L’IA et le blog …

Au blog nous ne sommes pas contre l’utilisation de l’IA qui peut aider à rédiger des textes de publication, que ce soit pour résumer un article, le réecrirelorsqu’on ne se sent pas forcément à l’aise avec l’écrit.

Par contre nous nous inquiétons de constater que de plus en plus souvent, les affiches ou images qui sont postées, sont générées par IA. Et que bien souvent, alors, elles se ressemblent toutes ! Nous craignons le manque de diversité dans le futur.

Au-delà d’une simple crainte de la standardisation, il ne faut pas oublier que  la génération d’une image consomme entre 3 et 30 Wh – soit l’équivalent de la recharge complète d’une batterie de téléphone – et nécessite entre 2 et 5 litres d’eau, le plus souvent potable, pour le refroidissement des machines. Ce n’est pas rien à une époque où les deux ressources se font rares. Une photo glanée sur le net remplace pourtant avantageusement ces illustrations. Beaucoup restent libres de droits.

Sur ce plan- là il faut se rappeler que les « créations » des IA, ne sont qu’une compilation ou plagiat d’œuvres réalisées par des humains. Une image IA s’inspire de la production de personnes vivantes. Sans cela elle ne fait rien. Et par voie de conséquence l’IA spolie les droits d’auteur, et, plus grave, prive progressivement photographes, designers graphiques, … de leur travail. Qui veut encore payer pour leurs services quand l’IA peut faire tout cela ?

Restons cohérents :

On ne peut pas, d’un côté, se plaindre du comportement prédateur des patrons techno-fascistes qui gouvernent l’IA et parlent à l’oreille des tyrans ou dénoncer la multiplication des datacenters qui accaparent les terres arables, l’eau et l’électricité, et, d’un autre côté, contribuer au développement de l’industrie de l’IA en y ayant recours pour les activités les plus insignifiantes. 

Selon l’article d’Olivier Costa Directeur de recherche au CNRS, CEVIPOF, Sciences Po, (dont s’inspire le texte ci-dessus) :

 

« il ne s’agit pas de nier les apports de l’IA dans de nombreux domaines – santé, recherche, sécurité… – et dans le fonctionnement des entreprises et des administrations. Et chacun est libre de croire les « techno-solutionnistes » qui nous prédisent que les IA trouveront les remèdes aux maux dont souffre le monde… Faire l’impasse sur cette technologie serait un choix funeste, à titre individuel, pour les entreprises et nombre de professionnels, et à titre collectif, pour nos économies, qui sont soumises à une concurrence internationale impitoyable dans ce domaine.

En revanche, il n’y a pas de raison de convoquer l’IA pour tout et n’importe quoi. Si nous le faisons, il ne faudra pas nous plaindre si elle remplace bientôt la moitié des emplois, si la société est régie par son esthétique moche et sa logique rigide, s’il n’est plus possible de parler à un humain quand on s’adresse à une administration ou une entreprise, …

Rien ne nous oblige à mettre l’IA à toutes les sauces. On peut consulter la météo ou le programme de la télévision, choisir une destination de vacances ou une plante verte, écrire un email ou un rapport, trouver la recette du pot-au-feu ou la date de naissance de Michel Sardou sans avoir recours à l’IA. Il est d’ailleurs scandaleux que Google l’impose désormais par défaut, sitôt que l’on fait une recherche, ce qui revient à la fois à gâcher de l’énergie sans raison et à capter le trafic qui était destiné aux sites internet où l’information a été volée.

De même, il n’y a aucun intérêt à regarder des films, à écouter de la musique ou à lire des livres conçus par IA, et l’on doit pouvoir utiliser un four, une ponceuse, une voiture ou une machine à coudre dépourvus d’IA.  »

Egalement …Sophie Bernard, en 2024, posait déjà la question : « L’IA va-t-elle tuer la photo ? »

Image en avant :  © Adene / Cartooning for Peace