La Ragazza Di Bube
LA RAGAZZA DI BUBE VO
Italie 1964 (version restaurée 2026). Un drame de Luigi
Comencini avec Claudia Cardinale, George Chakiris, Marc Michel…
Durée : 1h50
En Toscane, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Mara rencontre Bube, un ancien résistant. Ils tombent amoureux mais Bube est obligé de fuir le pays car il est accusé d’un assassinat politique. Mara reste en Italie à l’attendre, mais elle rencontre Stefano qui lui demande de l’épouser. Elle est sur le point d’accepter, résignée de revoir un jour Bube, quand elle reçoit subitement de ses nouvelles.
CINÉ-MÉMOIRE
VENDREDI 5 JUIN À 18H30 ENTRÉE 4 €
Présentation et débat Guy Fillion
Les horaires
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| 18H30 VO | 21H05 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.8/5 , SensCritique : 6.8/10
« .En cinq décennies d’activité, Luigi Comencini (1916-2007) a slalomé entre les écoles et les genres, et traversé toutes les évolutions du cinéma italien. S’il a signé de grands succès populaires (L’Incompris en 1967, Les Aventures de Pinocchio en 1972), l’agenda des restaurations nous permet d’explorer les zones d’ombre de son œuvre. Après le polar inédit Sans rien savoir d’elle (1969), c’est au tour de La Ragazza di Bube (1964) de retrouver le chemin des salles.D’après le roman du même nom de Carlo Cassola, porté par une belle partition de Carlo Rustichelli, ce film oublié porte, vingt ans après la fin de la seconde guerre mondiale, un regard critique sur la Libération, dégagé des mythes du néoréalisme. Participant d’une relecture moderne des événements (comme avec Le Bossu de Rome de Carlo Lizzani en 1960 ou Des filles pour l’armée de Valerio Zurlini en 1965), il contient en outre l’une des plus remarquables prestations de Claudia Cardinale (1938-2025) à l’écran.En avril 1944, dans la Toscane fraîchement libérée, Mara (Cardinale), une fille de la campagne, célèbre les convois d’Américains qui passent à côté de chez elle, dans un coude de l’Arno. Elle tombe amoureuse de Bube (George Chakiris, comédien et danseur américain débarqué de West Side Story), un partisan redescendu du maquis. Ils se fiancent, mais Bube est pris dans une rixe et tue un ancien fasciste. Recherché par les autorités, il quitte le pays. En son absence, Mara part travailler en ville et fait la rencontre de Stefano (Marc Michel), un jeune ouvrier typographe.qui ne tarde pas à la demander à son tour en mariage.
Le film investit la Libération italienne comme une période trouble, cette la- tence avant l’amnistie, où le départ de l’occupant ne signe pas pour autant la fin des conflictualités politiques, notam- ment entre communistes et fascistes, qui règlent leurs comptes à couteaux ti- rés. Mais en faisant de Mara l’héroïne, le film pose sur l’époque un regard décen- tré. Il adopte délibérément le point de vue de l’amoureuse, qui n’intellectualise pas la situation mais la vit. Les stigmates de la guerre s’affichent dans les décors traversés (un pont détruit sur l’Arno, des bâtiments écroulés en ville), mais en ar- rière-plan, comme teintés du filtre des sentiments. En femme qui attend, peutêtre indéfiniment, Cardinale, en cheveux blonds et courts, trouve un rôle à la hau- teur de La Fille à la valise (Valerio Zurlini, 1961), qui l’avait révélée : une mar- cheuse qui se tient droite, orgueilleuse et rustique, figure de l’Italie populaire…»
«.Le 23 septembre 2025 mourait Claudia Cardinale. Elle avait 87 ans. La ressortie en salle, en version restaurée, de La ragazza di Bube de Luigi Comencini, vient à point nous rappeler combien elle ne devint pas seulement célèbre grâce à sa beauté, mais parce qu’elle était une formidable comédienne. Ce film de Comencini (L’Incompris, l’Argent de la vieille,Les Aventures de Pinocchio, etc…), n’est pas son film le plus connu, mais il est pourtant très beau. Il date de 1964 et débute en juillet 1945, au moment de la Libération de l’Italie par les troupes américaines, c’est-à-dire à l’époque où Rossellini tournait Païsa, son “tour de l’Italie” de l’après-guerre. Mara est la fille (un peu blonde et sauvage) d’un agriculteur pauvre dans une partie de la Toscane qui l’est tout autant. Ils manquent même de sel (les néo-nostalgiques de Mussolini devraient un peu étudier ce qu’était leur pays à la mort du fascisme…). Claudia Cardinale a vingt-six ans quand elle joue Mara, cette ado qui a un “crush” pour un partisan communiste ancien camarade de combat de son demi-frère qui y a laissé sa peau.
“La plus belle Italienne de Tunis”
On sent bien qu’elle s’accroche à lui parce qu’elle n’a personne d’autre sous la main, et que Bube (c’est son nom) est un gars sérieux et beau (Georges Chakiris, un danseur américain de formation, vu dans West Side Story et Les Demoiselles de Rochefort). Ils se voient rarement, s’écrivent un peu, mais Bube n’exprime jamais ses sentiments, ce qui énerve Mara. Il annonce un jour à Mara qu’ils sont désormais fiancés, et elle n’est pas contente qu’on ne lui demande jamais son avis. Mais Bube, à la suite d’une rixe qui tourne mal avec le fils d’un gendarme fasciste, doit encore fuir, se cacher. Mara rencontre un autre homme, séduisant (Marc Michel, autre acteur de Demy, puisqu’il est son Roland Cassard), mais elle a grandi, mûri, et l’amour pour Bube est devenu très fort. Bube finit en prison. Mara est devenue une femme forte, elle a la trentaine. Et Claudia Cardinale, tout en restant une, joue toutes ces étapes de la vie d’une femme italienne du peuple et de son temps avec une intelligence de jeu, une maîtrise de son art qui ne cherche jamais à en imposer, avec une simplicité très sophistiquée. La petite beauté sicilienne de La Goulette, “la plus belle Italienne de Tunis” est devenue une grande actrice. Elle était une grande actrice .»
«.r.»
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