Le chêne-vert de Gourdon reprend vie
À l’entrée de Gourdon, en direction de Concorès, se dresse un arbre remarquable par sa taille, son âge et l’élégance de ses ramures : le chêne-vert quasi-centenaire de la Maladrerie.

Jusqu’à récemment, cet arbre vivait paisiblement, enraciné entre la route et un petit chemin piéton. Mais ces derniers mois, son avenir a semblé gravement compromis.
Les premiers signes d’inquiétude sont apparus lors de travaux préalables à la construction du nouveau rond-point. Des tranchées profondes ont été creusées pour refaire les réseaux, coupant au passage une partie significative de ses racines, côté chemin piéton. Or, le reste de son système racinaire s’étend sous la route, un espace totalement imperméabilisé, ne laissant pas d’accès à l’eau de pluie.
Puis, au fil de l’aménagement, le constat s’est aggravé : la nouvelle route a été rapprochée du tronc, un chemin piéton perméable allait être aménagé de l’autre côté, et les maigres espaces de terre restants ont été remplis de béton pour stabiliser les bordures. Privé d’eau, l’arbre a commencé à dépérir : feuillage terne, chute des feuilles… les signes étaient inquiétants.

Face à cette situation, une pétition citoyenne a rapidement vu le jour. En moins de 24 heures, plus de 110 signatures ont été recueillies, montrant l’attachement des habitants à ce véritable patrimoine naturel.
Ce que les initiateurs de la pétition ne savaient pas encore, c’est que la mairie de Gourdon était déjà sensibilisée à l’état de l’arbre. Lors des réunions de chantier, la situation avait été évoquée à plusieurs reprises. Sous les conseils d’une technicienne du département, la municipalité avait même lancé un programme d’arrosage intensif : 3 m³ d’eau tous les deux jours.
Suite à cette mobilisation collective, la mairie a décidé d’abandonner le projet initial de chemin piéton goudronné, au profit d’un revêtement perméable, plus respectueux de l’environnement racinaire de l’arbre.
Et les premiers signes encourageants ne se sont pas fait attendre : de nouvelles feuilles ont commencé à repousser. Une renaissance ? Peut-être.
Mais la prudence reste de mise, comme le rappelle Fabien Duligner, spécialiste bien connu du soin aux arbres en Bouriane :
« Le retour des feuilles est un bon signe, mais cela peut aussi être une réaction de stress. Il faudra observer l’arbre pendant une à deux années pour savoir s’il dispose de réserves suffisantes pour se maintenir. »
En attendant, cette affaire montre qu’une mobilisation citoyenne intelligente, alliée à une écoute municipale responsable, peut porter ses fruits. Une belle collaboration entre élus et habitants, pour que vive encore longtemps le chêne emblématique de Gourdon.




Une petite » anecdote » Nous avions en bordure d’un champ un très gros noyer certainement lui aussi très âgé. Un vent violent l’a couché à terre il y a quelques années en arrachant la plus grande partie de ses racines. Nous le pensions perdu et envisagions de le « couper » définitivement Une racine restant plantée, nous avons décidé de lui laisser un peu de temps. Bien nous en a pris ! Aujourd’hui, il est toujours couché mais vivant et donne encore et toujours des noix! qu’il encore plus facile de cueillir
Génial ! Cela me rappelle une phrase prononcée par Gilles Clément, le fameux paysagiste inspirant, lors de sa venue pour une conférence au Gindou : « Au jardin, il est parfois urgent de ne rien faire ! »
On parle du jardin au sens large bien sûr, et de certaines situations, comme celle évoquée par l’épistole ci-dessus. J’adore cette phrase, elle flatte la paresse et enseigne la patience.