Cahors: Le secteur sauvegardé sert de laboratoire vivant

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Rue Saint-Urcisse

Les problématiques d’éco-rénovation énérgétique font l’objet de recherches en partenariat avec les professionnels de l’artisanat.

Le centre ancien de Cahors, les bâtis médiévaux notamment ceux de la rue Saint-Urcisse sont devenus un «living lab». Entendez par là un laboratoire vivant, dans lequel un travail expérimental est réalisé pour évaluer les meilleures solutions d’écorénovation de ces constructions anciennes. Une doctorante, Sophie Claude conduit ces expériences pour le Grand Cahors depuis l’an dernier avec des missions multiples : «Mener des tests sur des matériaux, sur les briques médiévales et celles d’aujourd’hui, saisir les échanges thermique à l’intérieur des logements, évaluer le confort d’été et celui d’hiver, étudier les matériaux novateurs, leurs propriétés isolantes pour des matières à base de chaux et de chanvre etc».

Ces recherches conduites in situ dans les bâtisses du Moyen Âge s’inscrivent dans la démarche ENERPAT (énergie-patrimoine) qui associe les collectivités (Cahors, Grand Cahors), la CAPEB, la chambre de Métiers et de l’Artisanat, l’école des Métiers, le lycée Gaston Monnerville, la Plateforme Technologique Efficacité Energétique.Elles ne sont pas que les moellons d’une thèse en construction mais débouchent sur du concret, avec par exemple grâce au partenariat noué avec la CAPEB, la réalisation de prototypes de menuiseries en châtaignier du Lot pour définir les bonnes pratiques de restauration des huisseries en secteur sauvegardé.

Éric Lalande est formel : «Il s’agit d’une opportunité qui accompagnera une montée en compétences des professionnels dont la sensibilité naturelle est déjà tournée vers la préservation du patrimoine».

Alors, au final, pour le propriétaire, cette exigence recommandée en matière d’écoconstruction de privilégier une voie qui sorte des standards,pour le bâti ancien, pourrait représenter un surcoût. Les signataires de la convention ENERPAT le réfutent . «Il y a des aides aux façades, des aides liées à l’ampleur du chantier que l’on peut mobiliser» rappelle Jean-Marc Vayssouze. Le président de la CAPEB insiste, lui, sur «la valeur ajoutée, la valeur patrimoniale du bien restauré dans les règles de l’art». Michel Simon le commissaire de la dernière Biennale sur le patrimoine en est sûr : «ne pas prendre de solution standardisée, c’est éviter les gaspillages».
Chantier école sur des isolants bio-sourcés

L’École des Métiers qui forme des apprentis dans la filière restauration et rénovation du patrimoine ont répondu favorablement à la demande de la collectivité au travers d’un projet pédagogique. L’établissement organise un chantier école autour de la mise en œuvre d’isolants bio-sourcés (issus de la biomasse végétale ou animale). Ces nouveaux enduits sont réalisés par les jeunes apprentis en formation «Bac Pro interventions sur le patrimoine bâti».
Le chiffre : 1,4

Million d’euros > financement de l’Europe. Le projet ENERPAT du Grand Cahors est arrivé premier dans sa catégorie (économie faible en carbone) bénéficiant d’un financement sur 3 ans