Scime fabrique des ceintures pour les plus grandes marques

Tailler, trouer, coudre, ajuster. Chaque geste est précis dans l’atelier Scime, où le bruit des machines rythme l’activité des 35 salariés. Si la production de ceintures n’était à la création de l’entreprise qu’un secteur d’activité complémentaire, elle représente aujourd’hui  80% de son chiffre d’affaires et fait la renommé de la société qui vend aux plus grandes marques du luxe.

C’est là, à Prudhomat, au creux d’un vallon paisible du Lot qu’en 1989, Christian Mejescazes a redonné vie  à l’ancienne grange agricole familiale. Se lançant d’abord dans le négoce de textile avec l’Outre-Mer, le distributeur a ensuite l’idée d’étoffer sa gamme avec des ceintures. Et puis, ce qui n’était au départ qu’un négoce employant 4 personnes va finalement conduire le chef d’entreprise à créer ses propres collections.

« Les débuts sont difficiles. Ce qui plaît en Outre-Mer n’est pas tendance en Métropole. Au fur et à mesure, nous avons évolué tant sur le style que sur la fabrication, avec une production faite en Tunisie et des importations d’Asie. C’est ainsi que de ceintures simples, bas de gamme, nous avons développé un négoce plus adapté », résume Christian Mejescazes.

Scime acquiert les compétences et tente avec audace ses propres collections pour des centrales d’achat et certaines boutiques, avant d’intéresser des clients prestigieux.  » Le challenge professionnel était passionnant, nous arrivions à une phase où ce n’était plus un travail sur le prix qu’attendait notre client mais sur le style et la qualité. Notre volonté est alors de faire revenir toute la production ici, en France ».

Dès 2014, la production est rapatriée

D’analyses en études, de doute en certitude, Christian Mejescazes se dit que le défi est réalisable à un coût juste. À partir de 2014, Il rapatrie la production à Prudhomat. Il équipe son atelier et automatise certaines tâches. Mais déjà, une autre idée trotte dans sa tête : créer sa propre marque.

Christian Mejescaze, un peu visionnaire, se projette. « Mon père a en effet senti les nouvelles orientations de la clientèle. Il a eu cette intuition que le made in France deviendrait tendance, que le consommateur exigerait de la qualité et un produit respectueux de l’environnement », souligne Paul Mejescazes.

Scime lance alors sa marque Atelier Portman en 2013. L’entreprise lotoise se constitue un réseau de fournisseurs italiens qui intervient sur un tannage exclusivement végétal de cuirs français, sans chrome et sans aucun produit chimique, en utilisant des écorces naturelles. « Entre la qualité d’un savoir-faire lotois, la suppression des frais d’importation et des marges des intermédiaires, etc., finalement, on a réussi à répondre aux attentes de nos clients à un prix raisonnable en fabriquant en France « , reconnaît Paul Mejescazes.

Pour lui comme pour son père, cette entreprise coule dans leurs veines. À tel point qu’enfant déjà, quand il jouait dans l’atelier, il avait déjà cette conviction que plus tard, sa place serait ici. Alors quand la crise sanitaire a mis l’activité à l’arrêt durant un mois et demi, il s’est interrogé sur le moyen de donner un nouvel élan à Scime. « On voyait des commandes reportées, d’autres diminuer ou carrément annuler. Moi je venais juste d’intégrer l’entreprise comme directeur de marque. Convaincu par notre stratégie d’une fabrication 100% française, il fallait absolument parvenir à donner toutes ses lettres de noblesse à notre marque Atelier Portman et rendre nos produits accessibles à tous. On a misé sur notre communication, avec des vidéos, des influenceurs, les réseaux sociaux », s’enthousiasme Paul Mejescazes, avant de dévoiler une toute nouvelle ceinture Rainbow. Un arc-en-ciel, après la crise, qui promet de beaux jours à Scime.

Laetitia Bertoni ladepeche.fr