Le Mystère Lucy Lost
LE MYSTÈRE LUCY LOST
DÈS 6 ANS
France 2026. Un film d’animation de Olivier Clert.
Durée : 1h29
Lucy vit avec sa famille dans un village sur une petite île isolée. Ses dons extraordinaires suscitent le rejet des habitants. Lorsqu’elle rencontre Milly – une petite fille qu’elle seule peut voir – Lucy embarque dans une grande aventure pour percer le secret de ses mystérieux pouvoirs…
AVANT-PREMIÈRE | DIMANCHE 25 OCTOBRE À 14H55
Les horaires
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| 14H55 |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.8/5 , SensCritique : 6.4/10
« Premier long-métrage d’Olivier Clert et dernier né du studio Xilam, consacré notamment par le Cristal du long-métrage au Festival d’Annecy et le César du meilleur film d’animation pour J’ai perdu mon corps de Jérémy Clapin, Le Mystère Lucy Lost est librement adapté du roman d’un monument de la littérature jeunesse : Michael Morpurgo, dont plusieurs livres (…) ont déjà été portés à l’écran : on se souvient des films Le Royaume de Kensuké et Cheval de Guerre.
Situé en 1915 sur une petite île du sud de l’Angleterre, le récit suit le parcours initiatique de Lucy, une jeune fille aux cheveux blancs prise de visions surnaturelles et ostracisée par les autres habitants, alors que le conflit entre les armées allemande et britannique fait rage.Avec ce récit d’enfance, entre chronique historique et conte initiatique fantastique, Xilam confirme une nouvelle fois l’exceptionnel savoir-faire français en matière de cinéma d’animation et renforce, pour la plus grande satisfaction des cinéphiles, son statut anticonformiste dans une industrie de plus en plus balisée par les blockbusters américains.
À l’inverse de nombreuses productions contemporaines, ponctuant même les récits dramatiques de joutes verbales ou de situations cocasses, Le Mystère Lucy Lost revient à la formule qui, dès la fin des années 1980, fit entrer les studios Disney dans leur second âge d’or : des histoires poignantes, parfois violentes ou élégiaques, à l’heure où toute émotion négative semble devoir être proscrite des films d’animation pour ne pas diviser le public familial.
Voilà donc enfin une œuvre à hauteur d’enfant jamais infantilisante, qui ose confronter les jeunes spectateurs à des événements douloureux, sans jamais tomber dans le pathos, la complaisance ou le racolage, le registre fantastique illustrant également la réalité des traumas que la guerre laisse derrière elle.D’une grande puissance onirique malgré son sujet difficile, le film consacre une importante part de sa narration à l’imagination des enfants, qui, grâce à elle, se préservent des horreurs de la guerre et de la colère des adultes. En attestent plusieurs séquences au fort pouvoir évocateur, où Lucy traverse la mer à cheval pour rejoindre son frère Alfie à l’école, joue du piano devant les autres enfants, court sur un globe-terrestre, s’évade à Central Park ou sur un grand paquebot de croisière avec Milly, son amie qu’elle seule peut voir et entendre.
Paradoxalement, c’est durant ces moments suspendus que Lucy et Milly évoquent la guerre, qui se rappelle régulièrement à elles : lorsque l’île est endeuillée par la mort du frère de Zeb, le meilleur ami d’Alfie, les habitants jettent l’opprobre sur Lucy, l’accusant d’être une sorcière et de porter le mauvais œil sur la communauté, ses visions continuant de se manifester alors même qu’elle ne se rappelle rien de sa vie avant la guerre. « Tes visions sont ton trésor », répète toutefois Mary à sa fille.
La dimension fantasmagorique permet alors au récit de remonter le fil des souvenirs de l’héroïne, ponctuant l’intrigue d’indices subtilement distillés : les cauchemars de Lucy, sa vision d’un officier allemand, les morceaux qu’elle joue au piano, sa découverte d’une veste militaire… « Les souvenirs, c’est comme les baleines ou les oiseaux migrateurs, dit Alfie à sa sœur : ils s’en vont pour se mettre à l’abri, mais ils finissent toujours par revenir. » Ainsi les visions et les souvenirs de Lucy deviennent-ils une formidable allégorie du refoulement, et donnent, dans la dernière partie du film, tout son sens à cette bouleversante histoire. Une histoire simple et complexe, originale et audacieuse, servie par une direction artistique qui l’est tout autant.Ces dernières années, nombre de films d’animation en images de synthèse se sont parés de couleurs frôlant parfois la composition psychédélique. Essentiellement réalisé en animation 2D, Le Mystère Lucy Lost privilégie une photographie douce et naturelle : les scènes d’intérieur aux forts contrastes, où les rayons du soleil filtrent à travers les fenêtres, et les scènes de jour en extérieur, dont les décors et la lumière retranscrivent fidèlement le climat nord-atlantique des îles Scilly. La mise en scène réalise une parfaite harmonie entre les personnages aux designs stylisés et les paysages marins en peinture numérique.
Alors que les plans courts et les montage épileptiques gagnent du terrain, le film, assez peu découpé, se distingue par son rapport des images à la durée, laissant au spectateur le temps nécessaire à l’assimilation de la composition de chacun de ses plans.
La musique d’Anne-Sophie Versnaeyen s’inscrit dans cette même logique, utilisant des gammes d’instruments spécifiques selon la cadence, l’enjeu et la portée émotionnelle de chaque séquence, et accompagnant brillamment ce long-métrage dense et rythmé.
Grand film d’animation aux thématiques plus que jamais d’actualité, remarquablement écrit et réalisé, Le Mystère Lucy Lost plante une étoile lumineuse au milieu du réel.»
Abus de ciné
«.Découvert en séance spéciale du Festival de Cannes et également présent côté compétition au Festival d’Annecy, le film d’animation « Lucy Lost » fut une des belles surprises de cette édition 2026. Doté d’une pointe de fantastique, l’intrigue, sur fond de Guerre Mondiale (le père de Milly est au front, Lucy a des visions avec un soldat ennemi…), tourne autour de la stigmatisation par des villageois d’une petite fille aux cheveux étrangement blancs pour son âge, les légendes locales sur de supposées sorcières n’arrangeant pas les choses. C’est aussi une histoire d’amitié entre deux gamines, ne sachant initialement pas très bien pourquoi l’une voit l’autre, alors qu’elles semblent vivre chacune d’un côté différent de l’Océan Atlantique. Un aspect fantastique qui a tendance à nimber l’histoire de Lucy de mystère, autour de sa supposée maladie, ses visions, qui ne se limitent pas à Milly, et ses élans soudains de liberté.
Dans une animation soignée, aux aplats de couleurs soutenues, qui évoque entre autres l’esthétique des films de Miyazaki, Olivier Clert magnifie les paysages ventés de ces îles anglaises, dont les prairies paraissent mouvantes et les sables se traversent à cheval sur un filet d’eau, et imprime la rétine par le bleu d’un ciel pas toujours dégagé. Entre les singeries de Milly, la curiosité de la bande de gamins du village, dont fait partie le bienveillant frère de Lucy (Alfie), les plus petits auront de quoi s’amuser. Quant aux plus grands, ils apprécieront les variations graphiques adoptées, d’un noir et blanc aux ombres hachurées façon livre pop-up pour s’imaginer New York, à un cauchemar de noyade façon pastels grasses, en passant par du fusain noir et blanc pour découvrir un visage caché, ou un flash-back décisif aux couleurs ocres éteintes. Doté d’un solide scénario, adapté d’un roman de Michael Morpurgo (Listen to the Moon), dont « Cheval de Guerre » et « Le Royaume de Kensuké » ont déjà été portés à l’écran, espérons que cette histoire d’exclusion annoncée trouvera un bel échos au delà du jeune public.»
«.
Une petite fille qui a déjà des cheveux blancs ? On peut la comprendre, Lucy, qui entend fréquemment des avions vrombir au-dessus de sa tête, depuis sa maison sur la petite île de l’archipel des Scilly, au sud de l’Angleterre. Alors que l’Europe est à feu et à sang, bouleversée par la Première Guerre mondiale, Lucy, elle, est captive de sa propre chambre. Car depuis un malheureux accident que personne ne sait ou ne veut lui raconter, Lucy a des visions : lui apparaissent tantôt un quatuor musical sur la plage, tantôt un soldat allemand prestidigitateur, et surtout Milly, une petite fille très douée avec les chevaux et les pianos, et qui va devenir la meilleure amie (imaginaire mais quand même !) de Lucy.Mais dans le minuscule village d’une minuscule île, tout vient à se savoir et en 1915, une petite fille qui parle au vent, on la montre du doigt. Son père, inquiet de la réputation de sa famille, lui interdit alors d’aller à l’école, de fréquenter d’autres enfants, bref de vivre comme une gamine de son âge ! Mais il en faut plus pour décourager Lucy et son inséparable Milly qui ont plus d’un tour dans leur sac, feront le mur, et découvriront une mystérieuse malle dans la maison familiale, qui renferme un secret déconcertant…
D’une grande richesse visuelle et thématique, le film nous prend par la main comme Milly prend celle de Lucy, avec une chaleur réconfortante, et nous entraîne dans une délicate et magnifique aventure. Tout calmement se dessine au fil du récit un dénouement merveilleusement mené et inespéré, qui nous retourne la tête comme rarement : il faut absolument venir ressentir ça par vous-même !»
