Andros rentre dans l’histoire de l’espace
A 400 km du Lot, au-dessus de nos têtes, l’astronaute française Sophie Adenot et ses collègues ont dégusté, à bord de la Station spatiale internationale (ISS) un plat « fait maison ».
C’est à Altillac, en Corrèze chez Andros. que les équipes recherche et développement ont élaboré un « Duo méditerranéen » : aubergines rôties, pois chiches mixés avec de la pâte à tartiner à la cacahuète Be Nuts (produite depuis 2023, à Brive).et un mélange d’herbes fraîches
Une prouesse pour les collaborateurs d’Andros dont Florian Delmas, président du groupe agroalimentaire, s’est fait le porte-parole : « Cette première dans l’espace est une expérimentation menée par le CNES (Centre national d’études spatiales), en collaboration étroite avec Andros, dans l’objectif, à terme, d’améliorer l’alimentation des astronautes lors des vols d’exploration de longue durée. Pour ce faire, le CNES a créé un robot ménager, le food-processor, qui a la particularité d’avoir pour moteur une perceuse !
Jamais des astronautes de l’ISS n’avaient encore cuisiné des produits pasteurisés en apesanteur,
Cette innovation, le Centre national des études spatiales (CNES) et l’industriel Andros y ont travaillé pendant pas moins de 18 mois, notamment depuis le centre R&D du géant de l’agroalimentaire. Un long processus au cours duquel il a notamment fallu passer toutes les validations de la Nasa.
« C’était très excitant ! Le projet a vraiment provoqué l’engouement des équipes et on s’est tous pris au jeu« , raconte joyeusement Pascal Schneider, directeur de l’innovation chez Andros.
Le jeu, ou plutôt le défi, s’est présenté un peu par hasard. Le PDG d’Andros Florian Delmas connaissait Sophie Adenot avant qu’elle ne soit astronaute, et quand elle a appris qu’elle allait partir le 13 février 2026 pour un séjour de neuf mois à bord de la station spatiale internationale (ISS), elle l’a contacté pour lui proposer le projet. « À bord de la station, les astronautes passent leur temps à mener des expériences scientifiques à la demande des pays financeurs. Pour la France, c’est le Centre national des études spatiales basé à Toulouse qui pilote, et on s’est intégré à leur expérience du food processor« , explique Pascal Schneider.
Développer la cuisine dans l’espace
C’est en se projetant sur des voyages de très longue durée sans ravitaillement possible, vers Mars par exemple, que le CNES a mis au point le food processor. « C’est une sorte de bol ménager comme on en a dans nos cuisines, qui permet de mélanger les aliments. Là-haut, il est alimenté par la perceuse de la station« , s’amuse Pascal Schneider.
Après 18 mois de travail et d’ingéniosité, le fameux « duo méditerranéen » imaginé dans le labo R&D d’Andros à Altillac, en Corrèze, a rejoint l’ISS par la navette de ravitaillement du mois de mai. « On a rôti des aubergines avec de l’huile d’olive et des condiments pour le caviar d’aubergine, et pour le houmous on a remplacé le tahin, la purée de sésame utilisée traditionnellement, par la pâte à tartiner à la cacahuète que l’on fabrique à Brive. Parce que la cacahuète est particulièrement riche en protéines, acides gras, fibres et vitamines, et qu’elle pourrait potentiellement être cultivée dans l’espace« , décrit Pascal Schneider. « Et on leur a concocté une sauce verte à base de persil, menthe et coriandre pour donner du peps à la préparation, parce que les perceptions gustatives sont amoindries dans l’espace. » Reste à verser les trois préparations dans le food processor, pour obtenir le mélange à tartiner.
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