The Plague
THE PLAGUE VO
États-Unis 2026. Un thriller de Charlie Polinger avec Joel
Edgerton, Everett Blunck, Kayo Martin…
Durée : 1h35
INTERDIT AUX MOINS DE 12 ANS
Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons..Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons..
Les horaires
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| xxxx | xxxx | xxx | 21H00 VO | 19H00 VO | 18H55 VO |
Les critiques :
**** / ***** AlloCiné: 3.6/5 , SensCritique : 6.7/10
« .À l’image du film et de son réalisateur novice, le casting étonne par son génie précoce. « The Plague » est un premier film à voir absolument et Charlie Polinger est désormais un cinéaste à suivre..»
«.Pour sa première réalisation, Charlie Polinger filme la cruelle légèreté des jeux enfantins sous la forme d’un thriller psychologique qui n’hésite à puiser dans les codes du cinéma d’horreur pour montrer l’isolement de son personnage principal. Son scénario est bien ficelé (…).»
«.Un premier long-métrage pétri de malaise, qui met brillamment en scène une contamination sociale virulente chez des adolescents en pleine construction..»
«« Sois toi-même, car qui peux-tu être d’autre ? Tu es qui tu es et c’est très bien comme ça ». Voilà bien un conseil d’adulte, une banalité marquée au coin du bon sens – mais banalité tout de même – que Ben a du mal à recevoir de la bouche de Wags, son entraîneur de water-polo. Ça fonctionne sûrement dans le meilleur des mondes, mais dans la vraie vie, quand on est constamment moqué pour sa diction, harcelé pour un oui ou pour un non, mis à l’isolement parce qu’on est sensiblement différemment ? Du haut de ses douze ans, Ben est taraudé par cette question essentielle : jusqu’où peut-il mettre entre parenthèses sa personnalité, son sens moral, son intégrité, pour intégrer un groupe social ? Car on sait (au moins depuis Sa majesté des mouches) qu’à ce « jeu », il n’est sans doute pas de pire société que celle des enfants…
Tout juste débarqué de la ville de Boston, ses parents fraîchement divorcés, Ben arrive à la deuxième session intensive de water polo durant cet été de 2003. Accueilli par Daddy Wags, l’entraîneur attitré du groupe d’ados, Ben n’a qu’une envie : jouer et trouver sa place dans une équipe déjà composée. Il identifie Jake comme le leader du groupe, celui qu’il faut approcher et à qui il faut plaire. Blondinet au sourire ravageur, rien n’échappe à Jake. Surtout les petits détails embarrassants, sur lesquels il plonge tel un requin à seule fin de se moquer. Comme ce léger accent bostonien de Ben qui lui fait manger les « t », lui faisant prononcer « sop » au lieu de « stop » – et lui vaut instantanément le surnom de « Soppy ». Mais Ben ne se formalise pas, ce n’est pas bien cher payer pour avoir le droit de traîner avec la bande. Rien à voir avec la façon dont est traité leur camarade Eli, qui concentre toutes les sarcasmes, toutes les méchancetés. Le corps recouvert de plaques rouges, probablement neuroatypique, Eli gêne, Eli inquiète, Eli est isolé de tous. D’après Jake, ces rougeurs sont le symptôme de la peste (« the plague » du titre) et quiconque le touche prend le risque d’être contaminé… Pour Ben, coincé entre son empathie naturelle envers le jeune Eli et son besoin vital de socialisation, c’est un dilemme moral qui ne se résoudra pas si facilement ni sans conséquences.
Premier film impressionnant de maîtrise, The Plague se révèle être intelligent et fort dans sa manière d’emporter le spectateur, entre naturalisme oppressant et fantastique terrifiant, dans sa dissection au scalpel d’une mécanique implacable de harcèlement – qui pourrait aussi bien ressembler à une noyade, tellement elle est étouffante. En jouant sans ostentation avec les codes du cinéma horrifique (on pense au Carrie de Brian De Palma), le réalisateur Charlie Polinger échappe aux archétypes souvent grossiers liés à ce genre de sujet « à thèse ». Ici les lignes sont habilement brouillées entre meneurs, suiveurs et bouc-émissaires tant les personnages sont nuancés, ni totalement bourreaux, ni totalement victimes. On assiste au grignotage du groupe d’enfants par ce virus autrement pernicieux et destructeur que la peste fantasmée – à l’instar du seul adulte, très peu présent dans le film, Daddy Wags (super Joel Edgerton comme à son habitude), confondant de maladresse et sidérant de lâcheté. Miroir grossissant d’une société, la nôtre, incapable de se dépêtrer de ses tentations ségrégationnistes, le film nous glisse habilement que tout choix est politique – et qu’aucun n’est irréversible..»
