Le Lot, département pionnier face au défi du vieillissement accéléré

déjà 31 % de seniors (+ de 65 ans) contre 21 % en Occitanie.

Avec près de 55 000 habitants de plus de 65 ans, dont 31 % vivent seuls et 8 % en perte d’autonomie, le Lot fait face à un vieillissement démographique plus rapide que la moyenne nationale. D’ici 2040, les seniors pourraient représenter jusqu’à 50 % de la population dans certains bassins de vie, contre 26 % en moyenne régionale. Une tendance qui interroge sur l’avenir social et économique du territoire, mais aussi sur les réponses à apporter pour préserver l’autonomie et la qualité de vie des aînés.

Un vieillissement atypique et coûteux

Le Lot attire de nouveaux retraités séduits par sa qualité de vie, tout en accueillant d’anciens habitants revenus sur leurs terres. Résultat : une pyramide des âges déséquilibrée, qui place le département en tête des territoires français les plus impactés par le vieillissement. « Les politiques nationales ne prennent pas en compte cette spécificité lotoise », alerte Damian Moore, directeur des solidarités, alors que les dépenses sociales représentent déjà plus de 60 % du budget départemental, avec 55 millions d’euros consacrés à l’autonomie. Les élus réclament une meilleure compensation de l’État pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA), aujourd’hui financée à seulement 30 % par l’État.

Prévention et innovation : le Lot en laboratoire du « bien vieillir »

Pour anticiper cette transition, le Département mise sur la prévention, notamment via le programme ICOPE de l’OMS, qui permet aux seniors de s’auto-évaluer et de détecter les premiers signes de fragilité. « 80 % de notre santé dépend de notre mode de vie et de notre environnement », rappelle Laurence Alidor, chargée de mission santé. Le Lot, sélectionné comme territoire pilote par l’OMS, développe des actions concrètes : aménagement de voies vertes, soutien aux circuits courts, mobilités douces, et adaptation de l’habitat via MaPrimeAdapt’, complétée par des aides départementales.

Habitat inclusif et ouverture des Ehpad

Le parcours de vie des seniors n’est plus linéaire : entre domicile, résidences autonomie et Ehpad, les solutions se diversifient. Le Lot inaugure en novembre un nouvel habitat inclusif à Montgesty, portant à trois le nombre de ces structures hybrides, qui allient intimité et convivialité. Parallèlement, les Ehpad s’ouvrent sur l’extérieur, avec des projets comme une crèche attitrée à Gourdon ou des animations culturelles pour rompre l’isolement. « Le projet de vie doit rester au cœur de ces structures », insiste Laurence Alidor.

Soutien aux aidants et pénurie de main-d’œuvre

Avec près de 11 millions d’aidants en France, le Lot renforce les dispositifs de répit et de reconnaissance, comme les Maisons de répit ou les accueils de jour. Mais le secteur de l’autonomie souffre d’une pénurie de main-d’œuvre. Pour y remédier, le Département a lancé la plateforme Ensem, dédiée à la promotion et à la coordination des métiers de l’autonomie, avec pour objectif de mutualiser les moyens et de fidéliser les professionnels.

Un schéma autonomie pour coordonner les actions

Face à ces enjeux, le Département, l’ARS et la MDPH ont co-signé un Schéma Autonomie sur quatre ans, définissant les priorités pour accompagner le vieillissement et le handicap. « Il importe que toutes les collectivités œuvrent en coordination », souligne Maryse Maury, vice-présidente en charge des personnes âgées.

Un modèle à suivre ? Entre prévention, innovation sociale et ouverture des Ehpad, le Lot se positionne comme un laboratoire du « bien vieillir », conscient des défis à relever pour préserver la dignité et l’autonomie de ses aînés.

Source : actu.fr