La Frappe
LA FRAPPE
France 2026. Un drame de Julien Gaspar-Oliveri avec
Diego Murgia, Bastien Bouillon, Romane Fringeli…
Durée : 1h46
TOUT PUBLIC AVEC AVERTISSEMENT
Enzo, 19 ans et sa sœur Carla, 20 ans, sont livrés à eux-mêmes depuis plusieurs années. Quand leur père, Anthony est libéré de prison, Enzo voit la promesse fragile d’une famille à reconstruire contrairement à Carla pour qui l’idée reste inconcevable. Rattrapé par son passé, Enzo doit se confronter à une vérité qu’il a trop longtemps gardée pour lui…
Les horaires
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| 20H45 | 19H00 | 19H00 | 18H30 |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.9/5 , SensCritique : 6.1/10
« Solide et perturbant scénario décalé d’une autobiographie devenue fiction de cinéma, La Frappe a été tourné vite, en 22 jours, dans une forme d’urgence, et d’authenticité brute préservée par l’absence de toute répétition et portée par d’épatants jeunes comédiens, au jeu simple et vif : Diego Murgia et Romange Fringeli..»
«.Un impactant récit, où les non-dits deviennent évidences, au sens de preuves comme d’éclairage d’un drame face auquel beaucoup sont aveugles ou témoins complices..»
«C’est dans ce présent, à distance des faits, que le film dessine les crimes passés. Une distance qui permet d’éviter l’écueil du voyeurisme, et qui montre la persistance des blessures, des années après les agressions.»
«.Après une mini-série remarquée, Ceux qui rougissent, et plusieurs pièces dont La Gueule ouverte, déjà consacrée au thème de l’inceste, La Frappe est le premier long-métrage de Julien Gaspar-Oliveri. Si le sujet est autobiographique, l’histoire, elle, ne l’est pas, ce qui lui permet à la fois une proximité et une certaine distance avec ses personnages, et de toucher au cœur des conséquences à l’âge adulte des violences sexuelles intrafamiliales. Depuis le rapport de la CIIVISE, on met des chiffres effarants sur une réalité longtemps dissimulée : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année (soit 1 enfant sur 10, trois enfants par classe !) ; dans 81 % des cas, l’agresseur est un membre de la famille…
Rarement, voire jamais, n’a été abordé avec autant de force et d’acuité ce qu’il advient de l’amour filial après un tel traumatisme. « J’ai construit la fiction à partir de cette question : ce serait quoi l’histoire d’une personne qui ne peut vraiment pas accepter la violence de son père ? Qui ferait tout pour le remettre à une place de père plutôt que de bourreau. »
Enzo a 19 ans, on voit bien que son parcours scolaire n’a pas dû être une promenade de santé, mais il ne s’en sort pas si mal, il essaie de monter sa petite affaire de vente de camelote à bas prix sur les marchés, avec la voiture qu’il s’est débrouillé pour acheter, une petite voiture mais qui a de la reprise ! Il a son propre appartement, toujours le sourire, une jolie petite copine, et une belle-famille sympa qui tient un circuit de karting : il a sa vie bien main. Sa frangine Carla a 20 ans, son petit caractère, toujours en colère, mais bon, c’est sa frangine et on les sent proches et déjà indépendants et matures. Les parents sont complètement absents, même si, de temps en temps, ils vont voir leur mère qui habite dans une tour pas loin.
Et puis un jour, sans le dire à sa mère ni à sa sœur, Enzo va récupérer son père Anthony à sa sortie de prison. On ne sait pas trop ce qu’il a fait, mais il a l’air surpris de voir son fils. Plutôt taiseux, la démarche faussement tranquille et débonnaire, il fait un petit commentaire sympa sur la bagnole, et très vite le volant change de mains. Anthony aime la conduite rapide, les dérapages, et Enzo est visiblement heureux de voir son père, son goût pour les voitures et la vitesse, on comprend d’où ça vient, et qu’il y a un besoin d’approbation. On sent aussi l’excès d’agitation, le malaise, mais Anthony veut jouer le jeu même s’il est surpris de voir ainsi son fils, alors il lui file un coup de main sur les marchés, et puis ça lui fait un endroit où crécher temporairement. Carla, par contre, refuse de le voir, on voit bien qu’elle a la haine, elle ne comprend pas Enzo, mais ne veut pas le laisser tomber pour autant.
Avec le père, c’est toute leur histoire qui avait été mise au placard. Aujourd’hui tout est prêt à ressortir, la tension monte, monte, comme dans les cocotte-minutes à deux balles qu’Enzo vend maladroitement sur les marchés, tout vibre autour d’eux, menace leur entourage, le couvercle s’agite, prêt à exploser…
Bastien Bouillon est impeccable dans le rôle du père, séducteur, sympathique et à la personnalité envahissante, dominante, inquiétante. Diego Murgia et Romane Fringeli sont extraordinaires dans le rôle des jeunes adultes. Julien Gaspar-Oliveri filme au plus prêt les sentiments contradictoires, la violence des émotions quand ce qui était caché surgit brutalement. Un premier film d’une grande justesse et bouleversant..»
