Le musée Henri-Martin à Cahors achète un tableau pour 37 500 €

Le portrait « la femme d’Henri-Martin » 

La première peinture se nomme « La femme d’Henri-Martin » par le célèbre peintre impressionniste lui-même, et achetée pour 37 500 €. La seconde s’intitule « Une rue de Cahors » par Rouquet, un peintre moins connu, acquise pour 150 €. Avec une telle différence de prix, on se demande quels sont les critères de sélection et d’acquisition des œuvres entrant au musée Henri-Martin.

« Il faut évidemment que l’œuvre corresponde à la logique du projet culturel scientifique du musée, à ses axes » affirme Rachel Amalric, directrice du musée. Ainsi les collections suivent la ligne directrice de l’impressionnisme mais également le caractère territorial des œuvres. Au musée Henri-Martin, 90% des œuvres appartiennent à la ville, d’autres sont des dons ou des commandes aux artistes par le musée. La volonté du maire de la ville est que le musée appartienne aux Cadurciens et qu’ils se l’approprient. L’acquisition des œuvres doit donc absolument respecter cette volonté. C’est donc principalement pour son caractère lotois que l’œuvre « Une rue de Cahors » de Rouquet, pour la modique somme de 150€, est ajoutée à la liste des acquisitions des tableaux du musée Henri-Martin, face à un tableau comme   » La femme d’Henri-Martin » avec un prix largement plus élevé.

« Les critères sont de plus en plus rigoureux »

« Aujourd’hui, seulement 7 à 10 % des collections sont exposées dans les musées » confie Rachel Amalric. Avec un tel nombre d’œuvres qui restent dans l’ombre des réserves, sans exclure le musée de Cahors, les critères d’acquisitions sont plus pointilleux depuis quelques années. Une régulation s’est mise en place. « Autrefois, les musées acceptaient toutes les œuvres même celles de piètre qualité, au nom de l’héritage de l’histoire, et maintenant, les établissements se retrouvent avec une multitude d’objets en réserve, c’est une catastrophe ». Il faut désormais saisir la commission régionale scientifique d’acquisition, monter un dossier et l’argumenter pour démontrer que l’achat de l’œuvre en question est une nécessité. « En général quand on monte un dossier, c’est qu’on est assez sûr de notre coup ». Le passage devant la commission régionale est obligatoire même pour les œuvres les moins chères comme  » Une rue de Cahors « .  Les propositions d’acquisition que reçoit le musée aussi doivent être justifiées, « une proposition n’est pas une évidence », affirme la directrice du musée de Cahors Henri-Martin. Il y a maintenant des propositions quasiment tous les jours selon les périodes, souvent par le biais des sites internet. « Une personne va s’apercevoir qu’elle a un Henri-Martin dans son salon, et va vouloir le vendre au musée, nous ne pouvons pas tout accepter ni refuser, il faut réguler pour pallier la problématique des 90 % d’œuvres qui restent dans l’ombre ».

Maëlle Giroud  ladepeche.fr

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