” l’Outil en main” recherche des retraités bénévoles

Président de l’Outil en main depuis 2008, Jean Escaffre, ancien formateur plombier chauffagiste, et d’autres bénévoles transmettent leurs savoirs à des enfants de 9 à 14 ans. Il nous livre le sens de son engagement.

Humble, curieux, Jean Escaffre n’a de cesse, à travers l’association l’Outil en main, de donner de son temps à des jeunes autour d’ateliers dédiés à l’artisanat.

Pourquoi avez-vous choisi cette association ?

Quand j’ai pris ma retraite, j’ai pensé que j’allais m’ennuyer ; en fait, je n’ai plus le temps de tout faire ! La chambre de métiers a été mon employeur pendant quarante ans, j’y ai trouvé ma place et une certaine reconnaissance, si c’était à refaire, je le referais. L’artisanat, c’est noble, transmettre un savoir me tenait à cœur. Moi, je suis un pur produit de l’artisanat, j’ai été apprenti à Toulouse en 1966, j’ai fait un passage chez les Compagnons. Je n’ai pas vu le temps passer. Quand on m’a mis l’association entre les mains il y avait six enfants à Cahors, et là nous sommes passés à une cinquantaine dans le Lot, à Cahors, Figeac, Montcuq, Puy-l’Évêque. Certains enfants se sont orientés vers un métier manuel, après être passés par l’association. C’est une fierté. Sur le plan national, 25 % partent vers un métier manuel. Ils cherchent d’eux-mêmes leurs maîtres d’apprentissage. Quand ils viennent aux ateliers, ils signent une charte de bonne conduite, nous ne sommes pas une garderie. On leur demande de ne pas courir dans les ateliers par exemple, et par souci de sécurité, ils ne touchent pas le matériel électroportatif.

Combien y a-t-il de disciplines ?

La menuiserie, la couture, la plomberie, la mécanique, le bâtiment. Nous accueillons des filles et des garçons. Et je peux vous dire que les garçons se plaisent en couture et que les filles aiment mettre les mains dans le cambouis ! Je leur dis cette phrase de Confucius : «Aimez ce que vous faites et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie.» On s’aperçoit que quelque part, on essaye de passer un message qui a été entendu.

Aujourd’hui, l’association recherche des retraités bénévoles. Je veux qu’ils viennent de leur plein gré, surtout pas sous la contrainte. Mon souhait serait d’avoir des bénévoles en binôme.

Quand se déroulent les ateliers ?

À Cahors, ils ont lieu le mercredi de 14 heures à 16 heures, hors vacances scolaires ; à Montcuq c’est le mardi de 17 heures à 19 heures. Ça représente 27 séances de deux heures à l’année. Le tarif annuel est de 70 €. Des partenaires nous aident, la Maison de l’artisan où l’association a son siège, le Crédit agricole, la Chambre de métiers, le Rotary.

Pensez-vous que l’image de l’artisanat évolue ?

Il me semble que l’on en parle un peu plus, et c’est plus fondé. Je trouve que nous allons dans la bonne direction, que ce soit les chambres consulaires, le gouvernement. On parle de métiers dérivés de l’artisanat. Un jeune qui trouve sa discipline aura toujours du travail. Mercredi 20 décembre, on se retrouve ensemble à l’école des métiers pour un goûter de Noël. Les enfants vont amener les objets qu’ils ont réalisés, des arômes en tôle, des nichoirs, des gariottes. Ils sont fiers de leurs réalisations et leurs parents aussi.

Propos recueillis par Marielle Merly La Dépêche

L’association L’Outil en main transmet le savoir-faire manuel aux jeunes générations


 

3 commentaires pour “” l’Outil en main” recherche des retraités bénévoles

  1. jevouslis
    mercredi, 27 décembre 2017 à 13:30


    Ils font la fête

  2. vaur
    jeudi, 21 décembre 2017 à 08:33

    dommage que les ateliers ne fonctionnent pas pendant les vacances scolaires

  3. jevouslis
    lundi, 18 décembre 2017 à 17:31

    « L’intelligence humaine et la main ne se distinguent pas », disait l’ethnologue André Leroi-Gourhan.”
    C’est ce vieux mineur d’Atacama qui prédisait les séismes en écoutant pleurer la montagne, ce petit commerçant qui reconnaissait les faux billets en les froissant à son oreille, ce fondeur zoulou qui crachait dans le métal fondu pour tester sa température, ou ce camarade métallo qui, d’un seul regard au four électrique, pouvait dire : “Monsieur l’ingénieur, à votre place, je remettrais cinquante kilos de manganèse”. Robert Halleux

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