qui sait très vite qu’il ne sera jamais trahi ou manipulé.»
«.Retour au premier plan du réalisateur de « It follows » David Robert Mitchell, avec un très plaisant blockbuster estival où une banlieue des années 1980 fait face à une invasion de dinosaures..»
«.Sorti en catimini au creux de l’été par le studio Warner Bros, qui semblait ne trop savoir qu’en faire, La Fin d’Oak street est l’une de ces aberrations dont Hollywood a encore le secret. Qu’on en juge par son concept de série B délirante, qui propulse un quartier pavillonnaire américain en plein jurassique, où une famille ordinaire se retrouve aux prises avec des hordes de dinosaures. Aux manettes, on retrouve, d’un côté, le réalisateur David Robert Mitchell, champion des charades pop (It Follows, 2015 ; Under the Silver Lake, 2018), et, de l’autre, le producteur J. J. Abrams (Super 8, Star wars), « bébé Spielberg » revendiqué. Comme on pouvait s’y attendre de la part d’un tel attelage, La Fin d’Oak street est bien plus retors que son argument rustique ne le laissait supposer. Le résultat se révèle, en définitive, aussi surprenant que savoureux et détourne méthodiquement l’univers spielbergien qui a façonné l’imaginaire américain durant des décennies.
Nous sommes en 1982, dans un quartier trop tranquille des États-Unis pavillonnaires, tout droit sorti d’E.T., l’extra-terrestre (1982, comme par hasard) ou de Rencontres du troisième type. En pleine fête des voisins, la famille Platt accuse de graves dysfonctionnements. Le père (Ewan McGregor), au chômage sans l’avouer, livre des pizzas en cachette. La mère frustrée (Anne Hathaway) écrit des romans où elle fantasme son départ. Les deux enfants sentent que le divorce n’est pas loin. Et puis d’étranges clartés zèbrent les nuits. Des plantes antédiluviennes réapparaissent dans les jardins. Un monticule de déjections trône sur la pelouse du voisin. Et un beau matin, des dinosaures surgissent entre les maisons, semant tout de go le chaos. Les Platt voudraient fuir en voiture, mais, outre les mastodontes, une jungle mésozoïque touffue s’étend désormais alentour. Au bout de la rue, le périmètre est bouclé par un ravin qui les coupe du reste du monde. Tombé dans une faille spatio-temporelle, le quartier devient le théâtre d’un improbable survival.
La réussite du film tient à sa capacité à faire constamment jouer ensemble le premier et le second degré. Sans jamais négliger les requis du récit d’aventures (une formidable scène où une murène géante se glisse dans la maison, envahissant les couloirs), Mitchell en profite pour distiller, tout du long, des notes narquoises [plus que Spielberg, la grande filiation du film est le cinéma de sale gosse, joyeux et incisif, de Joe Dante – note du claviste]. Le regard de l’auteur est assez clair : il se place délibérément du côté des monstres, sortes de Gremlins géants qui louvoient autour du cadre, surgissent du hors champ, viennent tout casser sur leur passage. Dans le sillage des dinosaures, le film se livre ainsi au saccage du décor pavillonnaire états-unien. Et, avec lui, à la destruction en règle de la famille blanche nord-américaine, mise en déroute, ravagée de fond en comble, avec certains de ses membres joyeusement déchiquetés.
Depuis Starship Troopers, de Paul Verhoeven, rares sont les blockbusters à avoir fait résonner une ironie si féroce au cœur même du spectacle. Entre les mains de Mitchell et Abrams, le film à gros budget ne renie rien de sa capacité à divertir, mais sécrète en retour une aberration productive, propre à mettre en crise l’imaginaire même où sommeille l’Amérique. Outil ludique et pop, il pose une question qui n’a rien d’anodin : quelles sont les limites de la fiction ? (Mathieu Macheret, Le Monde).»
