Programme régional de santé retoqué par le Conseil Départemental

Le programme régional de santé pour la période 2018-2022 n’a pas satisfait les conseillers départementaux du Lot, réunis lundi. Tout n’est certes pas à jeter, Serge Rigal y voit même parfois «des avancées» : équipes mobiles, augmentation du nombre de place en soins de suite et de réadaptation (à condition), mais il ne peut se résoudre à le valider «en l’état», c’est-à-dire avec «l’éventuelle fermeture de places en médecine» et sans places supplémentaires en Ehpad.

Sans doute le fait de n’avoir pas été consulté par l’ARS lors de la préparation de ce plan a-t-il joué un rôle dans la décision des élus. Le président du conseil départemental en fait la remarque à deux reprises dans son rapport. D’abord pour le «bien vieillir» où il note des «ambitions communes» mais il entend rester «coproducteur des actions» à mener, afin que soient prises en compte les «particularités du Lot». Ensuite sur le «maintien à domicile le plus longtemps possible» des aînés et le souhait de l’ARS de «développer l’Ehpad hors les murs et les soins infirmiers à domicile» : un point «non concerté avec le département» et qui ne «s’intègre pas» dans les orientations de la collectivité.

Serge Rigal en profite d’ailleurs pour remarquer que le Lot «manque déjà de places en Ehpad» et qu’aucune programmation en la matière n’est prévue. Lui n’acceptera pas le maintien à domicile «subi, faute de places en Ehpad».

Arguments

L’absence de concertation n’est évidemment pas la seule explication à l’avis défavorable rendu par le conseil départemental, qui argumente largement son refus.

Ainsi il n’accepte pas l’approche «purement comptable» – et donc restrictive – des structures sanitaires ou médico-sociales, qui revêtent également un «caractère structurant en termes d’économie ou d’aménagement du territoire». Il s’inquiète de mesures non chiffrées, de l’impact financier de la prise en charge en Ehpad hors les murs («pas question d’accepter un surfinancement»), des modalités d’accueil en SSR (prise en charge difficile sur un territoire rural).

Un regret également : l’absence de carte des territoires de fragilité en professionnels de santé. Dommage, car le département aurait souhaité se prononcer à ce sujet : «Il y a des choses à dire»

Bref, impossible de valider ce programme. Serge Rigal entend maintenir «une dynamique d’ouverture avec ses partenaires» – y compris l’ARS. À condition d’être entendu, voire écouté, par ces partenaires.


Le chiffre : 22,5

Millions d’euros > De marchés publics. C’est la somme dépensée par le conseil départemental en 2017 pour 186 marchés publics, «un levier essentiel pour l’économie locale» a commenté le président du conseil. L’engagement représente une hausse de 8,4 % par rapport à l’année précédente.

Remplacement > Vice-présidente. Les conseillers départementaux ont élu Véronique Chassain comme vice -présidente en remplacement de Marie-France Colomb.

Subventions > Sports, culture et autres. Distribution de subventions décidée au conseil départemental : 520 000 € ont été distribués pour la culture, 584 000 € pour le sport. S’y ajoutent également 245 000 € attribués aux associations qui ne sont ni culturelles ni sportives (patrimoine, économie, social, enfance…).

 

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