Sauvage
SAUVAGE
France 2025. Un drame de Camille Ponsin avec Céline Sallette, Lou
Lampros, Bertrand Belin…
Durée : 1h41
Au cœur des Cévennes, Anja décide de vivre à l’écart des autres, au milieu des bois. Insaisissable et sauvage, elle bouleverse peu à peu l’équilibre de la vallée et de ses habitants. Sa mère reste son seul lien avec le monde extérieur… D’après une histoire vraie.
CINÉ RENCONTRE
En présence du réalisateur
JEUDI 16 AVRIL À 19H
Les horaires
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| 19H00 |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.4/5 , SensCritique : /10
« .Au cœur des Cévennes, Sauvage de Camille Ponsin s’inscrit dans une tradition de récits où la nature n’est pas un décor, mais une force agissante. Anja (Lou Lampros) vit en marge, retirée dans les bois, fuyant les règles sociales et les cadres imposés. Sa mère Sam (Céline Sallette), seule à maintenir un lien avec elle, tente de préserver ce fragile équilibre, malgré la pression croissante des habitants et des institutions. Karl (Bertrand Belin), figure paternelle distante, réapparaît dans un contexte déjà tendu, révélant les fractures d’un système familial et collectif.
Le film dépasse rapidement le simple portrait d’une marginale. Il met en lumière une communauté qui se pensait affranchie des normes, mais qui révèle ses contradictions face à l’imprévisible. Entre idéaux libertaires et besoin d’ordre, la vallée devient un espace de tension, où la peur transforme l’altérité en menace. La figure d’Anja, insaisissable, glisse alors vers une dimension presque mythologique, nourrie par l’imaginaire collectif, entre spectre et « dame blanche ».
Le projet prend racine dans une expérience réelle. Camille Ponsin, issu du documentaire, mène d’abord une enquête de terrain auprès d’une mère et de sa fille vivant en rupture avec le monde. Face à l’impossibilité de capter directement cette réalité, il opte pour la fiction, afin d’introduire une distance nécessaire. L’écriture, co-signée avec Jean-Baptiste Delafon, condense une histoire de quinze ans en un moment charnière, renforçant la densité dramatique sans trahir la matière initiale.
Sur le plan thématique, le film aborde frontalement la question de la psychose, suggérée sans jamais être enfermée dans un diagnostic. Entendre des voix, élément pathognomonique en psychopathologie, et percevoir des fréquences, autant d’éléments qui traduisent une expérience subjective du monde, souvent mal comprise. La réponse institutionnelle apparaît alors limitée, segmentée, incapable d’accompagner la réalité quotidienne des familles. Sam incarne cette solitude, prise entre amour inconditionnel et injonctions extérieures.
La marginalité devient ici existentielle. Elle dépasse le cadre social pour interroger le rapport à la norme, à la propriété, et à la communauté. La vallée cévenole, loin d’être un refuge, agit comme un huis clos, où le groupe impose ses propres règles, parfois plus dures que celles de l’État. La Clède, lieu chargé de sens, résonne comme un espace de bascule, reflet d’une identité en tension et d’une difficulté à nommer l’indicible.
Par son approche sensorielle et son refus du spectaculaire, Sauvage s’impose comme un film âpre et nécessaire. Camille Ponsin signe une œuvre qui questionne sans simplifier, et rappelle que la frontière entre liberté et exclusion reste profondément instable.»
