Se chauffer quand on est au RSA

Une famille de six personnes, dont quatre enfants, vient d’emménager près de Gourdon. Le père a contacté plusieurs fournisseurs d’énergie qui ont décliné sa requête pour un paiement mensualisé. Raison invoquée : une méfiance sur leur solvabilité, ce qui les incite à recourir au crédit. Ils ont donc sollicité l’aide du conseil départemental.

Jérôme R. et son épouse bénéficient du revenu de solidarité active (RSA) depuis que le premier a subi un accident de travail il y a deux ans. Avec leurs quatre enfants, ils ont emménagé début octobre dans un appartement dans une commune proche de Gourdon. Particularité : ce logement doit être ravitaillé en fioul pour l’eau chaude et le chauffage. La chaudière neuve peut contenir jusqu’à 2 500 litres de combustible, or la famille de Jérôme R. n’en a demandé que 1 000 avec la possibilité de régler en plusieurs fois la somme de 970 € réclamée. Une requête repoussée par les prestataires contactés.

La méfiance des distributeurs

Chauffés à l’électricité dans leur ancien logement aveyronnais, Jérôme R. et sa famille effectuent une démarche inédite pour eux. «J’ai contacté au moins quatre distributeurs de fioul qui me disent que, pour bénéficier du paiement mensualisé, je dois avoir un an d’ancienneté chez eux», assure le père de famille âgé de 37 ans.

Cette méfiance face au risque de défaut de paiement est justifiée par l’un des distributeurs en question. Jean-Claude Fau, du groupe du même nom à Gourdon, confirme qu’il «ne dit pas oui au premier venu» quand il s’agit d’étaler le paiement d’une telle quantité de fioul. Le groupe Alvéa précise depuis son siège à Limoges qu’il propose une «réserve sérénité» pour les clients en difficulté par le biais d’un organisme de crédit. La somme due est ainsi réglée entièrement au distributeur. Alvéa et Jean-Claude Fau jurent cependant qu’ils n’incitent jamais leurs clients à procéder comme tel. Cette affirmation fait bondir Jérôme R., refusant de s’endetter comme il affirme avoir été poussé à le faire.

Le département sollicité

Il a donc sollicité les services du département, auprès duquel il perçoit le RSA, par le biais de la maison des solidarités de Gourdon. «Une assistante sociale nous a proposé d’obtenir 500 litres de fioul avec une prise en charge de 380 €», dévoile-t-il, sur un total de 580 € de frais cette fois. La maison des solidarités n’a pas souhaité confirmer ces éléments. L’aide est bienvenue mais la quantité de fioul est insuffisante, selon Jérôme R., pour chauffer les six occupants du logement concerné durant l’hiver.

«On en aura assez pour un mois, tout au plus», évalue-t-il. Une perspective qui, si elle devait se confirmer, fait froid dans le dos.


Les distributeurs sous pression

Pour comprendre la situation de la famille citée ici, il faut se pencher sur la position des distributeurs d’énergie. Jean-Claude Fau, à Gourdon, confie avoir «souvent subi des chèques sans provision ou des paiements qui s’arrêtent» par d’anciens clients. Au-dessus, les fournisseurs d’énergie, eux, ne cessent pas de réclamer le paiement des quantités commandées.

Le groupe Alvéa ajoute, pour ces mêmes raisons, qu’au-delà de trois mois de provisions d’énergie réclamés, le paiement échelonné est examiné avec réserve.

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