Sukkwan Island
SUKKWAN ISLAND VO
France / Norvège / Belgique / Grande-Bretagne 2026.
Un drame de Vladimir de Fontenay avec Swann Arlaud,
Woody Norman, Alma Pöysti…
Durée : 1h55
TOUT PUBLIC AVEC AVERTISSEMENT
Tom emmène son fils de treize ans vivre une année sur une île isolée dans le Grand Nord. Ce retour à la vie sauvage au cœur d’une nature majestueuse leur permet de se retrouver. Mais les conditions extrêmes et l’isolement mettent leur relation à l’épreuve. D’après le roman éponyme de David Vann.
Les horaires
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| 18H30 VO | 21H00 VO |
Les critiques :
*** / ***** AlloCiné: 3.1/5 , SensCritique : 5.9/10
« .Swann Arlaud trouve ici l’un de ses meilleurs rôles, incarnant ce père, déjà partiellement coupé de son fils par la langue, mais aussi par la distance imposée par la mère. Il est le facteur de perturbation, autant que les éléments (neige, vents, pluie, froid…), de l’harmonie tant espérée, flirtant avec l’obsession..»
«.L’intelligence du film est de prendre en compte le secret de l’écriture du livre […] Vladimir de Fontenay a bien compris que le cœur de celui-ci n’était pas le récit d’une aventure rêvée mais la dimension psychique et rédemptrice de son écriture même.»
«.Si le film restitue avec justesse la relation complexe et tragique entre un père enfermé dans la folie, et son fils, déchiré entre l’amour qu’il lui porte et la peur qu’il lui inspire, on est loin de l’extrême noirceur et de la puissance de terreur qui traversait le roman de David Vann..»
«Qui n’a jamais rêvé de disparaître, au moins pour un temps, sur une île déserte ? Échapper au stress, aux difficultés qui semblent insurmontables ; volonté d’oubli, de suspendre le temps, de
se reconnecter à quelque chose – ou à quelqu’un. On ne peut pas dire que Roy, treize ans, ait une relation formidable avec son père Tom, dévasté par sa séparation et par la perspective de ne plus
voir son fils. Alors quand Tom débarque un beau matin avec cette proposition complètement folle de partir vivre une année, rien que tous les deux, sur une île isolée du Grand Nord, Roy sent qu’il doit peser le pour et le contre avec grand soin : une décision, sa mère Elisabeth est catégorique là-dessus, qu’il doit prendre seul. Et tout bien considéré, même s’il se dit qu’il ne la reverra pas de sitôt, le jeune homme décide de donner une chance à ce père qu’il connaît si peu.
Les voilà donc envolés pour Petaouchnok, tout là-bas – dans les eaux d’une minuscule baie du Sud-Est de l’Alaska, au large du détroit de Tlevak, sur l’île de Sukkwan. Paumée, inaccessible : la dernière partie du voyage se fait en avion privé, c’est dire ! Ici, pas de voitures, pas de téléphones. Et évidemment, pas de voisins. Rien ni personne. Le seul moyen de les joindre c’est par radio. Et ils seront approvisionnés par le petit avion piloté par Anna… quand elle pourra ! Une île rien que pour eux. Le confort est spartiate, mais quels paysages ! Quel silence ! Quel bonheur que ce retour à la vie sauvage ! Les débuts sont un peu difficiles, le temps de trouver leurs marques. On s’apprivoise, on se tourne autour, on discute au coin du feu, on se lave dans le lac, on randonne et on coupe du bois pour supporter les nuits glaciales. Ces deux-là commencent à créer un lien, ténu mais sincère. Jusqu’à ce matin où Tom, d’un coup de fusil, met en fuite un ours qu’il est seul à avoir vu… Roy aurait plutôt envie de rentrer mais son père le rassure et l’occupe, tour à tour patient (de moins en moins) et agacé (de plus en plus). Plus l’hiver approche, plus Tom se referme sur lui. Et la tension ne fait qu’augmenter… Il y a comme une contradiction entre les lignes d’horizon infinies du paysage grandiose et le combat psychologique qui mine Tom et Roy dans leur solitude volontaire. Les conditions extrêmes, l’isolement de jour en jour plus terrible mettent leur relation balbutiante à rude épreuve. La robinsonnade, qui apparaissait comme un rêve d’évasion et de retrouvailles, se transforme petit à petit en huis-clos – à ciel ouvert certes, mais qui n’en est pas moins étouffant. Adapté du roman de David Vann, le film de Vladimir de Fontenay questionne la parentalité, déjà au cœur de Mobile homes (son premier long métrage en 2017). Le tandem formé par Woody Norman (impressionnant Roy) et Swann Arlaud (glaçant dans
le rôle de Tom, ce père border line) fonctionne à la perfection. « Il y a dans le film quelque chose de l’ordre de l’inadaptation du parent face à son propre enfant. Le père veut bien faire, mais il finit par faire peser quelque chose de malsain sur son fils, qui doit trouver son propre chemin pour survivre, ce qui crée un sentiment de culpabilité par rapport aux erreurs et aux maladresses de son père. C’est l’endroit de la responsabilité des enfants qui m’interpelle : est-ce qu’on peut réparer ses propres parents, avec quelles dettes naissons-nous, jusqu’où peut-on pardonner, de quoi doit-on s’émanciper pour construire sa propre histoire ? ».»
