Les travailleurs sociaux: « retrouver le sens de nos missions. »

 

La dégradation des conditions de travail des salariés du secteur du social et du médico-social  mobilise une centaine d’entre eux ce mardi à Cahors. Ils dénoncent des « discours hors sol qui n’ont rien à voir avec les réalités du terrain. Nos élus doivent en prendre conscience pour mieux nous soutenir, sinon nous allons droit dans le mur en entraînant, malgré nous, les publics fragiles auprès desquels nous travaillons. » Leur message est fort. Certains, au bord des larmes, se disent « au bord du gouffre ».

Des mots, rien que des mots. « Paroles, paroles, paroles… » s’amuse à chanter Béatrice, une éducatrice spécialisée présente ce mardi à Cahors au rassemblement des travailleurs du médico-social, à la Bourse du travail puis devant la préfecture.

« Mais où sont les actes concrets, les faits qui nous démontreraient enfin que nous sommes considérés comme des humains et pas comme des chiffes au bas d’un bilan comptable excluant toute forme d’humanité. Nous voulons que nos cadres arrêtent de nous dire que la personne accompagnée est au cœur des réformes. Tout cela n’est qu’hypocrisie et élément de langage. La réalité c’est la recherche de la rentabilité pas de l’humanité » lance-t-elle avec un vrai sens de la formule pour exprimer son vécu sur le terrain. »

« Un manque de moyens humains, financiers et matériels »

Le collectif Travail Social 46, la CGT et l’USD CGT Santé du Lot, à l’origine de cette mobilisation, martèle avec force les principaux motifs des revendications des salariés en colère. Jérôme Delmas, secrétaire général de l’UD CGT du Lot, a ouvert le bal des prises de parole.

« Le manque de moyens humains, financiers et matériels est criant dans de nombreuses structures. Nous constatons un turn-over massif, des arrêts de travail, de l’épuisement, des démissions, des ruptures. Le constat est sans appel et pourtant, le démantèlement de notre secteur continue. La réponse apportée par le gouvernement de revoir nos conventions collectives en échange d’une éventuelle augmentation de salaire, ne comblera pas le manque d’attractivité de notre secteur » estiment les syndicats qui ont lancé l’appel à la grève et à la mobilisation.

Retrouver du sens et recevoir un salaire digne

Ces salariés pleins d’espoirs disent vouloir « retrouver le sens de nos missions. » Dans cet objectif, ils demandent : « L’amélioration des conditions d’accueil et de prise en charge des publics accompagnés, l’amélioration des conditions de travail pour retrouver le sens de nos missions, un financement des établissements à la hauteur des besoins, le maintien de nos avantages acquis dans nos conventions et des salaires dignes. »

Le centre hospitalier de Cahors, l’Institut médico-éducatif Genyer (une quinzaine de représentants), des infirmiers et infirmières, des aides-soignantes, la structure Alisé (Association lotoise d’initiatives sociales et éducatives), l’APAJH (Association pour adultes et jeunes handicapés) et bien d’autres unités cadurciennes et lotoises issues du monde du social et du médico-social ont fait entendre leurs ras-le-bol et leurs revendications lors des prises de paroles. Au même instant, une délégation était reçue en préfecture. 

Il y a urgence

Espérant être entendus et compris, ces travailleurs éreintés et exaspérés affirment qu’ils sauront « faire la part des choses entre un discours politique et un langage concret suivi d’actes à très court terme. »

Pourquoi à court terme ? « Parce qu’il y a urgence et que la période Covid-19 ne fait qu’accroître nos inquiétudes et le niveau de nos besoins » conclut un salarié au bord des larmes, parce qu’il se dit aussi « au bord du gouffre sur le plan financier ».

Jean-Luc Garcia  ladepeche.fr

 

Les « oubliés du Ségur de la santé »

183€, c’est la somme accordée par le Ségur de la santé aux professions médicales comme les infirmiers et aux travailleurs sociaux des hôpitaux publics et EHPAD. Une revalorisation à laquelle n’ont pas eu le droit les travailleurs sociaux de petites structures, pourtant sur le front en permanence depuis le début de la crise Covid auprès des enfants en foyer ou bien de personnes handicapées.

En novembre dernier, le Premier ministre Jean-Castex a évoqué une « future conférence des métiers de l’accompagnement social et médico-social« , mais pour l’heure les travailleurs sociaux disent n’avoir obtenu aucune avancée. 

En savoir plus: https://www.travailleurs-sociaux-libres.fr/le-malaise-des-travailleurs-sociaux-usure-professionnelle-ou-deni-de-reconnaissance

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