La Vie D’une Femme
LA VIE D’UNE FEMME
France / Belgique 2026. Un drame de Charline Bourgeois-
Tacquet avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling…
Durée : 1h38
Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu’une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?
Les horaires
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| 20H45 | 18H30 | 20H45 | 21H00 | 14H45 | 18H30 | 21H00 |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.7/5 , SensCritique : 6.4/10
« .Avec une caméra vibrante de sensualité sans jamais céder à la complaisance, et en refusant avec assurance le récit trop souvent attendu d’une passion amoureuse forcément destructrice pour lui préférer le spectacle apaisant d’une balade côte à côte, Charline Bourgeois-Taquet ajoute un magnifique chapitre à son étude au long cours des sentiments.»
«Si le chapitrage paraît parfois superflu et certaines transitions un peu programmatiques, « La Vie d’une femme » impressionne par la justesse de ses situations et de ses interprètes..»
«Un hymne à l’intelligence, au courage à la joie des femmes.»
«Si la vie de cette femme, Gabrielle, était musique, ce serait une symphonie. Impétueuse, sans temps mort, avec juste ce qu’il faut de respirations pour ne pas perdre le souffle. Une partition jouée perpetuum mobile où elle serait à la fois l’orchestre et la maestra, à la tête d’une vie dédiée aux autres, conduite par un sens du devoir frôlant parfois la tyrannie, celle qui habite les êtres entiers refusant toute concession, tout compromis.
Gabrielle est chirurgienne, cheffe d’un service hospitalier où l’on reconstruit les visages cabossés par les accidents, détruits par la maladie, brûlés à des degrés divers. Un métier qu’elle a choisi et qu’elle aime. Elle en aime le rythme fou et l’exigence, elle en aime l’ambition et la technicité, elle en aime la précision qui ne laisse pas de place au doute, ni à l’erreur, elle en aime aussi l’ivresse et la puissance qu’il lui donne.
Qui voudrait dresser la liste de ses nombreuses qualités écrirait « dynamique », « énergique », « déterminée », « brillante », « entière »… Mais peut-on résumer la vie d’une femme à cet inventaire, aussi impressionnant soit-il ? Que se cache-t – il entre les lignes de ce CV, parfait symbole d’une réussite professionnelle et sociale ? Qu’est-ce qui frémit dans les zones d’ombre que son agitation incessante semble vouloir cacher ? Quels sont les mots jamais prononcés que dissimule son verbe vif et parfois acéré ?
Car Gabrielle a beau s’activer, vouloir porter à bout de bras un service exsangue, qui n’espère même plus des moyens financiers et humains qui ne viennent pas, et faire comme si tout allait à peu près bien dans sa vie de couple, elle frôle dangereusement l’épuisement. Et juste derrière l’épuisement, il y a souvent, aussi, l’appel du vide : Gabrielle est une guerrière, mais elle lutte surtout contre sa propre chute et son addiction au travail est sa façon à elle de ne pas affronter ses démons. Elle a cinquante ans, l’âge où souvent le désir fout le camp, où le corps est moins coriace, l’âge des bilans bancals où l’on doit affronter la vieillesse et peut-être la maladie de ses parents, cet âge où les enfants (les siens, ou ceux qu’on a élevés comme tels) s’envolent mais éprouvent encore le besoin de sécurité du nid familial. Gabrielle n’a pas le temps pour faire face à tout cela, pas l’envie, pas le courage…
Et c’est là qu’une étincelle va mettre le feu aux poudres : le regard bleu de Frida, une écrivaine venue intégrer l’équipe soignante de l’hôpital pour nourrir la matière de son prochain roman. Elle possède des qualités précieuses que Gabrielle n’a pas, ou plus : une capacité à prendre le temps, une manière sensible d’être au monde à l’affût de ses émotions et surtout, un rapport à la vie et aux autres immédiat, simple et authentique. Gabrielle exige, revendique, enjoint, impose, sûre de son bon droit sur son équipe, ses collègues, son compagnon… Frida suggère, écoute, propose, doute. Entre les deux femmes, une relation forte va naître, opposant au vide un appel à la lenteur, à la tendresse, au désir retrouvé, à la douceur.
Charline Bourgeois-Tacquet observe les déambulations de Gabrielle au gré d’un chapitrage qui se conçoit comme autant de propositions offertes à ce personnage complexe et sensible incarné par une Léa Drucker exceptionnelle. Avec une densité romanesque bouleversante, le film réussit à raconter la vie d’une femme, sur deux plans : l’histoire d’une rencontre amoureuse qui s’impose comme une évidence et celle de la rencontre d’une femme avec elle-même. D’une cohérence rare, d’une justesse d’analyse impressionnante et d’une sensualité percutante, La Vie d’une femme est incontestablement un très beau film.»
