Une « expérience » incroyable : La lecture mouvementée d’une tragédie

Vous vous souvenez de la pièce de Racine ? Phèdre. Vous savez cette pièce qu’on a plus ou moins bien étudiée au lycée un jour…Je n’ai pas personnellement pas le souvenir d’émotions particulières à sa lecture. Plutôt un texte long que j’avais trouvé difficile et ennuyeux.   Etais-je trop jeune pour comprendre ? Je ne pense pas. C’est plutôt la manière de l’aborder qui était en cause.

Une « lecture mouvementée » c’est une performance expressive, physique et théâtrale.  Alors j’étais curieuse de savoir ce que proposait la Cie d’Aymare ce vendredi 12/06 à la BIG de Gourdon

Le choc ! Mais quelle idée géniale que ce format ! Je vous le recommande mille fois !

Ainsi n’était-il pas question ici pour Sylvie Maury et Laurent Perez de nous déclamer les 7 actes de la pièce Phèdre de Racine ; Cela aurait duré plus de 2 heures et aurait pu nous rebuter malgré tout leur talent.

Non ! bien au contraire ! Ils ont choisi « des » moments de la pièce. Et ainsi, en 1 heure, ils nous ont « raconté » Phèdre et « lu » du Racine. Vous savez ces alexandrins aux longs pieds (12)   

« Lu » ? Mais que dis-je. Ils l’ont joué ! Et pas qu’un peu ! Et ça change tout ! Scotchée. Voilà ce que j’étais (et je n’étais sûrement pas seule) emportée par l’émotion intense et complexe qu’ils vivaient.

Parce que Phèdre, souvenez-vous, c’est une tragédie. Avec des mots qui brulent. Une Phèdre qui se débat, et nous, nous étions là à la regarder dans sa robe noire, nous l’écoutions fascinés et nous tremblions de la voir et de l’entendre. Cette passion qui monte en elle, ces drames à venir ….comment y échapper ?

Ce n’était plus Sylvie Maury devant nous. C’est Phèdre elle-même. « Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue. » Ces alexandrins elle ne les lit pas. Elle ne les joue pas. Elle les vit !  Et notre cœur se serre.

Ce soir-là, avec Laurent Perez, nous avons vécu par procuration la peur, la pitié, l’horreur …  Avec leur performance et leurs  larmes ils ont transformé tout cela en quelque chose de grand.

Ce choix qu’ils ont fait de nous « mouvementer » intérieurement, nous rappelle que :  oui  tout ne va pas bien, que  l’amour ne triomphe pas toujours, que  la vie peut être chaotique, que nous sommes fragiles, et que parfois, la seule grandeur possible est dans la chute elle-même.

Une telle tragédie est une expérience incroyable lorsque le Théâtre d’Aymar s’en saisit. Alors merci à La Cie Du Théâtre d’Aymar et à la BIG de nous l’avoir proposée.

Et j’en retire qu’il ne faut pas avoir peur de ce qui peut paraître difficile: qu’il ne faut pas refuser ce qui peut nous paraître comme possiblement ennuyeux; de ce qui est loin de nos centres d’intérêt habituels. Allez voir la Cie du Théâtre d’Aymar. Allez-y une fois, juste pour voir. Et vous nous raconterez sur le blog.

Photo mise en avant: Sylvie Maury de la Cie du Théâtre d’Aymar