Assemblée régionale de la Cimade

Les centres de rétention, les mineurs isolés et l’hébergement ont été les thèmes abordés lors de l’assemblée régionale de la Cimade, ce week-end au domaine d’Auzole.

En marge des élections européennes à venir, dimanche 26 mai, cette échéance électorale n’était pas très loin des pensées de l’assemblée régionale de la Cimade s’est tenue au domaine d’Auzole. L’association est spécialisée dans le renseignement et l’accompagnement juridique et administratif des réfugiés. Et actuellement, les thèmes de la rétention, des mineurs isolés et de l’hébergement sont au cœur des discussions des bénévoles. La campagne des Européennes relançant l’éternel débat sur les chiffres de migration et de la capacité d’accueil des pays hôtes. «80 % des migrants vont dans un pays limitrophe du leur», tient à rappeler Pierre Grenier, le délégué régional de l’association française.

La Cimade compte 387 adhérents sur le secteur des anciennes régions Midi-Pyrénées et Aquitaine, dont une quarantaine sur les bureaux de Figeac et Cahors. L’objectif de l’assemblée régionale organisée au domaine d’Auzole était d’abord d’élire sept délégués locaux qui siégeront à l’assemblée générale biannuelle de la Cimade.

Quand le monde politique aborde les thèmes de la migration, les bénévoles se sentent mal à l’aise. «On rame encore plus», confesse Pierre Grenier. «Il y a ce discours assumé sur le fait que les associations humanitaires créeraient la précarité en laissant penser que l’accueil est bon», rapporte-t-il.

La visite du secrétaire général

Parmi les 70 participants de cette assemblée à Auzole, se trouvait le secrétaire général de la Cimade, Jean-Claude Mas. «Ce rassemblement est l’occasion de faire un point sur les chantiers en cours», dit-il. Il priorise lui aussi la sensibilisation durant la campagne des Européennes. Samedi après-midi, des témoignages de personnes «dublinées», de la ville qui porte le nom du règlement européen pris en matière de répartition des réfugiés dans l’Union européenne, ont permis de montrer le vécu du départ, souvent forcé, à l’étranger. En juin, la Cimade entend débattre sur le renouvellement de son accompagnement dans huit centres de rétention en France.


Un manifeste européen publié

Les associations Arci (Italie), CEAR (Espagne), La Cimade (France), RSA (Grèce), Pro Asyl (Allemagne) se sont associées pour la publication le 11 avril d’un manifeste titré «L’Europe construisons-la avec les exilé·e·s !». Le contenu de ce document dénonce «le non-respect délibéré par les États européens, de leurs obligations européennes et internationales en matière de droits humains». Ces cinq associations prônent ainsi «un changement de cap des politiques migratoires et d’asile».


Le chiffre : 5

associations de l’Ue > dont la Cimade. ont publié un manifeste à destination des 28 États membres.

Mathieu Delaunay La Dépêche


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Les pays de l’UE se déchirent sur le sort des migrants « dublinés »

Entre 2014 et 2018, les pays de l’Union européenne ont rejeté 1,5 million de demandes d’asile. Une part non négligeable de ces personnes se trouve aujourd’hui dans les méandres du règlement de Dublin.

Combien sont-ils ? Se plonger dans la statistique européenne pour rendre compte de la « crise migratoire » qu’a connue le continent au cours de la dernière législature, c’est se confronter à des données partielles. On sait que, entre 2014 et 2018, les 28 Etats membres de l’UE ont enregistré plus de 4,5 millions de demandes d’asile, dont plus du quart pour la seule Allemagne. Un chiffre à regarder avec prudence. « On sait comptabiliser les demandes, mais pas les personnes et il y a un nombre de doublons non marginal qu’on est incapable d’estimer aujourd’hui, prévient Jamil Addou, directeur du Bureau européen d’appui en matière d’asile. Cela limite notre capacité à avoir un tableau fidèle de la situation. »Sur la même période, 2,1 millions de décisions positives de protection ont été prises. Aujourd’hui, plus de 878 000 procédures demeurent en cours d’examen. L’Allemagne concentre à elle seule près de 380 000 procédures encore pendantes.
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Qu’est devenu le million et demi de personnes à qui des refus de protection internationale ont été notifiés ? En principe, elles font l’objet de mesures de retour dans leur pays ou elles tentent d’autres voies de régularisation. Mais, bien que le phénomène soit impossible à quantifier précisément, on sait qu’une part non négligeable d’entre elles se trouve aujourd’hui dans les méandres du règlement de Dublin : pour ne pas être expulsées, elles tentent leur chance dans un autre pays, en contournant la règle selon laquelle seul l’Etat membre par lequel elles sont entrées en Europe est responsable de l’examen de leur situation.

En réalité, au terme de six à dix-huit mois d’attente, un migrant peut déposer une demande d’asile dans un autre Etat de l’UE. Ces cohortes de « dublinés » sont devenues le principal problème de la politique migratoire européenne. « C’est un sujet très discuté au conseil », reconnaît Jamil Addou, alors que les chiffres des arrivées irrégulières sur le continent ont atteint le niveau le plus faible depuis cinq ans – 150 000 en 2018.

Un pays de rebond

L’an dernier, près de 240 000 demandeurs d’asile qui ont été enregistrés dans un Etat de l’UE avaient déjà été enregistrés auparavant dans un premier Etat membre. Avec plus de 77 000 cas, la France arrive en tête de ces mouvements secondaires, devant l’Allemagne. La France est ainsi devenu un pays de « rebond ». Un tiers des demandeurs d’asile en France sont des « dublinés », en provenance d’un autre pays euro

Le Monde daté du 6-5-2019

 

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