Les agriculteurs sensibilisés à l’environnement?

Une interrogation dominera les travaux de la FDSEA du Lot qui tient ce vendredi à Gramat son 70e congrès annuel. Changement climatique, attentes sociétales, les agriculteurs lotois prêts à relever les défis ? Pour Alain Lafragette, président de la FDSEA, les agriculteurs sont plus sensibilisés qu’on le croit sur ces thèmes environnementaux mais ont besoin d’être accompagnés et de ne plus subir un «agribashing».

Quel est l’état d’esprit des agriculteurs ?

Ils ont des attentes fortes. Il y a celle d’une juste répartition des marges. Avec 5 ou 6 centimes de plus du litre de lait, on résoudrait la crise qui frappe les producteurs laitiers. Cela se joue à pas grand-chose. La problématique est bien celle des prix. Une étude a montré que le revenu moyen des agriculteurs était de 300 € par mois ! L’autre attente concerne ce que l’on appelle l’agribashing. Les agriculteurs sont montrés du doigt, ils sont interpellés lorsqu’ils passent un pulvérisateur. Sait-on que nous avons la meilleure agriculture du monde, c’est un magazine britannique The Economist qui chaque année, réalise une étude au niveau mondial sur la traçabilité, les qualités des aliments. Il classe la France depuis trois ans à la première place pour son agriculture la plus durable. On se tire une balle dans le pied.

Que faudrait-il faire pour remédier à cette image ?

Nous devons être meilleurs dans la communication. Mais pour continuer à avancer sur la transition écologique, les questions environnementales, climatiques, nous avons besoin d’être compris. Il faudrait aller vers une «positive attitude».

Pourquoi avoir choisi comme thème à votre congrès le changement climatique, les attentes sociétales ?

Notre objectif est de contribuer au bien manger, avec de la traçabilité, une montée en gamme de nos produits. Il faudrait adapter nos cultures au changement climatique. Nous avons besoin de nous positionner et d’être accompagné. Il n’y a pas de tabou dans ce domaine. Il existe peut-être des cultures à développer sur des surfaces couvertes par du photovoltaïque. On peut produire de l’énergie propre avec la méthanisation, il y a plein de sujets de fond à creuser mais la première des choses est que nos agriculteurs arrivent à vivre correctement de leur métier.

Le 5 décembre, allez-vous manifester ?

On a toujours voulu avoir nos actions propres. Nous faisons du syndicalisme responsable. Nous ne nous joindrons pas même si nous pouvons partager des revendications.

Un jour sans viande dans les cantines. Votre réaction ?

C’est une aberration et quel est le signe que nous donnons aux jeunes générations. Il y a d’autres choses à interdire, les sodas par exemple. Pourquoi donner ce signal et demain pourquoi ne pas instituer une journée sans lait.

Le sentiment général ?

Il y a de la lassitude. Les agriculteurs ont besoin de prendre un second souffle. Ils sont capables de relever plein de défis, environnementaux et autres. Mais je le répète, ils ont besoin d’être compris.


Gramat accueille le 70e congrès

La salle des fêtes de Gramat accueillera cet après-midi à partir de 14 heures les participants au 70e congrès de la FDSEA. Deux invités y participeront : le consultant et conférencier Bruno Parmentier, notamment animateur du blog nourrir-manger.fr ; Joël Limouzin, le vice-président de la FNSEA fera également le déplacement dans le Lot. Au sein du syndicat national, il est en charge du dossier gestion des risques.

La FDSEA organise ce rendez-vous avec ses partenaires, le Crédit Agricole et Groupama d’Oc.

Propos recueillis par Jean-Michel Fabre La Dépêche

2 commentaires pour “Les agriculteurs sensibilisés à l’environnement?

  1. François
    samedi, 23 novembre 2019 à 08:54

    C’est pas la FNSEA qui s’était engagée à réduire les pesticides et que ce fameux plan au bout duquel il y a eu augmentation.
    C’est pas la FNSEA qui bloquait les routes parce que Total allait importer de l’huile de palme, alors que certains d’entre eux faisaient la même chose….
    Quand à l’énergie propre avec la méthanisation à la manière du Lot. la mémoire courte… les épandages de nuit, sur des terrain à plus de 7% de pente, veille d’orage annoncé et donc lessivage des sols sur le Ségala et impossibilité de traiter les eaux pour la consommation…
    de ce côté là il faut rappeler que l’information, ne vaut pas concertation et ça vous ne l’avez pas fait

  2. Jean-Louis THOCAVEN
    samedi, 23 novembre 2019 à 09:11

    Dommage de ne pas prendre en compte les pratiques culturales, la préservation des sols, la qualité des eaux souterraines en milieu karstique, les alternatives aux produits chimiques, une agriculture de territoire durable, la transparence; c’est ça le prix de la confiance avec les consommateurs !

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