Chapitre 2 des Jardiniers amateurs

jardinierEdmond continue son livre « Jardiniers amateurs », vous trouverez le chapitre 1 à la rubrique: Activités/ Ecologie/ Jardiniers amateurs.

Chaque mois Edmond ajoute un chapitre.

1 – Qu’est-ce que la culture ou l’agriculture naturelle ?
Cette notion de culture « naturelle » nous permet d’effectuer un parallèle intéressant avec la culture dite « sauvage » qui exclut toute intervention humaine sur le monde du vivant, en particulier les végétaux.
Si vous fonctionnez dans cet état d’esprit, vous laissez la nature œuvrer. C’est elle qui décide si un végétal poussera ou ne poussera pas, s’il sera malade ou pas.

Les pratiques du japonais Masanobu Fukuoka, auteur du livre « la Révolution d’un seul brin de paille », raconte son expérience en agriculture naturelle.
Elle est basée sur des principes fondamentaux, tels : pas de retournement de sol, pas de sarclage, pas de chimie et pas de taille, selon son précurseur « Masanobu Fukuoka ».

Son travail a beaucoup inspiré la « Permaculture » et ce terme a été utilisé pour la 1ère fois par les Australiens Bill Mollisson, biologiste, environnementaliste et David Holmgren, écologiste, dans leur livre « Permaculture » paru en 1978.

Elle peut se résumer suivant trois principes : prendre soin de la Nature (le sol, le végétal et l’eau), prendre soin de l’Humain (soi-même, la communauté et les générations futures), partager équitablement (limiter la consommation, redistribuer les surplus).

2 – Qu’est-ce que la culture ou l’agriculture biologique ?
La culture biologique est une méthode qui met en œuvre, dans l’esprit de la permaculture, les forces vitales des plantes et des terres cultivées et vise à obtenir des récoltes saines sans aucun traitement chimique.
Pierre Rabhi, agriculteur, écrivain et penseur Français, est un pionnier de l’Agriculture biologique et un défenseur de l’Agroécologie.
Il conçoit la Permaculture, bien au-delà d’une simple technique de jardinage, comme une science de conception de systèmes, inspirée des relations existantes dans la Nature. Elle permet d’organiser son espace nourricier, tels jardin potager, ferme, éco-lieu, de manière durable, énergétiquement efficace et extrêmement productive.

La culture biologique est largement rentable, si elle est bien pratiquée, avec les moyens nécessaires à sa réussite.
Les rendements doivent être du même ordre que ceux de la culture conventionnelle, et la qualité des denrées très supérieure, ainsi qu’en témoignent la saveur des fruits et légumes.
Les techniques agrobiologiques sont le fruit du travail, d’études et d’expérimentation d’agronomes et de praticiens, alors que les progrès de l’agronomie conventionnelle sont surtout dus aux recherches des chimistes et aux investissements des financiers qui ont donné à l’agriculture l’orientation d’une activité industrielle. La principale conséquence en est l’exode rural, la désertification des campagnes, et la lutte des classes et des générations.

En résumé, ces deux types de culture « naturelle » et « biologique » sont conformes à l’environnement. Ce sont des cultures écologiques qui devraient retrouver leurs traditions régionales, c’est à dire de rester dans les types de cultures ancestrales de chaque région. Beaucoup de jardinier se font plaisir de mettre en place sur leur terrain, par exemple des arbres fruitiers ou arbustes d’ornement, fleurs, …etc, venant de continents différents. On oublie une chose essentielle : la mise en danger de la biodiversité, accroissement des maladies, nouveaux parasites (voir livre : Equilibre naturel au jardin), tout cela …pour le plaisir des yeux.
La première cause de réduction de la biodiversité est l’agriculture intensive et sa chimie; La seconde est le déplacement des espèces végétales et animales, d’un continent à un autre.
Peu à peu, ces végétaux « étrangers » remplacent les espèces indigènes, qui peuvent voir leur pérennité menacée.

La liste des espèces invasives (végétales et animales) est longue (liste non exhaustive).

Je cite pour exemples :

Acacia déalbata, Australie Mimosa des fleuristes

Acacia déalbata

Le mimosa des fleuristes (acacia déalbata) est considéré comme invasif en Europe du Sud (France, Espagne, Portugal, Italie), où il peut former des peuplements denses qui empêchent la flore locale de se développer et peuvent perturber l’écoulement des eaux. De plus, le pollen peut provoquer des allergies.

Légende
On entend parfois que le Mimosa fleurit en hiver parce qu’il a gardé la mémoire de sa date de floraison en Australie.

 Ambroisie à feuilles d'armoise

Ambroisie
à feuilles d’armoise

 Feuille d'ambroisie

Feuille d’ambroisie

L’ambroisie est une plante herbacée annuelle envahissante de la famille des Astéracées, originaire d’Amérique du Nord. À partir de la fin du XIXe siècle, elle a été introduite en Europe où cette plante est devenue indésirable car invasive et provoquant des allergies graves.

Cerisier tardif

Cerisier tardif

Le cerisier tardif est originaire d’Amérique du Nord où on peut le trouver dans différents milieux, formant des arbres dominants.
Il a été introduit en Europe en 1629 en tant que plante ornementale ou d’intérêt commercial, dans l’espoir que son bois soit aussi recherché qu’aux États-Unis d’Amérique. Mais il est devenu ces dernières 40 années une des plus importantes plantes envahissantes des forêts et lisières – comme dans le sud-ouest de la France, en Belgique, en Hollande ou en Allemagne.

 Herbe de la pampa

Herbe de la pampa

L’herbe de la pampa ou herbe des pampas (Cortaderia selloana) ou roseau à plumes est une grande plante herbacée vivace de la famille des Poacées, sous-famille des Danthonioideae. Originaire d’Amérique du Sud, elle est souvent cultivée comme plante ornementale. C’est une espèce invasive.

Berce du caucasse

Berce du Caucasse

La berce du Caucase est une plante herbacée de la famille des Apiaceae. Sa sève est phototoxique (responsable d’irritation ou d’allergie), et elle est considérée en Europe comme une espèce invasive.

Et pourtant !

Elle est un délicieux légume…

Tout ou presque se consomme

Jussie rampante

Jussie rampante

Fleur de Jussie

Fleur de Jussie

La jussie rampante ne devrait plus être utilisée ni commercialisée à des fins ornementales en raison de risques élevés de prolifération incontrôlable, même en bassin fermé où des inondations, fuites ou évacuation par « trop-plein », travaux d’entretien, oiseaux, etc., peuvent contribuer à l’exportation de graines ou parties vivantes de la plante (boutures).

Phytolacca américana

Phytolacca américana

Le raisin d’Amérique est une espèce introduite devenue invasive en Europe et notamment en France où depuis les années 1990-2010 la plante gagne du terrain dans de nombreux bois et forêts. Elle est classée peste végétale par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Pratiquement tous les départements français sont touchés.

Renouée du Japon

Renouée du Japon

La Renouée du Japon ou Renouée à feuilles pointues est une espèce de plante herbacée vivace de la famille des Polygonaceae originaire d’Asie orientale, naturalisée en Europe dans une grande diversité de milieux humides (les berges de nos rivières).
Cette plante herbacée très vigoureuse est originaire de Chine, de Corée, du Japon et de la Sibérie. Elle est cultivée en Asie où elle est réputée pour ses propriétés médicinales. Naturalisée en Europe et en Amérique, elle y est devenue l’une des principales espèces invasives ; elle est d’ailleurs inscrite à la liste de l’Union internationale pour la conservation de la nature des 100 espèces les plus préoccupantes.

Et pourtant !

Elle est un délicieux légume…

Recette : La Renouée du Japon farcie

Je pourrais aussi citer :

Le souchet, la matricaire odorante, le robinier, l’agave…etc

Comme le dit si bien François Couplan, il faut maitriser toutes ces plantes et se réconcilier avec ses végétaux détestés mais qui permettent de faire de très bons plats…

Grenouille-taureau

Grenouille-taureau

Elle est appelée ouaouaron, grenouille mugissante ou grenouille-taureau (de l’anglais « bullfrog »). Le mot « ouaouaron » est d’origine wendat (Le wendat est l’une des langues iroquoiennes parlées traditionnellement en Amérique du Nord). Cette espèce est la plus grosse grenouille d’Amérique du Nord. Elle a été introduite dans de nombreux pays du monde et est aujourd’hui qualifiée d’espèce invasive.

Plathelminthe

Plathelminthe

Certaines espèces introduites hors de leur milieu d’origine sont devenues invasives en Europe et/ou posent problème en s’attaquant à de nombreux invertébrés, (voir mon livre : Equilibre naturel au jardin).

3 – Comment se pratique la culture ou l’agriculture biologique ?
Celle-ci se pratique par un assainissement par fermentation aérobie de la fumure organique, par exemple : la réalisation d’un « bon » compost, riche en cellulose, en azote, en eau et éléments minéraux.

Je vous laisse le soin de consulter mon livre sur ce paragraphe. Celui-ci est très important. Sachez avant toutes choses que le compost est doué de propriétés curatives qui permettent de guérir les végétaux malades.
Vous pouvez regarder aussi ma réponse sur ce blog, en date du 6/01/2016, sur une question posée par un jardinier « lotois » sur l’utilisation du compost en cours d’année.

J’aimerais apporter un complément d’information sur la réalisation d’une bonne fumure appliquée en automne et au printemps.

La fumure d’automne est généralement considérée comme une fumure de restauration de la fertilité, à dominante de phosphate, de magnésium, de potassium et éventuellement de deux oligo-éléments essentiels : le cuivre et le bore, que l’on peut retrouver dans la poudre de basalte.
Cette poudre est un fertilisant minéral, provenant de roche volcanique, très riche en magnésie qui apporte des quantités appréciables des deux oligo-éléments précités.

La fumure de printemps est considérée comme une fumure de stimulation, à dominante azotée organique, par l’emploi du lithothamne ou de préparations d’algues vertes.

Nota :
Ne soyez pas tenté d’utiliser de l’azote minéral, pourquoi ?
L’azote est l’un des constituants majeurs des plantes. Il est naturellement présent dans le sol, mais c’est le seul élément minéral qui ne provient pas de la roche mère.
La carence peut être liée au mode d’entretien du sol, à des problèmes d’un sol soumis à un excès d’eau permanent ou temporaire, de sécheresse, de compaction…
Nous n’avons pas besoin des engrais azotés minéraux, parce que la vie du sol nous fournit des quantités largement suffisantes de matières azotées organiques, beaucoup plus efficaces pour la croissance et surtout pour la santé des cultures.
Dans le sol, la matière organique d’origine animale ou végétale est transformée tout d’abord en humus qui est une étape faisant partie du « cycle de l’azote ». Cette transformation contient environ 5% d’azote organique. Annuellement, environ 2% de cet azote produit de l’azote ammoniacal, puis de l’azote nitrique.
Ces formes minérales ne sont que le point d’évolution extrême du cycle de l’azote.

L’azote ammoniacal est peu lessivable. Il est prélevé en petite quantité par les racines des végétaux et doit être transformé en azote nitrique, avant d’être assimilé.
L’azote nitrique est le terme ultime de la minéralisation de l’azote organique du sol et représente la forme de choix pour la nutrition azotée des plantes. Il est très soluble dans l’eau et n’est pas fixé par le complexe absorbant du sol.
Il peut donc être éliminé par lessivage pendant les périodes de pluies abondantes.
De ce fait, les nitrates et l’ammoniaque sont une cause grave de pollution des nappes phréatiques.
L’usage des nitrates freine le développement des légumineuses associées dans les cultures, au profit d’adventices envahissantes et créatrices d’un milieu favorable au parasitisme.
ED

Prochain chapitre :
– Ameublissement du sol
– Le parasitisme, comment l’aborder ?