Soudain
SOUDAIN VO
Japon/France/Belgique/Allemagne 2026. Un drame de
Ryusuke Hamaguchi avec Virginie Efira, Tao Okamoto,
Kodai Kurosaki…
Durée : 3h16
Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire. En nouant une amitié profonde, les deux femmes engagent ensemble un combat pour “rendre possible l’impossible”…
Festival de Cannes 2026 – Prix d’interprétation féminine
Les horaires
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| 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | |
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| 19H00 VO | 20H30 VO | 15H00 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 4.3/5 , SensCritique : 7.9/10
« .Certains diront que c’est trop long, trop bavard, trop théorique. C’est ne pas voir ce qui fait la beauté du film, toute sa singularité, sa vitalité sensible, l’émotion qu’il parvient à créer en permanence sans jouer pourtant la carte du mélodrame que le scénario lui tend (un cancer incurable) : à part Manoel de Oliveira, on pense à peu de cinéastes capables de trouver un équilibre semblable.»
«.Tout simplement l’un des meilleurs films de l’année, et l’apothéose d’un des plus grands cinéastes en activité.»
«.Tout en creusant ses obsessions (Drive My Car était déjà un grand film sur le langage) et en déplaçant les enjeux de son cinéma, Ryusuke Hamaguchi apparaît comme un des rares cinéastes à trouver ce qui, dans un monde dont la réalité est sans cesse soulignée par sa familiarité, relève de la pensée abstraite, exigeante et excitante. Chef-d’oeuvre..»
«On n’en revient toujours pas : trois heures et des poussières qui passent comme dans un rêve. C’est même presque trop court, on en redemanderait. Une telle maîtrise, une telle fluidité, une telle évidence pour raconter des choses à la fois simples et essentielles, nous faire partager les sentiments troublants et complexes de deux magnifiques héroïnes du coin de la rue, esquisser les réflexions hésitantes, à peine didactiques, d’une pensée en marche, filmer la délicatesse cotonneuse de l’aube après une nuit de veille, la douceur d’un massage apaisant sur un corps usé… c’est infiniment précieux.
Qu’on se le dise, car ce n’est pas si fréquent : le cinéaste japonais Ryūsuke Hamaguchi réussit parfaitement le dépaysement de son cinéma singulier, inimitable, depuis son archipel du Soleil levant jusqu’à notre vieille France. Il y déploie avec grâce un de ces récits amples et harmonieux dont il a le secret – on lui doit les époustouflants Drive my car (2021), Contes du hasard et autres fantaisies (2022), Le Mal n’existe pas (2024)… L’écriture, fine et ciselée jusque dans les silences, se conjugue merveilleusement avec les longs travellings presque aériens qui nous invitent dans la douce complicité qui éclôt entre Mari, la metteuse en scène japonaise en représentation à Paris (Tao Okamoto), et Marie-Lou, la directrice d’EHPAD profondément humaniste en proie au doute (Virginie Efira). Et on est instantanément happé par cette histoire de coup de foudre / d’amitié, évidente, intense, qui les réunit trop fugacement. Car Mari, enjouée et lumineuse, porte comme en étendard son amour de la vie, sa soif de découvertes et d’émotions, alors même qu’elle se sait condamnée à plus ou moins brève échéance par la maladie. Car pour Marie-Lou, devenue presque accidentellement cadre médicale, puis directrice d’une maison de retraite un peu atypique au cœur de Paris, la mort est d’une certaine façon au cœur d’un engagement professionnel tout entier consacré à la permanence du soin – au sens le plus large. De l’accompagnement humain, au-delà des gestes techniques : elle s’efforce de former toute son équipe à la prise en compte des personnes plutôt qu’à la prise en charge de patients, pour les remettre au centre du fonctionnement de l’institut qui les accueille, leur accorder le temps, l’attention et la considération que requiert leur dignité – une approche qui sonne à nos oreilles comme une évidence mais qui semble anachronique dans notre monde moderne, à des années-lumières des méthodes de « management » imposées dans tous les secteurs de la société, y compris la santé, y compris la prise en charge de la vieillesse, par la religion du « rendement » des politiques capitalistes – dites libérales. L’approche prônée par Marie-Lou, philosophique, clinique, politique, a été conceptualisée dans les années 1980 sous le beau nom de « l’Humanitude » (on le retrouve dans les écrits, entre autres, d’Albert Jacquard et de Jacques Testart). Prendre conscience de son appartenance à l’espèce humaine à part entière et sans exclusion – c’est un projet qui résonne fortement en Mari, l’autrice, la scénographe japonaise, dont le travail avec l’extraordinaire comédien Goro Kiyomiya ausculte les frontières poreuses entre l’art et la réalité, le désordre mental et la « normalité » – et le sens politique de leurs représentations. En embrassant avec une sérénité contagieuse tous ces éléments d’une gravité essentielle – la vie, la mort, l’amour, le soin, la politique, l’humanitude –, en faisant dialoguer les langues (français, anglais, japonais) avec une fluidité déconcertante, ce diable de Hamaguchi réussit le tour de force de tresser une fable intimiste d’une invraisemblable douceur. C’est sidérant. C’est beau, sublimement beau. Et comme de juste, les comédiennes sont bouleversantes.
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