Pollution: Un simple rappel à la loi

La décision de justice concernant la plainte de l’Association de défense de l’environnement à Crayssac, dans l’affaire Quercy Tradi de Mercuès, ravive la colère du plaignant. Il était une fois une sombre histoire de fumée…

Novembre 2017 : visible sur un très large périmètre autour de la zone des Grands Camps, à Mercuès, une épaisse fumée observable également depuis les communes voisines d’Espère et de Crayssac, s’elève de l’entreprise de construction Quercy Tradi.
Cette pollution environnementale, à l’époque, suscite des craintes légitimes et l’ouverture d’une enquête.
L’alerte est aussitôt donnée par des riverains. La police nationale se déplace sur le site. Là où des objets inflammables, divers déchets, des papiers, des matières plastiques, puis des hydrocarbures et des matières inflammables et toxiques (divers solvants) brûlent tandis que José Bras, responsable de cette entreprise, prévenu par les forces de l’ordre, éprouve de grandes difficultés pour éteindre le feu.
Mission dont s’acquittent ensuite les pompiers lotois.

Une plainte pour « pollution aggravée »

Cet épisode n’a pas manqué de déclencher la colère de l’ADEC (Association de défense de l’environnement à Crayssac), présidée par Christian Meunier.
Ce dernier avait déposé plainte au commissariat de Cahors pour « pollution aggravée ».
Pour lui, comme pour les habitants qui résident dans le secteur concerné, « la fumée piquait les yeux et irritait la gorge ».
Depuis, l’affaire et l’enquête suivaient leur cours et la fumée s’est dissipée. Pas la ténacité de Christian Meunier qui, ne saisissant pas les raisons d’une aussi longue procédure, a multiplié les appels et les contacts auprès du greffe du tribunal de Cahors.
La réponse qu’il a reçue ces derniers jours a eu le don de l’irriter au plus haut point. « Je vous informe que la SARL Quercy Tradi, mise en cause dans la procédure pour laquelle vous êtes victime, a fait l’objet d’un rappel à la loi.

Des suites à attendre ?

À la suite de cette décision du magistrat du parquet, l’affaire sera classée » précise le courrier officiel adressé à Christian Meunier. Le président de l’ADEC est en colère. « Un rappel à la loi, c’est tout ! C’est inadmissible. Mais alors à quoi servent l’arrêté préfectoral interdisant ce type de feu et les sanctions prévues dans ce cas précis. À quoi sert la loi tout simplement. Là, c’est grave au regard des matières qui étaient brûlées » fulmine-t-il.
La lettre qui l’informe de cette décision de justice se poursuit par : « l’avis que vous recevrez en tant que victime mentionnera les procédures que vous pouvez engager si vous n’êtes pas satisfait de la décision prise par le magistrat du parquet ».
Cette possibilité est actuellement très sérieusement étudiée par Christian Meunier. La meilleure solution que la seule colère qui l’anime, c’est encore de garder son sang-froid dans ce chaud dossier judiciaire.

Le patron mis en cause réagit

José Bras, le patron de l’entreprise Quercy Tradi, se dit bien sûr « satisfait de cette décision de justice » et ajoute avec un brin d’ironie qu’il est « prêt à discuter avec le plaignant ». Très sérieusement, en regrettant cette affaire, il rappelle qu’il est « un contribuable et donc un citoyen comme les autres ».
Il ajoute : « Je pense que la justice est d’abord là pour rappeler à l’ordre. Cette décision, en ce qui me concerne, me semble logique. La justice applique la loi. Quant à moi, je vais continuer à faire attention, je veux absolument respecter la loi. Ce type d’incident est un acte fréquent ailleurs aussi. Cela permet à chacun de prendre conscience de la réalité de certaines situations » conclut José Bras. Affaire classée ? Pas sûr. Donc, affaire à suivre.

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