La sécurité dans le Lot – le sentiment d’insécurité
La saison estivale a été apaisée
.La préfecture du Lot a dressé un bilan positif de la sécurité dans le département après une saison estivale particulièrement calme. Malgré lplus d’une centaine d’événements festifs et culturels, aucun fait de violence notable n’a été relevé ; ce n’était pas le cas en 2024 où 14 incidents avaient été recensés.
On se souvient bien sûr de la rave party du mois de mai de Montvalent-Rocamadour qui avait rassemblé près de 10 000 participants. L’événement, tenu sans autorisation, avait mobilisé d’importants moyens de sécurité
Selon la préfecture, ce résultat, découlerait de la mise en œuvre du Plan départemental de restauration de la sécurité du quotidien, adopté en janvier. Gendarmes, policiers nationaux et polices municipales ont été fortement mobilisés de jour comme de nuit, en étroite coordination avec les communes et les organisateurs de festivités.
Mais des signaux d’alerte inquiétent .
La préfecture constate en effet une nette montée de plusieurs formes de délinquance notamment liées aux stupéfiants, à la violence intrafamiliale et aux cambriolages
La consommation de cocaïne connaît une hausse spectaculaire : +50 % de mises en cause pour usage par rapport à 2024, et +25 % pour le trafic. Les démantèlements de points de deal atteignent déjà le niveau de toute l’année précédente. Cette banalisation se répercute sur la sécurité routière, avec une augmentation de 33 % des suspensions de permis, dont la moitié pour conduite sous stupéfiants. Depuis janvier, neuf personnes ont perdu la vie et 122 ont été blessées.
Les violences intrafamiliales représentent désormais près de 80 % des violences contre les personnes, un chiffre en hausse malgré la baisse des incidents liés aux fêtes.
Les cambriolages de logements, sont en augmentation de 25 %. Les autorités évoquent des actes souvent opportunistes, facilités par des négligences. Des campagnes de prévention et des dispositifs de participation citoyenne sont relancés pour sensibiliser la population.Des actions coordonnées pour endiguer la tendance
Pour faire face à cette évolution, la préfecture du Lot mise sur une coordination renforcée entre forces de l’ordre, établissements scolaires, associations sportives et collectivités. Objectif : prévenir plutôt que réprimer, en s’attaquant aux causes sociales et comportementales de ces dérives.
Entre vigilance et mobilisation collective, le Lot cherche à contenir une délinquance en mutation, plus diffuse, mais aussi plus ancrée dans le quotidien.
L’insécurité
Les chiffres nationaux montrent une hausse de l’insécurité sur le temps long. Selon Frédéric Lauze, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale, cela a pour conséquence une baisse de notre qualité de vie ; ça veut dire aussi que le coût de la sécurité augmente, et que la confiance n’est plus là. Toujours selon lui, citant Tacite (un philosophe ancien) « quand une société n’a plus de mœurs, elle crée des lois ». Il poursuit en notant que tout cela aurait commencé lorsque le civisme a baissé. Ce ne sont bien évidemment pas les seules causes. A écouter ou lire son interview
Quoiqu’il en soit, en prenant du recul sur ce sujet qui alimentent nos journaux télévisés et nos conversations il ne faut pas oublier de faire la différence entre l’insécurité (objective) et le sentiment d’insécurité (subjectif). Parfois lorsque nous nous plaignons d’insécurité, nous parlons plus souvent d’incivilités. Le bruit, que font des jeunes gens qui fument du cannabis ou boivent de l’alcool dans les espaces publics, les ordures laissées un peu partout.
Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de raison de se plaindre, et on est tout à fait fondé à réclamer que la police fasse quelque chose pour améliorer la situation. Même si l’augmentation de la délinquance est tout à fait réelle, cela n’implique pas pour la plupart d’entre nous, que nous serons un jour victime d’un délit ou d’un crime.
Par contre nous avons le sentiment parfois que la délinquance est hors de contrôle ou est en train d’échapper à tout contrôle. parce que incivilités augmentent et que la justice et plus largement les autorités publiques ne traitent plus le crime comme nous pensons qu’elles devraient le faire.
Ce n’est pas une vue de l’esprit. Dans l’état actuel de la France et de ses institutions, il est aussi rationnel de ne pas s’y estimer en sécurité que si l’on se trouvait seul dans une forêt où l’on sait que vivent de dangereux prédateurs.
Source : La dépêche – france 3 – Cairn info


