Le monde de la truffe se restructure en Occitanie

La fermeture, après plus de 40 ans, fin 2025, de la station expérimentale trufficole du Montat, véritable centre d’expérimentation, de formation et d’appui technique pour les trufficulteurs de la région, a servi d’électrochoc pour tout un secteur.

« Cela posait clairement l’avenir de la filière. Allait-on perdre un savoir-faire comme celui-ci ? 

Afin de redonner des couleurs à la filière trufficole régionale, ses acteurs se sont rassemblés pour créer la SCIC Truffes d’Occitanie. C’est à Lalbenque, dans le Lot, que cette coopérative a été officiellement lancée il y a quelques jours. Une initiative qui va s’accompagner d’un contrat de filière porté par la Région Occitanie.

Derrière la création de cet outil collectif, chacun affiche sa volonté de relancer la filière, alors que « 80 % des 120 à 150 tonnes de truffes exploitées chaque année en France sont importés », selon Alain Giniès. Un véritable enjeu économique pour la territoire.

« L’objectif est de consolider la production, en accompagnant et en formant les trufficulteurs et les particuliers. Nous allons aussi diffuser les connaissances et les pratiques innovantes. La truffe peut en outre être une source intéressante de diversification pour les agriculteurs, notamment là où on arrache des vignes, par exemple », détaille Laurent Genola, l’un des anciens de la station expérimentale du Montat.

S’il ne croit pas que la région retrouvera les volumes d’autrefois, il espère revenir à une production économiquement représentative, bien conscient cependant du défi que constitue le changement climatique.

Vice-président de la Région Occitanie en charge de l’Agriculture, Vincent Labarthe veut y croire. « Cette SCIC est un outil indispensable de R&D. Nous soutenons cette dynamique et, dans le cadre du plan de souveraineté de la Région, il y aura une déclinaison en contrat de filière pour la truffe », annonce-t-il. Soucieux de voir se développer une filière professionnalisée, il rappelle que la truffe peut être une production à très forte valeur ajoutée pour les agriculteurs de a région. La SCIC s’installera officiellement à Lalbenque, dans la rue du Marché-aux-truffes dans le courant du printemps.

Persuadés que l’Occitanie a tous les atouts pour retrouver sa place sur ce marché, tous les acteurs, de l’amont à l’aval (producteurs, collectivités, entreprises), se sont donc rassemblés dans cette SCIC Truffes Occitanie. Et si l’objectif est de valoriser la truffe d’Occitanie comme un produit emblématique du patrimoine local, pas question de s’arrêter à tuber melanosporum, la truffe noire du Périgord. « On trouve aussi la truffe de Bourgogne, tuber uncinatum, la truffe d’été, tuber aestivum, et dans l’Aude, tuber borchii, une cousine de la truffe blanche d’Italie. »

Comment devenir sociétaire ?

La SCIC Truffes d’Occitanie est ouverte à tous les acteurs souhaitant s’impliquer : producteurs, entreprises, collectivités ou simples citoyens.
Afin de constituer un capital de départ, la coopérative lance donc un appel pour recruter des sociétaires. Si vous souhaitez acquérir une ou des parts sociales à 200 euros et participer à la vie et aux décisions de la SCIC, il vous suffit de remplir une lettre d’engagement que vous pouvez demander auprès des membres fondateurs à l’adresse suivante : scic.truffesdoccitanie@free.fr.

Source : Paul Perié Touléco